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comtede Hattrepas^ lettre imprimée au Temple, disait
le public, et répandue eoue les auspices du comte d'Artois. Elle fut suivie de près d'un tableau comparatif entre les opérations financières de Law de 1716 à 1720 et celles de 1776 à 1780. Au mois de juin, Augeard publiait encore des observations sur ï'administration de M. Necker par un citoyen français. Haurepas, impressionné de tout ce qu'il entendait dire autour de lui^ entretenait souvent le fermier général de ses inquiétudes, de la pénurie des sujets qui pourraient diriger tes finances de la France. « Je partageais ses peines bien véritablement, nous dit Augeard. Je lui offrismes services, en le priant de ne jamais me nommer, ni me compromettre. Je l'engageai à faire de petites notes de tout cc'^que lui dirait Monsieur Necker, et comme j'étais obligé d'aller ordinairement deux fois par semaine h Versailles, pour ma charge, je lui disais, avec toute franchise possible, ce que je pensais sur les différentes besognes, projets et propositions de ce jongleur. » Ce fut probablement à la suite de ces entretiens avec l'homme qui avait traité Turgot d'ignorant, que Maurepas effrayé d'une situation financière qu'il n' était pas plus capable de comprendre que son conseiller, vint effrayer les ministres de ses doléances frivoles.
utM ds a Votre Majesté a entendu hier, écrivit Vergennes
lÎSi^^i' au roi, les détails que M. le comte de Maurepas lui a faits de la situation des finances, ils sont véritablement alarmants, et semblent ne laisser d'autres ressources que la paix et la paix la plus prompte. L'Espagnen-en éprouve pas un besoin aussi pressant que la France, et sa tendance y est bien décidée.
H fintnces, n i^tamb. 1780.
NBCKEfl ET SARTINES. 419
Votre Majesté m'ordonnerait-ËlIe de diarger son ambassadeur d'exciter et d'accéler cette mràae twdance? Je ne suis pas inquiet que le comte de Montinorin s'acquitte de cette commission véritablement difficile et extrêmement délicate, avec autant de prudence que de dextérité. Mais l'aveu fait à l'Espagne que nous avons besoin de la paix, et que nous nous reposons sur elle du soin de nous la. procurer, il n'est personne. Sire, qui puisse répondre des suites et assurer Votre Majesté que l'intérêt de ea réputation et de sa gloire ne sera pas compromis, je ne parle que de celui-là, Sire, parce que tous les autres ne sont rien en comparaison.
« Je supplie Votre Majesté de vouloir bien prendre en considération ce que je lui expose et même de consulter M. le comte de Maurepas. Si le résultat delà délibération est pour la démarche à faire en Espagne, je supplie Votre Majesté de m'en donner l'ordre par écrit. Les circonstances q^ui ont nécessité des partis . malheureux s'effacent et s'oublient bien vite, mais les fôcheux effets qui en résultent deviennent plus sensibles à mesure qu'ils s'éloignent de la cause qui les a produits. »
Necker, obligé de supporter le mauvais vouloir de Maurepas, qui affaiblissait sa situation visà-vis du roi, de déférer aux prétentions des princes frères du roi qui, non seulement assaillaient le Trésor de leurs demandes, mais donnaient aux grands l'exemple des privilèges d'exemption d'impôt, en faisant déclarer que les revenus de leurs .biens d'apanage ne seraient pas chargés d'acquitter les vingtièmes, Necker était de plus conlrainl à une
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lutte iDC«s6anleavec le ministre de la marine qui lai^ sait s'établir dans son iadministratitHi un désordre croissant avec la continuation de la guerre. Il avait plus d'une fois été embarrassé de dépenses faites à son insu par Sartines, que la faiblesse du premier minisire ou du roi avaient approuvées; quand, en vérifiant tes comptes, il s'aperçut que ia marine avait dépassé de dix-sept millions les crédits qui lui avaient été réservés, t J'ai accordé, écrivit-il au roi, cent dix millions pour les dépenses ordinaires de la marine et seize millions pour les extraordinaires, ces ordres ont été excédés de dix-sept millions. Les dépenses de la marine sont incalculables et moi je suis obligé de calculer ; je n'y puis plus tenir. »
Il allait probablement être forcé de conserver ce collègue dangereux, ou de renoncera des fonctions impossibles à remplir, quand une intrigue singulière vint lui prêter secours.
