LES FRANÇAIS DANS UINDE. SI
pas les véritables Français » . Si l'on envoyait ce aujourd'hui quelques forces auxiliaires, disait un magistrat de Pondichéry, les Anglais y seraient anéantis en moins de deux mois, ils sont sans argent, découragés, assaillis de toutes parts par les troupes de la confédération indienne, y) Nobles erreurs qu'entretenait Hyder, quand, dans son ardent désir d'obtenir le secours de troupes européennes, il mandait au gouverneur, de rile de France ; « Nous venons de dépenser des millions de pagodes pour former beaucoup de troupes, de Tartillerie... Nous nous sommes mis en campagne, avons brûlé quarante-huit forteresses et bien des établissements aux Anglais et à leurs alliés, avons envahi le royaume d'Arcote... Sans aucun retard, et aussitôt la réception de la présente lettre, il faut envoyer sur des vaisseaux cinq à six mille blancs bien discipUnés et qui aient fait la guerre, avec un chef habile surtout, et qui puisse m'écouter dans toutes les opérations en lui donnant de bonnes instructions.»
Un mois après cette lettre Hyder anéantissait un Défaite corps entier de l'armée anglaise, et le général Hector ^â^eSbrf itso! Munrô ramenait avec peine quelques soldats à Madras. Mais si cette ville était privée de vivres, d'argent et d'armes, si le trésor de la présidence de Calcutta, qui était de 145 millions en juillet 1778, se trouvait épuisé au mois de janvier 1780, si plusieurs vaisseaux amenés par l'amiral Hughes avaient été forcés de retourner en Europe, il n'en restait pas naoins une force imposante à la Compagnie, des revenus qui, quoique consommés, aussitôt que rentrés, arrivaient dans ses coffres, un territoire sur lequel elle était assise ; des hommes qui s'étaient u. 33
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tiU UVRE TROISIÈME.
formés pour la guerre et la diplomatie dans les péripéties qu'avait éprouvée cette association de marchands devenus législateurs d'un vaste empire, warreo Buiiogi, Lc gouvomeur général de Tlnde était à ce momeat g4iSM*<to7uid« Warren Hastings« Arrivé dans le pays à l'âge de dix- ^ *^* neuf ans, comme écrivain au bureau de la secrétairerie, il avait assisté à tous les événements qui s'étaient passés dans ces contrées depuis 1751. Tour à tour diplomate et soldat il s'était, au milieu d'une carrière agitée, familiarisé avec la langue du pays, ses lois et ses usages alors inconnus à la plupart des Anglais et avait ainsi, en gravissant tous les échelons de Tad* ministration, mérité d'atteindre la première place.
Hastings, à la nouvelle de l'échec de Munro, rassembla le conseil de Calcutta et décida renvoi immédiat à Madras de quinze lacs de roupies (près de 4 millions) et le départ d'un corps de troupes sous les ordres de Eyre Coote.
flyder.AU Lc géuéi^sl auglais, qui avait cherché plus d'une
17 têt-. 4784. trouvcr cn face de lui le 1*' juillet 1781. Il n'avait sous ses ordres que sept mille cinq cents hommes, tant cipayes qu'européens, et n'hésita pas cependaat à engager l'action contre les cent mille combattants du sultan de Mysore. La lactique européenne l'emporta. Hyder dut quitter le champ de bataille et ne fut pas plus heureux le 27 septembre en cherchant une revanche. En présence de ces victoires qui attestent non seulement l'immense supériorité des troupes européennes sur les armées de barbares qui leur étaient opposées, mais la vigoureuse installation de la puissance anglaise sur le continent indien, que
HYDEK VAINCU PAR LES ANGLAIS. tVl5
pouv9i6nt quelques soldats français à la solde de princes du pays ou quelques vaisseaux perdus dans ces mers dont les rivages ne recelaient plus un port français qui put les abriter ?
L'escadre du comte d'Orves vint déployer le dra- Apparition
, de i*et.cadre
peau de la France à Pondichery, le 26 janvier, du comte donreg
mais comme il n'y avait aucune troupe de débar^ pondidléry, quement à ison bord, elle ne tarda pas à retourner **J*"^***'^^®*à rile de France. A peine était-elle partie que la flotte anglaise accourait ravitailler Madras qu'assiégeait Hyder, débloquer Gondelour et le sultan de Mysore entrait en fureur contre un allié comme le roi de France qui le laissait seul en face des Anglais après lui avoir fait vanter sa puissance et promettre son appui.
La déclaration de guerre de la Hollande contre DéciaraHon l'Angleterre ne pouvait aider en rien le cabinet de deiaH^iîli^de Yersailles. Les Anglais avaient de suite pensé à s'em- rAngreterre, parer du Cap, et les Hollandais s'étaient adressés à la ^*^"*'' *^®*' France pour le défendre. Deux escadres quittèrent simultanément les ports des deux pays, l'une pour conquérir cette colonie et l'autre pour la protéger.
Le bailli de Suffren, parti de Brest le 21 mars 1781 , combat de suttren ila tète de deux vaisseaux de soixante-quatorze, de iesAngiMs deux frégates et de huit bâtiments de transport wa^riilfâ. chargées de troupes, rencontrant à Santiago, une des îles du cap Vert, la flotte anglaise, commandée par JohnatoD, engagea avec elle un combat. Il détruisit un des brûlots de Jobnston après une lutte de huit heures^ et courut au Cap en abandonnant aux Anglais un de. ses bâtiments de transport. SufTren, après avoir pourvu à la défense de la colonie, reprit, le 3 mai, la mer et rejoignant d'Orves à l'île de France,
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5I« LIVRE TROISléMB.
partit avec lui pour l*Inde avec des troupes de terre composées de deux mille trois-cent-cinquante blancs et de mille quarante-sept nègres, pourvues de quatre-vingt-neuf pièces d'artillerie et commandées par le colonel Du Chemin. La flotte française, composée de onze navires tant frégates que vaisseaux, et de dix-huit transports, avait mis à la voile le 7 décembre 1781, et comptait atteindre la c6te de Goro* mandel au mois de février 1782. D'Orves et Da Chemin, porteurs d'un projet d'alliance oflensive et défensive qu'ils devaient proposer à Hyder-Âli, ' munis de tout ce qu'avait pu leur fournir le zèle du gouverneur des iles de France et de Bourbon^ le vicomte de Souillac, couraient à leur but pleins d'ardeur, quand arriva à Souillac l'annonce qu'une nouvelle escadre allait partir de France avec six mille soldats et qu'une ordonnance royale, datée du 3 novembre 1781, avait nommé Bussy commandant des armées de terre et de mer et de toutes les colonies situées au delà du cap de Bonnc^Espérance. Boify Bomoié Lcs iustructions ministérielles portaient qu'au lieu ^chef"* d'embarquer sur l'escadre du comte d'Orves toutes
^'nodT* "^s troupes réunies à l'Ile de France, il fallait se s norembre 1781. feomer à l'cnvoi dc douzc à quinze cents hommes pour la défense de Ceylan, et se contenter, en attendant Bussy, de nuire au commerce des Anglais sans chercher des actions de guerre avec eux. Grand fut l'embarras du vicomte de Souillac. Comment faire j comprendre à Hyder-Ali le retrait d'une partie des troupes amenées par l'escadre du comte d'Orves et j le retour de cette flotte aux îles. Il se détermina à prescrire au comte d'Orves de transporter onze j
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