‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 143 sur 177 · ABOLITION DES COMMISSIONS DE FINANCES · texte numérisé non relu

ABOLITION DES COMMISSIONS DE FINANCES

la voix bruyante de la plainte, pas plus qu'elle n'adoucira riniquité de lamesure^et cela détruira la confiance du peuple dans l'intégrité aussi bien que que dans la sagesse du gouvernement. y> Il continua d'éclairer ses concitoyens en traitant la question des commissions en fait de direction des finances, et quand le Congrès convaincu cherchait une personne digne de répondre à sa confiance, il écrivait : Le ministre que vous allez choisir doit posséder ce la connaissance des hommes, du commerce. .. doit être habitué à faire des affaires sur la plus grande échelle, surtout ce que l'on entend communément par affaires d'argent... Il faut non seulement qu'il ait été élevé dans le commerce mais encore qu'il ait été longtemps et profondément engagé dans cette profession. :>

C'était désigner au Congrès Robert Morris un des Robert Morris, signataires de la déclaration d'indépendance, un des ^^^in^c^^^ députés de la Pensylvanie connu par ses succès "^"^ew Morrir" comme négociant. Esprit ferme et fécond, dévoué ^^'^JP^gér*'^ avec ardeur à la cause de la liberté américaine, «»'« eux. Robert Morris exigea que le choix et la révocation de tous les fonctionnaires fût laissé à sa disposition et, à peine installé, écrivit à Gouverneur Morris : « Mon cher monsieur. La manière obligeante avec laquelle vous avez bien voulu me promettre vos services, que je réclamai aussitôt après ma nomination au ministère des finances des États-Unis, m'a fait plaisir, non seulement pour moi, mais encore bien plus pour mon pays.... le regrette seulement que les émoluments fixés par le Congrès ne soient pas proportionnés à vos mérites. — Vous estimez mes

talents beaucoup plus qu'Hs ne valent, répondit aussitôt Gouverneur Moris ; mais, quelqu'ils soient, mon pays peut en disposer... c'est une fausse économie d'accorder de minimes salaires, parce que cela met en place des hommes incapables ou indignes.... Dans le cas actuel je ne suis pas fSiché que Tallocation soit aussi faible. le tâcherai de prouver que ce n'est ni l'amitié seule qui a influencé votre choix, ni l'intérêt mon acceptation \ t> roodatioD Les deux amis se mirent à l'œuvre ' et la première ^•Am^52e du^ mesure qu'ils prirent fut la création d'une banque jau?eM78i. ^"^ P^^* ^^ ^^"^> ^^^^ l'autorisation du Congrès, de Banque de l'Amérique du Nord. La création de cette banque amena en quelques mois un résultat considérable sur le crédit public et privé du pays. Robert Morris, usant de son crédit personnel en faveur de sa patrie jusqu'à ce que cet instrument puissant qui! avait créé put fonctionner complètement, mit TAmérique en état de profiter des embarras que Cornwallis commençait à ressentir*.

* Le traitement du Oonverneur Morris éUit de 1850 dollars (d,250 tnncs). Pour donner une idée de son désintéressement, il suffit de rappeler ce passage d'une de ses lettres, écrite peu de temps avant sa mort à une personne qui lui demandait des matériaux écrits sur la révolution américaine. Il parle de ses travaux comme membre du Congrès, qui lai la'^ saient peu de loisir, et ajoute : u J'étais en outre obligé de travailler de temps en temps pour ma profession (avocat), mon salaire de député étant insuffisant pour me défrayer. » Tome I, p. 174.

^ Robert Morris n'était pas parent de Gouverneur Morris. Robert, ne en Angleterre, avait été amené à 13 ans en Amérique par sud père) Gouverneur^ était né à Morrisiana, près de New- York.

