‹ La France sous Louis XVI; (volume 3)Chapitre 81 sur 95 · MARIK-ANTOINETTE ET LOUIS XVI · texte numérisé non relu

MARIK-ANTOINETTE ET LOUIS XVI

motif qui y quoique légitime, paraîtra frivole aux amis de M. de Guines, et qui, devenant bientôt le sujet des conversations de Paris, sera incessamment celui de toute l'Europe. Je dois encore observer à Votre Majesté que ce n'est pas pour mieux asseoir sa justification que M. de Guines demande l'intervention de deux de vos ministres; c'est pour les prendre à parti, et les présenter au public comme ses prédécesseurs. »

Le comte de Mercy, témoin de la scène qui se vaines représeo* passait dans le mmistere, était rempli d inquiétude Mercy. Mariesur le parti auquel les différentes cabales pour- ^îfpeSloidr* raient entraîner la reine. Il représentait à Marie- ^Tu%°o"*îtuM'' Antoinette la responsabilité qu'elle prendrait en se '*~^"^SLr"' mêlant d'influer sur le choix du successeur de Maies* herbes, pour lequel elle ne pouvait être suffisamment éclairée, ajoutant que ce tant qu'elle ne donnerait sa confiance qu'à des gens amusants et agréables, elle n'en tirerait que préjugés et illusions, d La reine parut un instant persuadée ; mais sa haine contre Turgot et Vergennes s'exhalait avec violence auprès du roi, elle exigeait le renvoi de ces deux ministres, et une récompense au comte de Guines, pour le dédommager de son ambassade.

Il fut décidé que le comte de Guines serait nommé i^e roi

j 1 • /> m recommencfl

duc, et Marie-Antoinette obtenait enfin que Turgot trots fois u lettro

• .#.... ^ . annonçant à de

serait renvoyé, insistant avec passion pour que Guînerqu'u l'annonce de la faveur accordée à de Guines coïnci- ^ M^Î^^Sojaro ' dât avec Temprisonnement du contrôleur général y^^^^^H^ à la Bastille. Mercy fit des efforts très-grands pour «"«"^ ^« '^"••6^^' empêcher cet acte de folie qui n'avait, comme il le dit, d'autre motif que a celui des démarches que

Turgot avait cru devoir faire pour le rappel du comte de Guines. » Quant au roi, il resta sans volonté devant les exigences insensées de la reine, et recommença docilement jusqu'à trois fois la lettre de satisfaction qu'il écrivait à l'ambassadeur révoqué, avant que les termes en fussent trouvés assez flatteurs par Marie- Antoinette.

Louis XVI qui avait tenu dans ses mains la preuve des fautes commises par de Guines, qui avait décidé lui-même la nécessité de son rappel, écrivit, le 10 mai, à cet ambassadeur : a Lorsque je vous ai fait dire, Monsieur, que le temps que j'avais réglé pour votre ambassade était fini, je vous ai fait marquer en même temps que je me réservais de vous accorder les grâces dont vous étiez susceptible. Je rends justice à votre conduite; je vous accorde les honneurs du Louvre et: la permission de porter le titre de duc. » redeMeitîy Lc comtc dc Mcrcy, désespéré, écrivit à MariesTr*™*^^* Thérèse : « Je ne puis ni ne dois dissimuler à Votre inemente. Majesté quc, depuis quelques semaines, les choses ont pris ici une tournure aussi contraire au bien de la reine qu'elle est désolante pour moi. » Les efîcts du crédit de la reine pourront «un jour lui attirer dejustes reproches de la part du roi son époux, et même de la part de toute la nation... Le roi se trouve dans une contradiction manifeste avec lui-même. .. Il compromet tous ses ministres au su du public, qui n'ignore aucune de ces circonstances, et qui n'ignore pas non plus que tout cela s'opère par la volonté de la reine et par une sorte de violence exercée de sa part sur le roi... Ce contrôleur général jouissait d'une grande réputation d'honnêteté, et était aimé du peuple. »

Page 1