‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 140 sur 177 · VIOLENCES DE CLINTON DANS LA CAROLINE · texte numérisé non relu

VIOLENCES DE CLINTON DANS LA CAROLINE

le port le 19 septembre, la veille du jour où Washington partait pour Hartford, et au moment où le sloop, le Vullur, conduisait en vue de West-Point lé major André.

La supériorité maritime de la France, si vivement désirée dans cette guerre, n'avait pas pu se manifester et les navires anglais pouvaient jeter des troupes sur un point quelconque du continent sans rencontrer aucun obstacle. Mais, heureusement pour les États- Unis, la faiblesse des Anglais en troupes de terre compensait leur supériorité en vaisseaux. Il n'y avait que quatre mille quatre cents soldats dans le Canada ; Lord Comwallis disposait seulement de trois mille quatre cents hommes à Charlestown, et renvoyé français La Luzerne estimait que les forces de TAngleterre n'étaient, dans toute l'Amérique, que de vingt-cinq à vingt-six mille hommes auxquels pouvaient se joindre trois mille miliciens américains partisans des Anglais, mais susceptibles de peu de service .

Les succès de terre de Clinton, dans la Caroline du violences de

Clinton

du Sad.

Sud, lui avaient fait mander à Londres que cette pro- dans la c&roiine vince était redevenue anglaise. Voulant, pour assurer sa conquête, y rétablir le gouvernement civil, il prit le parti, d'accord avec l'amiral Arbuthnot, de publier une amnistie pour tous les habitants qui rentreraient dans le devoir. Peu de temps après, embarrassé d'une foule de prisonniers de guerre laissés libres sur parole et auxquels il ne pouvait par conséquent imposer un service militaire, Clinton fit une nouvelle proclamation les déchargeant des engagements qu'ils avaient pris, pour les rétablir dans tous les droits de colons anglais, décision immédiatement expliquée

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par l'ordre donné à tons les habitants de se tenir prêts i marcher au premier signal. Les hommes ma* ries devaient se réunir dans des corps de milices et ceux qui ne Tétaient pas» être incorporés dans les régiments anglais.Un cri de colère répondit aux ordres deClinton . S'il faut prendre les armes» s'écrièrent une foule de Garoliniens, combattons plutôt pour l'Améri* que et pour nos amis que pour TAngleterre et des étrangers. L'émigration des Caroliniens du Sud vers la Caroline du Nord, encore en puissance du Congrès, s'organisa sur une vaste échelle, et Clinton, ainsi bravé, répondit par la séquestration des biens des émigrants et par la persécution des familles auxquelles appartenaient les prisonniers de guerre qui avaient refusé d*être relevés de leurs engagements. Beaucoup plièrent sous cette violence, mais les dispositions de la population ne furent point changées; la plupart des femmes de Charlestown affichèrent leurs senti* ments en refusant de paraître aux fêtes données par les officiers anglais, en accueillant avec empressement les prisonniers américains amenés dans la ville, en soutenant leurs époux dans leur résistance et en acceptant l'exil et la soufirance plutôt que de céder. Clinton, retourné à New-York le 6 juin, avait laissé à lord Comwallis le commandement des troupes stationnées dans la Caroline du Sud et dans la Géoi^e, qui s'élevaient à quatre mille hommes. Ne pouvant rien tenter à cause de l'extrême chaleur, Comwallis se' borna à répartir ses troupes de manière à préparer l'envahissement de la Caroline du Nord dès la fin d'août ou les premiers jours de septembre. Mais dès le 15 juillet, le général Gates, envoyé parle Congrès,

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LE GÉNÉRAL GATES DANS LA CAROLINE. 47i

arriva sur la rivière la Deep. Son nom et les proclamations quMI fit pour demander l'appui des populations les électrisèrent; elles accoururent en foule grossir son armée et des compagnies levées pour le service du roi d'Angleterre vinrent se joindre aux troupes américaines après avoir chassé leurs officiers.

Gates ainsi renforcé ne perdit pas un moment pour Bataïue se porter au cmtre de la Caroline du Sud, à Gamb- is^aoÂt itso. den, résidence d'un corps de l'armée anglaise commandé par lord Rawdon. Gornwallis, accouru au secours de son lieutenant, accepta avec empressement le combat que Gates voulait engager. Il battit les Américains, et le colonel Sumpter, qui tenait la campagne en partisan habile, vit son corps dispersé et désarmé par l'intrépide colonel anglais Tarleton.

Gomwallis profitant de cette victoire et de la Marche de lord

/ , , ,-. , • , , CornwaUis sur la

cessation momentanée des hostilités imposées par un caroiine do soleil dévorant, pour affermir l'autorité de l'Angle* septembre 'i78o. terre dans la Caroline méridionale, ordonna de pendre tous les hommes qui, ayant fait partie des milices levées pour la couronne d'Angleterre, avaient rejoint les troupes du Congrès. Il fit emprisonner les Caro* liniens qui, après s'être soumis, avaient aidé . ceux qu'il appelait les rebelles, et ordonna que leurs biens fassent confisqués et. donnés à leurs compatriotes fidèles. Après ces mesures violentes, auxquelles vinrent s'ajouter des menaces de séquestrer les propriétés de quiconque entretiendrait des intelligences avec le Congrès, Gom^mllis^ qui avait renroreé ses taroupét et renontelé ses munitions^ marcha de Camb^

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4n LIVRE TROISIÈME.

den sur Cbarlotte-Town, petite ville de la Caroline du Nord, laissant derrière lui des postes à Âugusia, à Ninety-Six, sur la frontière de la Géoi^e. et surtout i Charlesto^vn, où demeura une forte garnison. Arrivé à Charlotte-Town, vers la fin de septembre, après une marebe des plus pénibles, il se trouvait ^ns une contrée stérile, coupée de goi^s et de défilés^ au milieu d'une population hostile et énergique qui égorgeait tous les royalistes se hasardant en pleine campagne. Ces auxiliaires de l'Angleterre avaient fini par être intimidés au point de ne plus oser paraître qu'en grandes troupes, pour éclairer la marche de Comwallis, et les Anglais étaient conmie enveloppés de corps de partisans. Le colonel Sumpter avait reformé sa troupe; un colonel Marion, rivalisant d'audace avec lui, s*était attaqué avec fureur i Au* gusta qu'il aurait emporté, sans l'énergique résistance du colonel anglais Brown.

Défaite et GomwalUs ayant convoqué, par la voie du colonel Fergusson, les loyalistes de la Caroline du Nord; il se présenta à lui des hommes exaltés et sauvages qui mirent lé pays à feu et à sang, et excitèrent une telle fureur que les populations des montagnes descendirent sous plusieurs chefs à l'attaque des Anglais. Fergusson^ retranché sur un monticule boisé appdé Bacs-le«Roi, qui domine la plaine non loin de Char lotte-Town et des rives delà petite rivière, la Catawba, se défendit avec la dernière valeur, mais, le nombre de ses ennemis croissant sans cesse, il préféra mourir plutôt que de se rendre. Les Anglais survivants à cette lutte eurent la vie sauve, mais les habitants de la Caroline, trouvés dans leurs rangs» iîirentpmidus, en

mort da colonel FtrguMon,

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