LE SACRE
rivent le comte de Provence, le comte d'ArtoiSyle duc d'Orléans, le duc de Chartres^ le prince do Cdndé et le duc de Bourbon. Appelés à représenter^ comme pairs laïques, les anciens ducs de Bourgogney de Normandie, d'Aquitaine, les comtes de Toulouse; de Flandre, de Champagne ; ils étaient vêtus d'uricf tunique d'or descendant jusqu'au milieu de la janlbè^ serrée à la feille par une ceinture de soie violetfé mêlée d'or et d'argent. Un manteau ducal de .drap violet recouvrait leurs épaules, leur tête portait un bonnet de satin surmonté d'une couronne, et le coU lier de l'ordre du Saint-Esprit entourait leur cou.
Quand tout le monde est assis^ les chanoines de la cathédrale, avec la musique, se mettent en marché pour sortir de l'église, suivis du chantre et sous-chantre. Le marquis de Dreux, grand maître des cérémo-* nies^ marche après eux, suivi des deux évêques deLaon et de Beauvais. La procession entre dans une galerie couvDPte qui aboutissait à la porte de l'appartemenl du roi et s'arrête devant elle. Le chantre, s* avançant',' y frappe avec un bâton. Que demandez- vous î crie aussitôt de l'intérieur le grand chambellan. Nous demandons le roi, répond l'évêque, duc de Laon/ Le roi dort, réplique le chambellan. Le chantrd frappe de nouveau à la porte, etVévè^ue, red^anâant le roi, obtient la réponse qu'il avait déjà reçoevLè chantre frappe une troisième fois, et sur la réponw uniforme du chambellan, l'évêque dit : Nous demandons Louis XVI que Dieu nous a donné pour poi'4 Alors la porte s'ouvre, et le grand maître àe%^cév6^ monies conduit tes évêques auprès du roî, qu* est? couché, revêtu d'une longue- camisole teramofeie
garnie de galons d'or et ouverte» ainsi que sa chemise, aux endroits du corps qui doivent recevoir les onctions. Une robe d'étoffe d'argent recouvre cette camisole, et la tête porte une toque de velours noir, garnie d'un cordon de diamants et ornée d'une plume et d'une double aigrette blanche. L'évêque de Laon présente de l'eau bénite au roi en récitant Toraison suivante : ec Dieu tout-puissant et étemel, qui avez élevé à la royauté votre serviteur Louis, accordez-lui de procurer le bien de ses sujets dans le cours de son règne, et de ne jamais s'écarter des sentiers de la justice et de la vérité. ^ Les deux évêques, à la suite de cette oraison, prenant Sa Majesté, l'un par le bras droit, l'autre par le bras gauche, l'aident à se soulever de son lit, et la procession reprenant, avec le roi, le chemin de la galerie couverte, rentre à l'église en chantant des prières.
Pendant cette cérémonie, les chevaliers barons de la sainte Ampoule, réunis dans l'église de l^bbaye de Sainl-Bemi, prêtaient serment dans les mains du bailli général de l'abbaye et de son procureur fiscal, en présence de tous les religieux, de conserver et défendre cette relique. Après avoir juré sur rÉvangile de rester en otage jusqu'au retour de la sainte Ampoule, ces seigneurs, qui étaient au nombre de quatre, sollicitèrent la permission de l'accompagner.
Cette première cérémonie achevée, le grand prieur alla retirer la sainte Ampoule du tombeau de saint Rémi, et, la suspendant à son cou par une chaîne d'argent, il se hissa sur un cheval blanc richement caparaçonné, et s'avança vers la cathé-