A MONSIEUR THIERS
Voltaire a écrit : a C'est à celui qui domine sur les esprits par la force de la vérité, non à ceux qui font des esclaves par la violence, que nous devons nos respects. » Ce qui est vrai quand il s'agit des savants comparés aux conquérants, qui ne sont d'ordinaire que d'illustres méchants, est bien plus vrai encore lorsqu'on parle des instituteurs des peuples. Ces hommes bienfaisants, qui apprennent aux nations leurs devoirs et leurs droits, qui savent distinguer ce qui appartient à la religion de ce qui est du domaine de la vie ma* térielle, sont rares dans l'histoire de l'humanité. Au début des sociétés, les chefs des peuples arrivés au pouvoir par la force, et voulant perpétuer leur autorité chez leurs descendants, ont tous suivi la même voie. Ils sont tous devenus des prêtres de la religion profesée dans leur pays;.ils ont tous voulu rattacher leur vie éphémère à