‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 95 sur 142 · AMELIORATION DES PRISONS. 4H · texte numérisé non relu

AMELIORATION DES PRISONS. 4H

pour satisfaire les désirs de répression, de vengeance , ou de cupidité des familles bien en cour ou de corporalions puissantes, soit pour dé'rober des criminels aux peines que les lois leur auraient appliquées. On y rencontraitdes personnages comme le M'" deSades, dont Louis XVI avait permis l'incarcération, sur la demande de sa famille, pour le préserver delà punition légale due à ses crimes ; des religieux comme Don de Vienne, l'auteur d'une histoire de Bordeaux et d'une histoire d'Artois, enfermé, sur la sollicitation de la congrégation de Saint-Maur,à cause, disaientsessupérieurs, de son esprit d'indépendance et de ses mau- vaises mœurs*. Ceslieux destinés à recevoir des coupables, s'ouvrant devant le caprice ou la passion de personnagespuissants.setransformaient très fréquemment en d'affreuses oubliettes. Des malheureux qui avaientf ranch i leurs portes y restaient souvent comme de vieux meubles dont personne ne se soucie ; leur nom, la cause de leur arrestation, leurs relations avec une famille quelconque du dehors se perdaient à la longue dans le souvenir même de leurs geôliers. Quand, sur les injonctions de Malesherbes, le lieutenant de police, Albert, alla au donjon de Vincennes, il sortit navré du spectacle qu'il avait eu sous les yeux. « Je m'occupe, écrit-il au chevalier de Rougeoient, de vos différents prisonniers.. . Voici ce que j'ai à vous recommander. Je vais vous parler de tous en général, et je crois qu'il ne faut refuser

■ Don de VieDneéUil CDCore, «inon ciifermé,(lunioiniprlvjde sa liberté en 1TS3 ; pendant cette année, le contrâleur général Cilonne a'éUM inléreué i lui, le roinittro de la maiion du roi lui répondit en dédinant s* demande : n II jouit aeiaellement de taule la liberté dont il a besain. n (,Ârchivti naliowUtt, 0<4iJO, 21 mai 1784.)

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à aucun de quoi tire et écrire ; le préteadu abus qu'ils en peuvent faire ne peut être dangereux : étant renfermés aussi étroitement qu'ils le sont, et cette privation de toute occupation dans la solitude est évidemment ce qui a fait tourner la tête au plus grand nombre. Il ne faut point se refuser non plus aux désirs de ceux qui voudraient se livrer à d'autres genres d'occupation. » Il entre ensuite dans le détail de chacun des prisonniers: Le premier est un monsieur de La Roche-Géraud ; i Je n'ai pu reconnaître, à travers les marques de fureur, si cet homme D'est que violent et irrité par le malheur, ou si sa tête est aliénée. C'est ce que vous pourrez vérifier par ceux qui visitent les prisonniers. Je voudrais qu'il sussent de lui s'il a, dans Paris ou ailleurs, des amis ou au moins des connaissances, eten généra! de qui il était connu lorsqu'il a été arrêté. Je pense que la plupart de ceux qu'il citera sont morts à présent... Les notes sur ce prisonnier portent qu'il est du pays de Galles. Il paraît cependant que c'est en France qu'il a passé sa vie. Je vous prierais de prendre les mêmes informations sur M. le baron de Venua. Mes notes portent que c'est un homme de condition, et je n'y vois point à qui il appartient, ni de quelle province il est ; je voudrais savoir de lui quel était le colonel du régiment de Normandie lorsqu'il a été arrêté... Je m'informerai aussi de Prévôt... la tête de ce prisonnier n'est pas bien saine; je ne sais cependant s'il est tout à fait fol ; s'il est d'un degré de folie pour lequel on l'eût enfermé ; s'il ne s'était pas porté à dire du mal du ministère. On craint chez vous les cfTorts qu'il fait pour se sauver;... on craint

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