RENVOI DE TURGOT
Turgot) parfaitement au courant de l'antipathie de Atutodc ^ la reine, se tenait vis-à-vis d'elle dans une situation "'^dàToi à la fois ferme et respectueuse, disant à Louis XVI *Nom!naMo ce qu'il croyait utile, et préparant avec persévérance chîiftou*iTaî et ardeur le plan qu'il avait conçu pour la réorga- «^e »**»•»»»»<?»'' nisation des fmances de la France. Il attachait une grande importance à le soumettre au roi avant sa retraite. Il s'apercevait depuis un certain temps de la contrainte qu'éprouvait Louis XVI vis-à-vis de lui, de son embarras visible, qui avait succédé aux épanchements de sa nature affectueuse. Le roi aurait voulu que son ministre se retirât de lui-même, il le lui fit insinuer; mais Turgot n'accepta pas cette manière de le congédier, et tout résolu qu'il était d'abandonner un poste où le bien qu'il voulait faire devenait impossible, il désirait encore une fois entretenir un jeune prince des difficultés graves où la royauté était engagée. Il se présenta chez le roi : le roi était à la chasse; il y retourna : le roi était au débotté, il fallait attendre ; il remit sa visite au lendemain; quand Louis XVI lui envoya l'ancien ministre Berlin lui annoncer qu'il n'était plus contrôleur général. La veille, Maurepas avait appris à Augeard la réussite de son intrigue en faveur d'Âmelot Du Chaillou. Ce jeune homme, que son protecteur tenait pour incapable, fut nommé successeur de Malesherbes, et on lui donna un brevet d'assurance de quatre cent mille livres.
Maurepas, enchanté de la décision, mais conser- RenvoidoTui vaut les formes polies de l'homme du monde, écrivit deM^ilTheri le même jour: a Si j'avais été libre, Monsieur, de ^'"'•*^^^ suivre mon premier mouvement, j'aurais été chez
VOUS. Des ordres supérieurs m'en ont empêché. le vous supplie d'être persuadé de toute la part que je prends à votre position. — Je ne doute pas de la part que vous avez prise à l'événement du jour, répondit ïurgot avec une sorte d'ironie hautaine, et j'en ai la reconnaissance que je dois. Les obstacles que je rencontrais dans les choses les plus pressantes, m'avaient depuis quelque temps convaincu de l'impossibilité où j'étais de servir utilement le roi... Quant à ma situation, dont vous voulez bien vous occuper, elle ne peut m'affecter que par la perte des espérances que j'avais eues de seconder le roi dans ses vues pour le bonheur de ses peuples... Mais quand on n'a ni honte, ni remords^ quand on n'a connu d'autre intérêt que celui de l'État, quand on n'a ni déguisé, ni tu aucune vérité à son maître, on ne peut être malheureux . y>
Ce même jour, Malesherbes quittait le ministère, et la reine écrivait à sa mère : « Monsieur de Malesherbes a quitté le ministère avant-hier, il a été remplacé de suite par M. Amelot. M. Turgot a été renvoyé le même jour, et M. de Clugny le remplacera. J'avoue à ma chère maman que je ne suis pas fâchée de ces départs, mais je ne m'en suis pas mêlée. » Marie-Thérèse, prévenue, répondit avec une sévère tristesse : « Je suis bien contente que vous n'avez point de part au changement des deux ministres, qui ont pourtant bien de la réputation dans le public, et qui n'ont manqué, à mon avis, que d'avoir trop entrepris à la fois. Vous dites que vous n'en êtes pas fâchée, vous devez avoir vos bonnes raisons ; mais le public ne parle plus avec autant d'éloge de