‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 22 sur 95 · PRÉPARATION AU SACRE · texte numérisé non relu

PRÉPARATION AU SACRE

pour aller à Reims^ et les curieux s'extasiaient cariosité qnMna. devant les habillements^ les broderies et surtout J^^^d^!^*^. devant le carrosse du roi, qui coûtait, annonçait un j^'JJ^Sqïe^i. journal, deux cent cinquante mille livres. « On ne pJ^,!^,^J,. saurait rendre l'affluence du monde, lit-on dans une feuille de l'époque, qui va voir les ornements du sacre et surtout le carrosse. C'est d'une richesse, d'un fini, d'une beauté à étonner les plus connaisseurs. » Le même journaliste écrit: a Pour donner un échantillon de la dépense énorme du sacre, il suffira de dire que, la reine devant assister à la cérémonie. . . on bâtit dans réglise un appartement complet pour Sa Majesté... On a abattu à Soissons une porte de la ville où le carrosse du roi n'aurait pu pénétrer à cause de sa hauteur de dix-huit pieds, et l'on a également reconstruit sur la route les divers ponts qui s'y trouvent, par où Sa Majesté doit passer. Tout cela se rétablit par corvées. Les malheureux paysans qui y travaillent, dès qu'ils voient de loin un voyageur, s'agenouillent, lèvent les yeux au ciel, et les ramènent vers leur bouche, comme pour demander du pain. » Ces nouvelles ainsi présentées étaient un blâmed'autant plus direct contre d'inconcevables prodigalités, que les préparatifs de cette cérémonie commencèrent dès le 27 avril, le mois même où la Bourgogne s'émouvait de la cherté du pain. Le roi, consulté sur la prétention de tous les officiers de sa maison, de celle de la reine, de Monsieur et de Madame, du comte et de la comtesse d'Artois et de ses sœurs, qui . voulaient être conduits en pçste dans les voitures de la cour, céda à son penchant à l'économie dans les petites choses qu'il pouvait régler. Il prescrivit

que le nombre des officiers fût restreint au strict nécessaire, et que les dames de la cour n'eussent à leur disposition qu'une voiture pour les femmes de service qu'elles amèneraient avec elles. Un exempt des gardes du corps reçut l'ordre d'accompagner la couronne et les ornements royaux, portés par les religieux de Saint-Denis. Des logements chez les habitants de Reims furent assignés aux personnes de la suite du roi et des princes.

Le ministre, en prévision de la foule considérable qui allait s'accumuler à Reims, prescrivit la suspension de tous les droits perçus sur les grains, farines, légumes, vins, bestiaux et gibier, tant au profit delà ville que de l'archevêque, durant huit jours avant le sacre et huit jours après.

Les boulangers des environs eurent la permission, pendant le même temps, d'amener du pain dans la ville, et il fut permis d'y débiter toute espèce de viande.

sacic de Dès le 3 juin, une ordonnance du bailli général de

uSîn mi. l'abbaye de Saint-Remi avertit les habitants du village des Ardennes, le Chêne-Populeux, de se préparer avenir servir d'escorte à la sainte Ampoule. Il leur enjoignit de se conduire avec retenue et modération pendant leur voyage, de payer leur nourriture^ celle de leurs chevaux, et de n'exiger que leur logement gratuit chez les habitants.

Dès les six heures du matin du 11 juin, les chanoines en chappe viennent occuper le chœur de la cathédrale, suivis bientôt par l'archevêque, des cardinaux, des evêques, par les ministres, les maréchaux, les conseillers d'État. A peine sont-ils placés qu'ar-

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