‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 11 sur 95 · TURGOT APPELÉ AO CONTROLE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

TURGOT APPELÉ AO CONTROLE GÉNÉRAL

la penséeoude raction, qu'une longue aspiration vers le bonheur et le perfectionnement de ses semblables? Les perspectives du bien qu'il était possible de faire, du mal qu'on pouvait éviter, exaltèrent le roi. Les facultés de son âme pleine de candeur s'éveillèrent sous le charme d'une éloquence qui puisait une douce chaleur dans une raison qui conduit, démontre et per-=' suade. Turgot ne fut pas moins ému que Louis XVI à te vue d'un jeune prince que son"cœur entraînait vivement vers toutes les idées nobles et généreuses. « La bonté attendrissante, écrit-il au roi à la sortie de cet entretien, avec laquelle Votre Majesté a daigné presser mes mains dans les siennes, comme pour accepter mon dévouement, ne s'effacera jamais de mon souvenir. Elle soutiendra mon courage. Elle a pour jamais lié mon bonheur personnel avec les intérêts, la gloire et le bonheur de Votre Majesté. »

Mais, si le cœur de Turgot avait trouvé son égal inquiétndes de dans celui de Louis XVI, sa perspicacité avait aussi raveni>^»aTure reconnu sur quelle base fragile reposait le bonheur *"7ntre^e***" de tout un peuple. Son inquiétude de l'avenir, sa défiance des lumières du roi et de la fermeté de sa volonté sont tracées en caractères ineffaçables dans cette lettre où il résume les conditions qu'il a posées à son acceptation du contrôle général et les promesses de Louis XVi vis-à-vis de lui. a Votre Majesté, dit-il, a bien voulu m'autoriser à remettre sous ses yeux l'engagement qu'Elle a pris avec Elle-même de me soutenir dans l'exécution des plans d'économie qui sont, en tout temps, et aujourd'hui plus que jamais, d'une nécessité indispensable... Je me borne à vous rappe-' 1er ces trois paroles :

Point de banqueroute.

Point d'augmentation d'impôts.

Point d*emprunts.

« .... Pour remplir ces trois points, il n'y a qu'un moyen. C'est de réduire la dépense au-dessous de la recette, et assez au-dessous pour pou voir économiser chaque année une vingtaine de millions... Votre Majesté sait qu'un des pi us grands obstacles à l'économie, est la multitude des demandes dont Elle est continuellement assaillie... Il faut. Sire, vous armer de votre bonté contre votre bonté même; considérer d'où vous vient cet argent que vous pouvez distribuer à vos courtisans, et comparer la misère de ceux auxquels on est quelquefois obligé de l'arracher par les exécutions les plus rigoureuses à la situation des personnes qui ont le plus de titres pour obtenir vos libéralités. Il y a des grâces auxquelles on a cru pouvoir se prêter plus aisément... De ce genre sont les intérêts, les croupes, les privilèges; elles sont de toutes les plus dangereuses, les plus abusives. Tout profit sur les impositions qui n'est pas absolument nécessaire pour leur perception, est une dette consacrée au soulagement des contribuables ou aux besoins de l'État... C'est surtout de l'économie que dépendent la prospérité de votre règne, le calme dans l'intérieur, la considération au dehors, le bonheur de la nation et le vôtre. J'entre en place dans une conjoncture fâcheuse par les inquiétudes répandues sur les subsistances : inquiétudes fortifiées par la fermentation des esprits depuis quelques années... par quelques opérations imprudentes, et surtout par une récolte qui paraît avoir été médiocre. Sur cette matière^ comme sur

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