3 Mémoires de Lafayette, tome I, p. 266, 369 et suiv., 391, 395, 401, 405. — Histoire de la guerre de l'Indépendance, par Botta, tome h, p. 27 et suiv., 40 et suiv., 49 et suiv., 63 et suiv., 75 et suiv., 93, 95, 97, 99, 102, 103 et suiv., 106 et suiv., 110, 112 et su^y., 116, 120 et suiv., 125 et suiv., 153 et suiv., 161 et suiv., 167 et suiv., 199 et suiv., 294 et

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FOiNDATlON D'UNE DANQUE AMÉRICAINE. 479

La confiance des Américains et leur ardeur s'étaient accrus en voyant Gornwallis reculer. Ils accouraient en foule grossir les troupes de leurs plus audacieux chefs de partisans et le général Gates était venu àCharlotte-Town avec son armée en partie reconstituée, quand Green, envoyé par le Congrès, vint le remplacer dans son commandement. Décidée utiliser^ dans une guerre de postes et de surprises, une armée que sa faiblesse numérique et la qualité de ses soldats rendait peu propre à soutenir le choc de troupes aguerries, Green étudia avec soin la marche de son adversaire. Renforcé par l'arrivée à Charlestown du général Leslie avec deux mille hommes, Cornwallis l'avait appelé à lui à Winsborough et était rentré dans la Caroline du Nord, décidé à la réduire et à s'avancer vers la Virginie que le traître Arnold s'était chargé de ravager et de ruiner avec une bande de quinze cents soldats. Le but de Cornwallis était d'isoler Green, d'empêcher les troupes de la Virginie de le rejoindre, et d'étouffer ainsi toute force de résistance. Mais ses plans furent pf omptement anéantis par l'ha-

guiv., 297 et suiv., 303 et suîy. — Àfchites du ministère de la marine. Campagne 1780. Gnleheo. Extrait d'une lettre de sir John Rodney à sir StepheDs, à bord du Sandwichy devant la baie de Fort-Royai, 26 avril 1780. Supplément à la Gaxelte du mardi 11 juillet 1780. Paris, Imprimerie royale. Gatelte de la Mariiniquê du jeudi 15 juin 1780. Lettre en cbilTres du chevalier de La Luzerne au comte de Vergennes, datée de Philadelphie le 1" janvier 1781. Carton Dives, 1780. Mémoire sur la situation de rAmérique au [•' janvier 1781, non signé, adressé à M. de Fleury par M. de Chaslus, et présenté au roi. — Uisiory of the reign of George 111, by Edward Baines^ tome l, p. 304 et suiv., 306 et suiv. — Mémoires de Rochamheau, tome I, p. 257 et suiv. -^Mémorial de Gouverneur Morris, ministre plénipotentiaire des États-Unis en France, traduit de l'anglais, de Jared Sparks avec annotations, par Gandais. Paris, 1842, in-8, tome 1, p. 153 et suiv., 161 et suiv., 175 et suiv., 181.

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480 LIVRE TROiSlËME.

bileté du général américain et par la passion qui animait les populations. Le colonel Morgan envoyé par Green contre le fort de Ninety-Six au nord de Ck>Iumbia dans la Caroline du Sud, battit le hardi colonel anglais Tarleton, puis revint dans la Caroline du Nord rejoindre son chef qui échappa aux Anglais dans sa retraite, lorsqu'ils voulurent l'empêcher de gagner la Virginie . Green revenant sur ses pas dans la Caroline du Nord^ écharpa un corps de royalistes qui s'était réuni sous l'impulsion de Cornwallis, et renforcé par les milices de la Virginie et des troupes continentales plus rompues au service militaire que ses premiers soldats, il résolut d'accepter le combat.

Bataille de ^ scntait qu'avcc six mille hommes de troupes 15 ÏÏiro îm. ^^^^^ réunis sous ses ordres et l'appui des populations il pouvait affronter une bataille dont la perte ne serait pas mortelle pour lui, tandis que, par une victoire^ il anéantirait les deux mille quatre cents soldats de Cornwallis. La lutte qu'il cherchait s'engagea à Guilfort dans la Caroline du Nord. 11 arriva ce qui se produit toujours dans la rencontre de soldats formés aux manœuvres comme des machines de précision, contre des militaires inexpérimentés. Les milices lâchèrent pied, mais les troupes exercées de plus longue date poussèrent l'attaque avec une telle passion, qu'il y eut peu de blessés de part et d'autre. Treize cents Américains perdirent la vie, plus du double des Anglais qui comptèrent six cents morts, parmi lesquels plusieurs officiers de marque. Mais les pertes des Anglais étaient considérables, comparées à leur nombre, tandis que celles de Green

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