LA REINE OUBLIE LE NOM ÛE SON PROTEGE
une de mes premières œuvres comme particulier, »
Étrange gouvernement et étrange situation que ces prétendus maîtres et tuteurs des peuples à la merci des hommes et des femmes que nous venons de décrire, non d'après des idées préconçues, des aversions de commande^ mais d'après leurs propres aveux, d'après ceux de leurs amis qui ont été acteurs dans ces conciliabules.
La reine, dans sa légèreté, attachait si peu d'in- La reiue ignore
., A. * . 11-. le Domdu ministre
teret a ses propres actes, que les derniers jours qu'eue yeut de décembre, dans une réunion de la cour, Tmp^o'yT^ou"^*' elle tira madame de Polignac à part et lui dit à *"' "* "'^'°'^l'oreille d que le ministre de la guerre était fait et que c'était M. de Puiségur, confondant, par suite des deux dernières syllables de leur nom, deux personnages très différents. M"* de Polignac, toujours observée par la multitude lorsqu'elle était en public, n'osa entamer une conversation. Elle se hâta de revenir chez elle apprendre à MM. d'Adhéraar et de Vaudreuil ce que l'on venait de lui dire... M. d'Adhémar... jugea qu'il n'y avait pas un moment à perdre... En conséquence, il fit écrire à M"* de Polignac une lettre à la reine par laquelle elle lui marquait qu'il était de la plus grande conséquence qu'elle eût un entretien avec elle... La reine arriva vers les onze heures du soir chez M"' de Polignac qui, pressée par Adhémar, lui remontra avec force combien il était humiliant pour elle que M. de Maurepas l'emportât dans une occasion non seulement mortifiante pour le moment, mais encore pour l'avenir ; que la nomination du ministre de la
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guerre faisait le sujet de la conversation de tout le monde, et que chacun avait les yeux ouverts pour savoir qui l'emporterait ou d'elle ou de M. de Maurepas... La reine... sentit la vérité de tout ce que lui disait M*"^ de Polignac ; son amour-propre fut choqué de l'idée de succomber... Elle assura M""* de Polignac qu'elle ferait les derniers efforts pour l'emporter... Elle fut le lendemain à sept heures du matin chez le roi. Elle envoya chercher M. de Maurepas..., elle établit pour base qu'elle n'avait en vue que le bien, qu'elle insistait pour M. de Ségur, parce qu'elle croyait qu'il était le seul qui pût le produire... Le roi se détermina enfin pour M. de Ségur et la reine, saisissant le moment, dit à M. de Maurepas : Monsieur vous entendez la volonté du roi; envoyez tout de suite chercher M. de Ségur et wpprenezAa lui. »
Lecomtedeségur C'cst ainsî quc Ic 23 décembre 1780, M. de Ségur minu^rdcia fut porté au ministèrc de la guerre à la place du 23dl^mbreÎ780; prlncc dc Moutbarrcy qui venait de donner sa dé- *'%rpTbuc"'* mission quelques jours avant. Ce même jour, le marquis de Polignac, faisant revivre quelques privilèges onéreux qui avaient été abolis, obtenait d'avoir seul la direction des haras du royaume avec les avantages dont avaient joui les duc d'Ântin et de Brancas et le marquis de Voyer.
Le public vaguement au courant de toutes ces intrigues et sans aucune sympathie pour des courtisans dont il prisait peu la capacité, résumait, quelques temps après, ses dédains dans les vers suivants, sur le nouveau ministre de la guerre et M. d'Adhémar.
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