‹ La France sous Louis XVI; (volume 2)Chapitre 97 sur 142 · AMÉLIORATION DES HOPITAUX. 4IS · texte numérisé non relu

AMÉLIORATION DES HOPITAUX. 4IS

qui se forme à la longue, dans l'âme d'un peuple. Celte prison de Vinceniiea, où Malesherbes trouva des ^'ens dont on ignorait les fautes et même parfois les noms, réduits à l'état de folie par une longue détention, devait irente-six ans plus tard, être peuplée par un homme qui avait la prétention de ressuciter en France le régime des gouvernements paternels. Un conseiller d'État racontait à M. de Tocqueville qu'il avait vu dans le donjon de Vincennes, en 1812, un jeune allemand de dix-neuf ans, expirant dans un réduit où il ne pouvait se tenir debout. A l'étage supérieur de celte eage de pierre, qui rappelle celle de fer dont se servait LouisXl, se trouvait logé le général espagnol Palafox. Le monde, qui connaissait les funérailles solennelles faites à cet advei^aire des Français le croyait mort, et l'histoire du prisonnier au masque de fer, sous Louis XIV, se renouvelait presque de nos jours, lauLil est vrai que les principes de clandestinité conduisent, en tout temps, aux mêmes conséquences. La puissance donnée à un homme ne s'exercera jamais d'une manière juste, que sous l'inspection et le regard de ses semblables, et la publicité peut seule contenir l'égoïsme insolent qui se développe si fréquemment dans un personnage qui compte sur le secret de ses actes.

Si les prisons avaient préoccupé Necker au point Améliora de vue des souHrances humaines, la situation des '''''h'^un hôpitaux l'impressionnai l bien davantage encore. '"'' "' Le directeur des finances trouvait, dans M"' Necker, un auxiliaire ardent eldévoué, toutes lesfois qu'il s'agissait du soulagementdesntallieureux. Cette noble femme s'était créé pour elle-même un ministère de

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4ie LIVRE TROISIÈME.

bienfaisance tellement reconnu et apprécié, que l'archevêque de Paris destinant aux pauvres le gain d'un procès important qu'il venait de faire, le lui envoya. 1 Elle est à la tête des hôpitaux, des maisons de charité, de toutes les institutions tendant à soulager l'humanité » disait le journal qui annonce ce touchant accord d'un prélat et d'une protestante. « Eltea dans ce genre de vastes projets, comme son mari dans le sien. j> L'Hôtel-Bieu de Paris, offrait le navrant spectacle d'infortunés qui étaient couchés au nomhre de sept à huit dans le même Ut. Les maladies les plus diverses s'y trouvaient côte à côte, les mourants gissaient à côté de ceux qui pouvaient encore retrouver la santé, et souvent tes morts restaient plusieurs heures en contact avec leurs anciens compagnons de douleur. Necker, faisait exposer simplement par le roi cette situation qui avait excité sa compassion, « après avoir pris connaissance, dit Louis XVI dans les lettres patentes qui prescrivent les mesures qu'il a résolu, des différents projets.. . des obstacles qui traversaient leur exécution, nous avons reconnu combien il était difficile de remplir entièrement nos vues ; mais ne voulant pas que le vain désir de la perfection arrête l'exécution d'un très grand bien... nous sommes déterminés à adopter un plan... qui, en satisfaisant aux principales vues d'humanité^ n'oblige ni à de grands sacrifices... ni à une lonjjue attente... nous nous sommes bornés à faire disposer cet hôpital de manière qu'il pût contenir au moins 300 malades seuls dans un lit, et placés dans des salles différentes suivant les principaux genres de maladies, et, en observant encore que les hommes et

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LETTRE DE.VERGENIffiS SUItLES FINANCES. 411

les fenunes soient mis dans des owps' de logis- séparés. »

Necker donnait, à la suite de ce préambule, les détails ânanciers de l'organisation de l'hôpital et des mesures d'ordre que M"" Necker, avec sa persévérante et utile inQuence, devait faire adopter dans des bôpitaux de province comme l'Hôtel-Dieu de JAoBtpellîer '.

Necker était attaqué avec une extrême violence dans une foule de pamphlets. Le comte de Provence, en faisant un règlement pour la réforme de sa maison â l'instar de celle que Necker avait décidé pour celle du roi, persifflait tes projets du directeur général des finances sous la forme d'une vraie parodie. Au mois d'avril 1780, paraissait une prétendue lettre de Turgot à Necker qui était l'œuvre du fermier général Âugeard, le conseiller en fait de fmance du

■ Seciteil des aneienwi lois franiaûei, par lumberl, (orne XXVI, p. m, m, 376; lome XXVIl. p. H et suiv. — Mémoiret pour tiTVir à ïhitloir» de la républiqttt det UUrtt, tome XIY, p. 156, 169; lame XVII, p. 70, 78, 170, 289, - AreUve$ nalionaka, O'iW, iDnée I78i, 6 mars, 0M22: Agrandissement des prisons de la Conciergerie, 27 mm 1780. 0'417 : Le lieutenint de police Alberl au i^etaiierde Rougemonl, 11 sept. 177â. 0H26 : Le miaislre de la maieoD du roi à Leooir pour le» prisonniers de Vineennei, 31 janv. 1785. 0'470 :.Le ministre de la maison du roi à Sénac du Heilbaa, 21 oct. 1774 ; à H"* de HuDtreuil, U oct., 16 nov. 1774. 0'471 : Le ministre de la maison àa roi i Sénac de Meilhan, 26 fév. 1775, 0'472 ; Le minisire de ia maison do roi à de Brou, intendant de Bourges, 18 jnillel 1776. OU73 : Le miniglre de ia maiaaa du roi au supérieur des Bons-Fils d'Armentières, 4 Janv. 1777. ' 0*474 : Le ministre de la maison du roi à H°" de Vienne de Puirenard, 16 avril, 3 juin;* l'archevêque de Toulouse, 3. 9 juin 1778, 01475 : Le. niinitlre de la maisoa dn roi i l'arcbevèque de Toulouse, 16, 30 Juillet W79; k M. de Galonné, 22 août 1779. Ûi476 : Le rainifilre de .la maison du roi au garde des sceaux, 19 mars; à M" l'abbesae de Lien-Dieu, 8 jailletnsO.— Fâan0M, fhiifmen» dttioriqiiu, par Alezii de To^jueville, 1865, in-8, p. 224.

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