CONSEIL DE GUERRE
et de lâèhetë sortirent de plus d'une bouche au récit de ce qu'il avait fait et Ton craignit un instant, à Versailles, qu'une flétrissure des plus graves ne fut infligée à la marine toute entière en la personne d'une fraction si considérable de son état-major. Les eorrespondances de M. de Castries portent Tem* preinte dés efforts faits par ce ministre pour mitiger autant que possible la patriotique colère des lieute- Tlan^^généraux, chefs d'escadres et capitaines de vaisseaux qui peuplaient le conseil de guerre. Le jugement rendu, quoique afi'aibli par suite de son influence, n'en fut pas moins sévère pour l'honneur de plus d'un marin. Par une de ces inconséquences auxquelles échappe bien rarement la faiblesse humaiiie^ ce tribunal qui signalait la conduite du marquis de Vaudreuil comme un exemple digne d'être transmis à la postérité, blâmait Gouzillon, qui commandait le vaisseau L'Ardentj sous prétexte qu'il avait amené son pavillon avant celui du vaisseau amiral. Gouzillon invoqua vainement ses blessures, l'état de son vaisseau que Rodney dut faire remorquer pour empêcher qu'il ne coulât. Il ne put, malgré ses suppliques, faire réformer un blâme qui contristait le cœur de ce brave marin et il dut se contenter d'une lettre du minisire de la marine où M. de Castries disait a: que le roi et le ministre ne peuvent voir dans l'arrêt qui frappe M. de Gouzillon qu'une interprétation rigide du règlement, mais que ce jugement ne saurait altérer la confiance que le ministre a placée dans un officier aussi recommandable. »
Le nom de de Grasse fut flétri par des injures, des
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5ftO L1VRB TROISltaiS.
calembour&, des artieles de journaux» des diansons»
enfia par tous les moyens dont disposait le poUic
pour exhaler sa colère et son mépris. Son courage,
reconnu par ses adversaires les Anglais, par les
Américains ses alliés, ne put soustraire le malheu*
reux amiral à la flétrissure que voulaient loi impo-
. ser ses contemporains. Par une singulière bizarrerie
de la fortune son nom reste entaché par une défaite
qu'a amenée Bougainville, et Boogainville échappe à
la fois i roubli et à une fâcheuse reaommée ^r
son voyage autour du monde et l'île à laquelle il a
donné son nom.
^"^dtemni"** ^^ grandes villes de France, et une ftwle de ct-
reo^tation ^^Y^^^^ s'cmpressèrent de venir en aide à TÉtat
de u flotte, pour rendre à. la marine les vaisseaux qu'elle
Juin 47W. ■
avait perdus. Les six corps de marchands et les communautés d'arts et métiers de Paris offrirent 500,000 livres pour un vaisseau, la chambre de commerce de Marseilte en donna 1,200,000 pour en construire un de cent-dix canons et 300,000 livres pour venir au secours des familles des matelots et la ville fit don d'une fr^te. La généralité de Paris voulut donner son navire comme avait fait Bordeaux en décidant qu'on en construirait un de cent canons et que des secours seraient donnés aux veuves et aux enfants des matelots de la province qui avaient péri. Dunkerque offrit une frégate et 50,000 livres, le Havre un vaisseau de soixante-quatorze, les États de Languedoc un de cent canons entièremmt armé et 100,000 livres. Les États de Bourgogne un de cent-dix canons, et la ville de Strasbourg, dont ks marchands se cotisèrent pour une somme de
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