TURGOT APPELÉ AU CONTROLE GÉNÉRAL
beaucoup d'autres, je ne demande point à Votre Majesté d'adopter mes principes sans les avoir examinés et discutés, soit par Ellc-mcmo, soit par des personnes de confiance, en sa présence ; mais quand Elle en aura reconnu la justice et la nécessité, je la supplie d'en maintenir l'exécution avec fermeté, sans se laisser effrayer par des clameurs qu'il est impossible d'éviter en cette matière... Votre Majesté n'oubliera pas qu'en recevant la place de contrôleur général, j'ai senti tout le prix de la confiance dont Elle m'honore; j'ai senti qu'Elle me confiait le bonheur de ses peuples, et, s'il m'est permis de le dire, le soin de faire aimer sa personne et son autorité. Mais, en même temps, j'ai senti tout le danger auquel je m'exposais. J'ai prévu que je serais seul à combattre contre les abus de tous genres, contre les efforts de ceux qui gagnent à ces abus, contre la foule des préjugés qui s'opposent à toute réforme... J'aurai à lutter même contre la bonté naturelle, contre la générosité de Votre Majesté et des personnes qui lui sont le plus chères. Je serai craint, haï même de la plus grande partie de la cour... On m'imputera tous les refus ; on me peindra comme un homme dur, parce que j'aurai représenté à Votre Majesté qu'Elle ne doit pas enrichir même ceux qu'Elle aime, aux dépens de la subsistance de son peuple. Ce peuple, auquel je me serai sacrifié, est si aisé à tromper que, peut-être, j'encourrai sa haine parles mesures mêmes que je prendrai pour le défendre contre les vexations. Je serai calomnié, et peut-être avec assez de vraisemblance pour m'ôter la confiance de Votre Majesté. » Après cette dernière
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phrase, qui mettait au même niveau la crédulité des rois et celle des nations, Turgot essayait de prendre un appui sur l'honneur et les nobles qualités du monarque, en finissant par ces mots : « Votre Majesté se souviendra que c'est sur la foi de ses promesses que je me charge d'un fardeau peut-être au-dessus de mes forces ; que c'est à Elle personnellement, à l'homme honnête, à l'homme juste et bon, plutôt qu'au roi, que je m'abandonne \ y>
♦ Mémoire sur la vie et les ouvrages de Turgot, tome I, p. 27 et suivantes; tom. Il, p. 262 et sms.—Œuvres complètes de Turgoty tome U, p. 165 el suiv., 169. (Voir celle lettre aux pièces justificatives, A.)
Pensions accordées à des services domestiques, du mois de mai à la Qn de décembre 1774. — Brevets d'assurance accordés, du mois de mai à la fin de décembre 1774. — Profits des personnes occupant des charges à la cour. — Économies faites par Louis XYI, dépenses faites pour ses frères, ses tantes et la reine. — Turgot décide l'entrée des blés étrangers en France, défend rexportation des blés français, et permet leur circulation de province à province, 13 septembre 1774. — Lettre de Turgot aux fermiers généraux, 14 septembre 1774. — Turgot s'occupe des octrois des villes, 28 septembre 1774. — Emploi fait par Turgot du pot-de-vin donné au contrôleur général. — Maurepas pousse au rappel des anciens parlements. Opposition de Yergennes, août 1774. Mémoires du comte de Provence et du comte de La Marche.
— Le parlement de Rennes s'adresse au roi. Réponse de La Yrillière.
— Arrêté de la chambre des vacations de Paris, 19 octobre 1774. Réponse embarrassée du roi.— Louis XYI et son frère, le comte de Provence.
— Pamphlet contre le rappel des parlements. — Derniers débats au conseil des ministres sur la question du rappel des parlements. — illusions et incapacité des hommes qui détruisent l'œuvre du chancelier Maupeou. — Préambule de l'édit qui rétablit les parlements, son caractère. — Lit de justice du \1 novembre 1774. — Délibération du Parlement sur les édits présentés au lit de justice. Réunion du 30 décembre 1774. Représentations faites au roi. — Réponse du roi aux représentations du Parlement. Le Parlement proteste contre le lit de justice qui Ta rétabli, janvier 1775. — Le roi et la reine n'ont pas conscience de la gravité de la mesure qu'ils ont prise. — L'appui de la royauté française est effondré : il faut chercher une nouvelle base sur laquelle elle puisse se reposer. — Les parlements ne pouvaient être à la fois que les adversaires des réformes et les flatteurs des préjugés populaires. — Les améliorations introduites par Maupeou et conservées au début du retour des parlements disparaissent. — Décisions de Turgot en faveur des habitants des campagnes, abolition de la contrainte solidaire.
