CONVERSATION DE MAUREPAS ET D'AUGEARD
Ségur est nn pauvre homme :
Voilà justement comme Il a reçu la pomme.
Le ministre de la banque Voyant qu*un bras lui manque * Aussitôt vous lui flanque Ce ministère-ci.
Pour le bien de la guerre.
Il est question de faire Ministre et secrétaire Un marquis de hasard, Chevalier d'industrie, Colin de comédie : C'est monsieur d'Adhémar '.
Necker ne pouvait pas ignorer, après Téclat que Maurepas avait fait au Conseil des ministres sur la situation désastreuse des finances, les démarches du mentor du roi pour lui trouver un successeur au contrôle général. Les faiblesses delà famille royale, les hostilités des princes contre toute réforme, l'im-
* Ségur avait eu un bras coupé.
3 Mémoires secrets pour servir à Vhistoire des lettres, tome XIV, p 123; tome XV, p. 115, 136, 141, 146, 149, 151, 154, 161, 188, 193, 203; tome XVI, p. 37, 41, 73, 102, 126, 127. — Mémoires secrets d'Angeard, p. 87, 99, tOO, 101. — CoUeetion complète de tous les ouvrages pour et contre M. Necker, tome 1. Lettre de Turgot à Necker. Tableau comparatif du système de Law avec celui de M. Necker. Sur Tadministralion de M. Necker, par un citoyen français. Seconde suite des observations d*on citoyen français, p. 34. Du renvoi de M. de Sartines. — Irefeives nationales, K 164 : Lettre de Vergennes au roi (autographe), 27 septembre 1780. 0*236 : Nomination de M. de Castries, 14 octobre; nomination do comte de Ségur; direction des haras du royaume donnée au marquis de Polignac, 23 décembre 1780. 0422, octobre 178Q. ADi, 1050, 28 jan vier et 25 février 1781. Exemption de Timpôt du vingtième en faveur du comte de Provence et du comte d'Artois. — Mémoires du baron de Besenval, tome II, p. 85 et suiv., 93, 95 et suiv., 98, 101 et suiv., 105 et suiv., 111 et %m\, — Correspondance secrète entre Marie-Thérèse et le comte de Mercy, tome III, p. 425, 448, 493, 486, 488, 490, 491. — Correspondance secrète inédite, publiée par Lescure, tome I, p. 234, 260, 288, 290, 308 , 313, 321, 323.— Mémoires du prince de Montbarrey, tome il, p. 386; tome 111, p. 2, 3, 10 et suiv., 22, 26, 31 et suiv., 37.
possibilité de faire une économie sans qu'immédiatement une dépense nouvelle ne vienne l'annuler et même souvent aggraver la charge qu'on croyait avoir détruite, tout le ramenait à cette pensée de Turgot: Qu'il fallait appeler à soi le grand public et lui demander aide et assistance, si Ton voulait parvenir à faire quelque chose de sérieux et de durable. Son honneur comme financier, comme honnête homme, lui commandait, en dehors même de vues plus étendues, de se tenir toujours prêt à rendre raison de la situation de la caisse de l'État ; et des mesures qu'il avait prises pour faire ce que l'on appelle, dans le monde des affaires, honneur à sa signature. II avait fait un mémoire pour répondre à la critique adressée à sa gestion financière dans des conseils auquels sa position de protestant lui interdisait d'assister, notamment dans celui d'où Vergennes était sorti si vivement impressionné.
Peu de jours après le renvoi de Sartines, Augeard étant venu voir Maurepas, encore à Paris, trouva ce ministre de plus en plus inquiet.
Conversation « Puîsquc VOUS uc voulcz poîut dc graudcs places^ ^""^ku^,^^ dit le mentor à son conseiller, revoyez votre ami de Belle-Isle, engagez-le à accepter les finances. — Je ferai tout au monde pour réussir... J'emploierai le vert et le sec pour lui faire accepter vos vues... Je regarde comme très pressé de chasser votre Necker.»
Belle-Isle, ayant été nommé surintendant des finances du duc d'Orléans, ne voulut pas abandonner les intérêts de ce prince, sous prétexte d'une place plus lucrative, et Augeard dut annoncer son échec à Maurepas. a Eh bien, il faut donc attendre ? Tenez,
novembre 1780.
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