‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 141 sur 177 · EMBARRAS PÉCUNIAIRES DU CONGRÈS · texte numérisé non relu

EMBARRAS PÉCUNIAIRES DU CONGRÈS

représailles des exécations de Comwallis. La position . des Anglais devenait de plus en plus critique à la suite de cet échec et de Thostilité croissante des populations qui avaient fini par se faire tellement redouter des royalistes, qu'ils abandonnèrent les troupes du roi d'Angleterre. Comwallis forcé à revenir en arrière rentra dans la Caroline du sud et prit position à Winsborough.

Pendant ces énergiques efforts des Américains pour ^^jj^'rè'f Jj^ leur défense personnelle, la situation de leur gou- États-unii. vernement devenait des plus précaires. Le papiersmonnaie était tombé dans un tel avilissement que le Congrès avait été forcé d'accepter que, pour les fournitures de l'armée^ les sommes à payer seraient stipulées en numéraire. C'était refuser à ses propres billets la valeur de monnaie courante. La pénurie était telle que Washington écrivait à Lafayette» le 14 décembre 1780 : ce Les dépêches du chevalier de La Luzerne sont arrivées à temps par la poste, seul moyen de communication qui i;ne reste, car il n'y a pas assez d'argent dans les mains du quartiermaître général ; je pourrais, je crois, aller plus loin et dire^ dans toute l'armée, pour founiir à la dépense d*un exprès pour Rhode-Islaiid. » Aussi, Lafayette ne cessait pas d'écrire à la Cour de Franioe en toutes circonstances : « Avec l'infériorité maritime^ mandait^l à Yei^ennes, le 30 janvier 1781, on ne saurait faire la guerre en Amérique.. • c'est elle qui nous empêche d'attaquer.;, nous réduit aune défensive dangereuse autant qu'humiliante... si nous avions eu cette supériorité au printemps, on eût pu faire beaucoup avec là seule armiée amenée par

Googk

Rèyoltes de

troupes américaines, janvier 1781.

M. de Rochambeau... Depuis le jour où les Français sont arrivés, leur infériorité n'a pas un instant cessé, et les Anglais et tories ont osé dire que la France voulait attiser le feu sans l'éteindre. •• Il est politiquement et militairement nécessaire... de nous don^ ner ici, pour la campagne prochaine, une supériorité maritime... de nous faire avoir assez d'ai^ntponr mettre en activité les forces américaines. .. quinze mille hommes de troupes réglées, dix mille hommes de milices, et plus encore. . . une armée dans le Sud... Voilà, Monsieur le Comte, les forces que vous pouvez employer contre Tennemi commun^ qui sont établies sur le* vrai théâtre de la guerre, que des sommes immenses n'y transporteraient pas d'Europe, mais qui, sans un secours d'argent, deviendront nulles... La campagne prochaine peut être décisive... »

Cette pénurie de ressources n'arrêtait pas seulement le développement des forces américaines, elle pouvait compromettre aussi l'existence de l'année que possédaient les États-Unis.

Le % janvier 1781, quinze .cents soldats de la Pensylvaniè qui soufiTraient du manque de vivres et d'habits et se trouvaient sans solde depuis plus d'une année, se révoltèrent, chassèrent leurs officiers et décidèrent qu'ils iraient demander justice au Congrès. En vain le général Saint-Clair et Lafayette essayèrent-ils de les apaiser, ils partirent, sous la conduite de leurs sous-officiers, campant comme en pays ennemi. L'émoi ressenti par le Congrès égala à peine la joie du général Clinton qui «envoya aussitôt d^ émissaires chargés d'offrir aux révoltés l'acquiltèmmt de leur paie et le pardon des offenses eontre te

Googk

Page 1