MADAME DE LAMBALLE SURINTENÙANTE
sions de Marie-Thérèse furent promptement réalisées : cinq mois après cette lettre, la reine avait promis à W" de Lamballe la place de surintendante, et le roi y avait consenti, (c Cet arrangement est encore un secret, écrit Mercy, La princesse de Lamballe en a actuellement la promesse positive. Ce n*est pas que cette princesse n'ait beaucoup perdu de sa faveur auprès de la reine, qui, pendant un temps, accordait toute préférence à une comtesse de Dillon ; mais cette dernière vient d'être supplantée à son tour par une jeune comtesse de Polignac, pour laquelle la reine s'est prise d'un goût bien plus vif que ne l'ont été les précédents. De ces variétés d'affection résultent des embarras, des inconvénients. En satisfaisant à ses engagements avec la princesse de Lamballe, la reine voudrait bien en même temps rapprocher d'elle autant que possible sa favorite actuelle. »
Quand M"® de Lamballe fut nommée surînten- m- de umbtiie dante, au mois de septembre, le public étranger à tendante,
I y ... .111 septembre l77Su
la cour S occupa prmcipalement de la charge nouvelle que lui imposait la volonté de Marie-Antoinette, ce Depuis longtemps, la reine, très-affectionnée à M""' la princesse de Lamballe, » lit-on dans un journal, ce sollicitait le roi de rétablir, pour cette princesse, la charge de surintendante de la maison de la reine. Le monarque, effrayé de la dépense qu'entraîne une telle place, avait différé jusqu'à présent, et M. le contrôleur général surtout^ allant toujours à l'économie, soutenait le roi dans son refus. Enfin son auguste épouse^ ayant constamment un ascendant considérable sur son esprit. Ta emporté. » Mercy, n'ayant pu empêcher la reine de faire I. il
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ce qu'il regardait comme une faute, la supplia ce de consentir au moins que les attributions qui seraient données à cette place, soient de nature à se combiner, avec le moins de dépenses possible, avec toutes les autres conditions nécessaires au meilleur service. »
Puisqu'il faut « que cette charge existe, écrit-il à l'impératrice, c'est toujours gagner quelque chose que d'en diminuer les inconvénients. y> Il cite entre autres prérogatives absurdes de cette charge « qu'aucune personne de la maison de la reine ne pouvait exécuter, ni un ordre, ni une commission donnée immédiatement par Sa Majesté, sans au préalable avoir été prendre l'attache de la surintendante. » Ce seul point « ainsi que plusieurs autres de même tournure, exigeaient un nouveau règlement, et l'abbé de Vermond se charge de le rédiger d'après nos remarques communes... de façon à prévenir les conflits de juridiction et les tracasseries qui en résulteraient. »
Mercy devait encore échouer dans ce monde de la cour, qui est un peuple d'enfants où la raison périt devant les fantômes d'une vanité puérile. L'abbé de Vermond avait rédigé son règlement, la reine l'avait approuvé et apostille, quand arriva la princesse de Lamballe en larmes. Elle annonça à la reine e que le duc de Penthièvre s'opposait à ce que sa belle- fille, prît une charge qu'on regardait comme déchue d'une partie de ses anciennes prérogatives, » et déclara qu'elle ne l'acceptera que si elle est maintenue telle que l'avait Mademoiselle de Bourbon. La reine se hâta de céder, et Mercy ajoute, en annonçant sa déconvenue : a tout est resté dans l'ancien chaos. » Les prétentions de M°® de Lamballe pour le trai-
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tement dont elle jouirait furent les mêmes que pour les prérogatives honorifiques. Les états anciens fixaient les appointements d'une surintendante à quinze mille livres, en outre de trente mille livres pour tenir une table à la cour, ce qui faisait en tout quarante cinq mille livres. Mademoiselle de Bourbon les avait fait porter, sous différentes dénominations, jusqu'à cent cinquante mille livres. M°** de Lamballe voulut être sur le même pied qu'elle, et Maurepas, saisissant cette occasion pour se remettre en grâce auprès de la reine» se chargea c de trouver et de faire agréer au roi des expédients au moyen desquels il serait pourvu aux désirs de la nouvelle surintendante. D Malesherbes approuva tout comme ministre de la maison du roi, et la reine, satisfaite de ces deux ministres, ne montra de la froideur qu'à Turgot. Mercy, qui signale ce fait, ajoute : « J'espère que, pendant son séjour à Fontainebleau, il y aura moyen de ramener Sa Majesté sur le compte d'un ministre duquel elle n'a aucun sujet de se plaindre. » Le roi, qui au premier mot de la reine avait approuvé la fixation des appointements accordés à M"*^ de Lamballe, y ajouta, un mois après, une pension decin* quante mille Hvres, à titre d'étrennément, comme il dit, pour lui donner a les moyens de se soutenir dans cette charge importante avec la dignité convenable à une princesse de son rang. »
Le jour même où le roi avait signé l'ordonnance qui assurait les appointements de M"*® de Lamballe, Marie-Antoinette lui demanda de payer quinze mille livres de dettes faites par le comte d'Esterhazy. Louis XVI y consentit, comme il avait consenti
à raagmentation de la pension de la reine, dont cinquante mille livres furent consacrées immédiatement à doter la fille de la dame de compagnie de M*"^ de Lamballe, mademoiselle de Guébriant, comme il donna au frère de W^ de Lamballe, le prince de Carignan, trente mille livres de pension, avec un régiment, sans consulter aucun de^ ministres. "^mrrôSftuxd^^' ^^ ^^^ ayant voulu envoyer le duc de Penthièvre mllîîms P^^'^^r les États de Bretagne, si agités pendant les dernières années de son prédécesseur, le commandant de la province, le duc de Fitz-James, se plaignit vivement du tort pécuniaire qu'allait lui faire le gouverneur en remplissant une fonction qui lui avait été jusqu'alors confiée. Louis XVI, compatissant à sa peine, lui donna une pension de cinquante mille livres, et lui promit le grade de maréchal de France à la première promotion qui serait faite. Quand il proposa la réalisation de sa promesse au Conseil, le comte du Muy s'y opposa, nommant un grand nombre d'officiers généraux qui devaient remporter sur Fitz-James par leur ancienneté et leurs services. Le roi se rendit à ses observations et retira la parol6 qu'il avait donnée. Mais la princesse de Chimay, dame du palais de la reine, ne se découragea pas ; elle s'adressa à Marie-Antoinette, la chargea de remettre au roi une lettre pressante en faveur des prétentions de son père, et Louis XVI, pour mettre tout le monde d'accord, fit sept maréchaux. Le public en voyant paraître leurs noms, les compara aux sept péchés capitaux. Le duc d'Harcourt représentait la paresse, le duc de Noailles Tavarice, le comte de Nicolaï la gourmandise, le duc de Fitz-James Tenvie,