LES ÉCONOMISTES ET LES PARTISANS DES ABUS
bléedes Pairs : « Arrêtez; liberté, liberté tout entière * . »
Le Parlement avait condamné le pamphlet de Accord éu Voltaire : Diatribe à V auteur des Êphémérides, décla- magfs^tîîSs*^ rant que ce la division qu'on voudrait élever entre damStfo^c les rninistres des autels et les dépositaires de Tau- ^^'^^ ^* ^<*** torité royale... et cette diversité d'opinions qu'on a vue quelquefois. . . doivent être envisagées comme la cause cachée de tous les malheurs que la France a éprouvés... Que le moment est arrivé où le clergé et la magistrature doivent se réunir par un heureux accord... Les magistrats, en rendant la justice... feront respecter nos saintes Écritures, nos dogmes sacrés... les ministres de l'Église à leur tour... feront respecter l'autorité des lois... apprendront à regarder les oracles de la justice. comme une portion de la justice divine elle-même , qui veut qu'on obéisse aux puissances que le ciel à établies sur la terre, d
La condamnation de l!œ,uvre de Voltaire, d'une manière indirecte, car il s'agissait d'un article de La Harpe, dans le Mercure^ où cet écrivain avait donné un long extrait de la Diatribe, ne fit qu'exciter le.. dédain du philosophe de Ferney. a On n'en répaDfira pas moins la Diatribe^ écrit- il à l'abbé More^et ; mais il me semble que les démarches qu'on
' Mémoires secrets pour servir à l'histoire" des lettres^ tom. VIU, p. 189. 209,270; tom. JX. p. 35, 36, 41, 45, 46 et suiv., 50,66, 67,70.— louis XVI, Marie-Antoinette ^t Jf"" Élisapeth, par Feuillet de Conches, tom. I, p. 72 et sufv. — Becuêit généirat des anciennes lois françaises^ tom. XXin, p. 318 et suiv., 329 et suiv., 358 et suiv., 370 et suiv. 386 et suivantes.— ircAives nationales , M)* 1023 ;.K 161, 17 et 19 mars 1776; X 8556, année 1774. — Lettres inédites de Voltaire , publiées par de Cayrol, tom. II, p. 482. — Œuvres de Turgot, tom. II, p. 343 et suiv. — Œuvres complètes de Voltaire^ tom. LXIX, p. 537, 553.
magistrftto.
a faites sont une insulte à M. Turgot, de la part des mêmes gens qui donnèrent de l'argent il y a quelques mois pour ameuter la populace... Des fripons ont voulu donner des croquignoles à M. Turgot sur le nez de La Harpe. » Cette Diatribe, envoyée à de Vaines, était accompagnée du Cri du sang innocent^ complété par le précis de la procédure d'Abbeville, où Voltaire, rappelant cette cruauté judiciaire, excitait, assure un écrivain, « la curiosité et Tindignation du lecteur, » à la fois contre les prêtres et contre les magistrats.
Exaiuiion des Lc Parlement, exalté déplus en plus, et cherchant partout des ennemis à frapper, s'avisa d'une brochure ayant pour titre : Les inconvénients des droits féodaux, œuvre d'un nommé Boncerf, employé dans les bureaux du Contrôle général. Cet ouvrage, qui ne renfermait que des renseignements, des réflexions respectueuses, sous une forme assez sèche et ennuyeuse, fui présenté par l'avocat général Séguier comme <c capable de troubler la tranquillité et de renverser la propriété de tous les citoyens, a Nous ne pouvons que gémir ici publiquement, disait-il, sur l'espèce de frénésie qui semble agiter ces esprits turbulents, que l'amour de la liberté et de l'indépendance porte aux plus grands excès... à la lecture des nouveaux écrits... on est tenté de croire qu'il existe dans l'État un agent caché qui, par des secousses intérieures, cherche à en ébranler les fondements. . . Si l'esprit systématique qui a conduit la plume de cet écrivain pouvait malheureusement s'emparer de la multitude. . . l'anarchie la plus cruelle deviendrait la suite nécessaire d'une indépendance d'autant plus redoutable