Cibde ds cour. Il existait depuis longtemps à la cour une cabale nDDni'â'^btre coutrc Ic mlnistrc de la guerre. Elle voulait son éloiu*Mto°™ Ït». gnement, non pas à cause de son incapacité, de ses concussions et de ses mauvaises moeurs, mais parce que M"' de Ségur convoitait sa place pour son mari, et que Besenval joignait à son amitié pour le comte le désir de venger les oHlciers non désignés par Montbarrey, lors du projet d'une descente en Angleterre. M"' de Polignac chargée par ses amis de convaincre la reine, amena tacilem^it cette princesse à leurs idées, a Ce q'était qu'un {H>emier pas, nous dit Besenval, et certainement le moins difficile. Le roi n'était pas non plus fort embarrassant ; mais il y avait M"' de Maurepas qui avait poussé
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FERMENTATION U'AUBITiON. 431
M. de Moiitbarrey au point de fortune où il ëtait parvenu et qui le soutenait en toute occasÎMi... il fut convenu que le secret le plus profond était néceœaire, dans la crainte que M. de Maurepas ne prévint le roi contre les propositions de la reine, » et qu'il fallait attendre une époque oij l'on serait certain de réussir. A peu près vers ce temps, continue Besenval, « M. Necker découvrit que M. de Sartines, ministre de la marine avait chargé ce département de vingt millions de dettes, dont il ne lui avait donné aucune connaissance. M. Necker jeta feu et flamme. I! profita de cette circonstance pour démontrer au roi le danger de laisser chaque ministre maître des fonds dans son département; fortifiant de l'avantage de l'État l'ambition qu'il avait de se rendre maître de tout, par le droit de disposer seul de l'argent, projet, ajoute Besenval, avec son esprit de légèreté et de dénigrement, qu'il suivit avec tant de chaleur et si peu d'adresse, qu'enfin il en fut victime, a L'occasion de disposer d'un ministère parut si propice que a la reine fut tout à coup assaillie par la duchesse de Polignac, et par son ami, le comte de Vaudreuil, qui s'efforcèrent d'engager Sa Majesté de parler au roi, de le décider au renvoi du sieur de Sartines, et à la nomination du marquis de Castries Tout cela se.
passa si rapidement que, continue Mercy, je n'en fus informéquevingt-quatre heures après. J'allairae concerter avec l'abbé de Vermond. La reine, déjà inquiète des démarches dans lesquelles on voulait l'entraîner, accueillit très bien nos représentations. Elle se décida à rester passive. .. Le roi, avant de rien prononcer, s'était réservé d'avoir un entretien avec le comte de
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d'unblliaTi :
la dueh«»e i
Polignic,
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Slaurepas, de manière que toute cette alTaire restait dans un état de crise. Ce fut alors que l'on fît jouer le ressort perfided'une fausse confidence pourlaquelle on insinua, sous le plus grand secret, au comte de Maurepas que la reine avait obteiiu du roi parole positive du renvoi du sieur de Sartines et du choix de M. de Castries. Le vieux ministre, qui était à Paris très affaissé de sa maladie, crut prendre un parti très politique en paraissant concourir lui-même à un arrangement qu'il supposait impossible de changer. > n avait fallu la coïncidence de la liaison de Necker avec un membre de la société de Potignac, le beaupère du fils du duc de Guines, il avait fallu le séjour forcé de Maurepas à Paris pour le renvoi d'un ministre insuffisant. Mercy termine cette lettre où il dévoile le peu d'influence et de volonté réellesde ceux que l'on a appelc's si longtemps les pasteurs des peuples, par ces mots ; « Le sieur Sartines a obteno une bonne retraite parce que la reine l'a protégé et que le roi lui voulait assez de bien. Il se pourrait qu'on lui contiSit un jour le département de la maison du roi. » Le renvoi de M. de Sartines produisit â la cour, nous apprend toujours Mercy, une vive commotion, ceux qui visaient au département de la guerre « se donnèrent de grands mouvements pour saisir un moment qu'ils supposaient favorable à leurs projets, et à cet eflet la protection de la reine fut très vivement sollicitée. » La facilité avec laquelle s'était effectuée la prise de possession du ministère de la marine, en dépit de Maurepas, fit surgir unefoule des convoitises dansla société intime de Marie-Antoinette. «Le comte d'Adhémar, dit Mercy, ministre de France î\ Bruxelles,
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