— Turgot tombe malade, 3 janvier 1775. Mesures prises par lui contre
répizootie.— Questions relatives aux subsistances, préjugés existant sur le conomerce des blés. Guerre des farines. L*émeute existait à l'état latent avant l'arrivée de Turgot au contrôle général : émeute d'Ervy, mars 1775; émeute de Dijon, avril 1775.— Émeutes à Poîssy, Pontoise, Saint-Germain, bandes de pillards. Émeute à Paris, 3 mai 1775. — Émeutes à Fontainebleau, à Gompiègne et dans les environs de Paris. — Mesures prises par Turgot pour faire venir du blé et abaisser son prix. — Les émeutes étaient un signe du malaise moral des populations plutôt qu'une preuve de famine.
— Le clergé ennemi de Turgot à cause de ses projets de réformes. — Le clergé français reste de nos jours le partisan d'un gouvernement théocratique. — Apparition d'un livre qui flatte les préjugés populaires. — Necker.
— Éloge de Colbert par Necker ; il remporte le prix proposé par l'Académie française, 1773. — Jugement de Voltaire sur l'éloge de Colbert.
— Necker prôné auprès du roi; le marquis de Pezai. — Ouvrage de Necker intitulé : Sur la législation et le commerce des graine, — Necker a cherché un succès littéraire et non la démonstration d'une vérité économique. — Necker propose à Turgot de lui lire son manuscrit, Turgot refuse de l'entendre. — Cause de la popularité du livre de Necker. — Indignation de Voltaire contre l'apparition de ce livre, son éloge de Turgot. — Diatribe à l'auteur des Éphémérides, mai 1775.
— Fin des émeutes pour les blés. Lettre de Louis XVI au roi de Suède, 15 juillet 1775. -—Inquiétudes de Turgot, son ardeur au travail ; réponse qu'il fait à ses amis quand ils blâment sa précipitation. ^- Représentation de la cour des Aides, 6 mai 1775.— Turgot essaie d'obtenir que Louis XVI soit sacré àParis. — Turgot propose de modifier la formule du serment prêté par le roi lors du sacre.— Curiosité quMnspirela magnificence des préparatifs du sacre, blâme que provoquent ces prodigalités.— Sacre de Louis XVI, 11 juin 1775. — Impression produite par le sacre sur les spectateurs, lettre de Marie-Antoinette à Marie-Thérèse. — Jugement du public sur les cérémonies du sacre ; lettres de Voltaire, de d'Alembert, de Frédéric. — Promesse faite à M"« de Lamballe de rétablir la place de surintendante, juillet 1775. — M"»« dé Lamballe nommée surintendante, septembre 1775. — Promotion de sept maréchaux de France, mars 1775. — Le comte de Guines. — Procès du comte de Guines avec son secrétaire, Tort de La Sonde. — Guines veut se poser en victime du duc d'Aiguillon, observations de Vergennes à Louis XVI. — La reine obtient ce que le conseil des ministres avait refusé au comte de Guines. — Le duc d'Aiguillon demande à se défendre contre les attaques du comte de Guines. — Le conseil d'Etat ordonne la destruction des mémoires du comte de Guines, 16 mai 1775. — La reine demande l'exil du duc d'Aiguillon, refus du roi ; l'intervention de la reine dans cette affaire est publique. — Jugement rendu, le 30 mai 1775, entre le comte de Guines et Tort de La Sonde. — Le baron de Besenval et la reine. — Jugement de Besenval sur le roi et sur la reine.
— Revue passée par le roi, mai 1775. — La reine préoccupée des criii- (^ues ; changements opérés dans l'opinion publique. — Entrevue de
DÉPENSES DE LÀ COUR de mai a décembre i774. i51
Marie-Antoinette et da duc de Cboiseul à Reims. — Exaltation de la reine, conseils qu'elle reçoit, sa lettre au comte de Rosemberg. — La reine tente de faire un ministre. — Malesherbes nommé ministre de la maison du roi; lettre que lui écrit Louis XVI, 28 juin 1775. — Nouvelle lettre du roi à Malesherbes, 30 juin 1775. — Portrait de la reine en 1775. — Douleur de Marie-Thérèse en apprenant les intrigues auxquelles cède sa fille. — Lettre de l'empereur Joseph à Marie-Antoinette. — Joie de Voltaire à la nomination de Malesherbes : elle est partagée par le public. — Opinion publique sur les richesses du clergé. Les protestants de la Guyenne, 3 février 1775. — Mémoire sur la tolérance remis au roi par Turgot, juin 1775. ~ Assemblée générale du clergé de France, du 3 juillet au 18 décembre 1775. — Situation des protestants depuis Tavénement de Louis XVL
Les craintes exprimées par Turgot sur les de- pensions accor-