JUGEMENT DU PUBLIC SUR LE SACRE
que c'est au roi à se faire prêter serment par les prêtres. . . Le roi de France remporte sur tous les rois, puisqu'il fait des miracles. II a touché à son sacre deux mille quatre cents malades d'écrouelles. Il est vrai qu'il y eut une des maîtresses de Louis XIV qui mourut de cette maladie, mais un tel cas est trèsrare. » On n'a parlé ici, répond Frédéric, ce que du sacre de Reims, des cérémonies bizarres qui s'y observent, et de la sainte Ampoule, dont l'histoire est digne des Lapons. Un prince sage et éclairé pourrait abolir la sainte Ampoule et le sacre même. y> La lutte établie entre la partie éclairée de la nation et le pouvoir du clergé se ravive plutôt qu'elle ne s'amortit, par suite de cette cérémonie, et d'Alembert écrit en Prusse : « On dit qu'on a envoyé à Votre Majesté les détails des cérémonies du sacre ; elle aura été indignée... de l'impudence avec laquelle les prêtres ne font faire au roi de serment que pour eux. On assure qu'ils ont mieux fait encore dans cette occasion, et qu'ils ont supprimé l'endroit de la cérémonie où deux des évêques assistants demandent au peuple s'il reconnaît Louis XVI pour roi. »
Le principe de la royauté théocratique ruiné dans l'esprit du peuple, il ne pouvait pas rester un grand fonds d'indulgence et de respect pour les personnes royales. Après les entraînements des foules lors des événements extraordinaires, après l'impression momentanée qu'ils produisent sur les personnes qui en sont l'objet, chacun reprend la trace de sa vie : les uns, les soucis qu'entraîne une existence précaire ; les autres, les distractions que permet la ri-
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promeMe faite Marie-Antoinctte, tout en conservant un souvenir Lambaiie de (Je reconnaissauce pour les témoignages d'affection
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de sarintendante, OU elle avait rcçus ct un dcsir smcere de voir le peu-
pie heureux, se livra, comme une femme de vingt ans^ à ses affections intimes^ aux plaisirs qui lui étaient offerts, sans calculer les conséquences de ses actes. Elle s'était attachée, dès les premiers temps de sa venue en France, à une jeune veuve, la princesse de Lamballe, et Taffection qu'elle avait eue pour elle ne diminua pas quand de Dauphine elle devint reine. Maîtresse de faire pour son amie ce qui pourrait lui plaire et l'attacher de plus en plus à sa personne, elle pensa à ressusciter pour elle la place de surintendante de la maison de la reine , que Marie Leczinska n'avait pas voulu remplir depuis la mort de la comtesse de Clermont. Marie-Thérèse redoutait pour sa fille l'intimité da M"*' de Lamballe, .qui, fille du prince de Carignan, était parente de ses deux belles- sœurs. « Je crains que le parti piémontais ne gagne le dessus à la cour de France, d écrivait elle à Mercy. L'ambassadeur essayait de détourner la reine de son projet, par crainte des jalousies et des inimitiés que provoquerait une pareille faveur et des dépenses qu'elle pourrait entraîner. Il crut un instant y avoir réussi, mais l'impératrice n'avait pas cet espoir, ail est dans le caractère de ma fille, » écrivait-elle à Mercy, le 4 février 1775, « de précipiter les choses de son goût, pour esquiver les remontrances de ceux qui voudraient s'y opposer,.. Je crains qu'elle ne suive un jour, lorsqu'on y pensera le moins, la même marche pour exécuter son idée par rapport à la princesse de Lamballe. » Les prévi-