SUFFREN DANS L'INDU
cents soldats à Ceylan sous les ordres de M. d'Oflelize, et de laisser le reste des troupes, comniandées par Du Chemin, à Tarmée du sultan de Mysore^ Il expliqua, dans une lettre au nabad, les raisons qu'il avait pour rappeler la flotte à Bourbon, lui annonçant Tarrivée prochaine de Bussy, et lui envoyant une lettre de Louis XVI où le roi de France disait au sultan de Mysore : <c Nous sommes entièrement décidé à concourir avec vous à détruire les ennemis communs et à vous assurer, ainsi qu'à vos descendants, la paisible possession de vos Etats, quelques elTorts que fassent contre vous aucune puissance de TEurope ou de l'Inde. — C'est bien, répondit le vieux nabab, mais des vaisseaux et des soldats de suite vaudraient mieux, d
Le doute de Hyder, sur Tefficacité de l'appui qu'il devait recevoir de la France, était bien naturel, aussi, à l'annonce du départ prochain de la flotte, résolut-il de s'éloigner de la côte de Coromandel pour veiller à la conservation de la ville d'Arcot qu'il avait prise, et de se rapprocher de ses États. Mais ce retour de la flotte ne devait pas s'effectuer comme l'avait prescrit le ministère de Versailles. Les ordres de Castries n'atteignirent pas le comte d'Orves, mort sur son navire, mais le bailli de Suû'ren son successeur. Suffren, qui venait de tenir tête aux Anglais dans plusieurs rencontres, qui avait débarqué des troupes à Porto-Nove, non loin de Pondichéry, répondit en faisant voile pour Ceylan, que les directions venues de France étaient impossibles à suivre, que ce serait jeter Hyder et les princes indiens dans les bras des Anglais et, il apprit au ministre
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olâ LIVRE TROlSIfiME.
ce qu*n avait fait et la prise, par Du Cbemin, de Gondelour où les Français avaient trouvé trente-cinq pièces d'artillerie.
La résolution de Suffren, de poursuivre activement la campagne qu'il avait commencée, fut, du reste, justifiée par les événements.
Arjrivée do BuEjy BussjT, quittant la France le 1*' janvier 1782, avait
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de France, altcudu jusqu'au 15, à Sainte-Croix de Ténériff, les K%éé^ll\^ns, trente-deux bâtiments de transport partis de Brest tell décembre 1781, sous la garde de sept vaisseaux de ligne que commandait le comte de Guichen. La tempête ayant dispersé cette flotte, Guichen était revenu à Brest d'où il n'était ressorti que le 11 février, et Bussy, qui avait abordé le Cap le 10 avril, ne touchait à Tlle de France que le 1" juin 1782. A peine aux îles Bussy prépara l'expédition quil méditait, calculant qu'au 1*^ octobre il arriverait de France dix-sept vaisseaux de ligne, deux frégates et quarante-quatre bâtiments de transport chargés de troupes ce qui, y compris les hommes qui étaient à nie de France, lui aurait constitué une force de sept mille deux cents hommes, sans compter les Français qui étaient au service d'Hyder sous la conduite de Lallée et de Puymorin. Mais ces calculs furent encore déçus, les Anglais enlevèrent plusieurs transports, la tempête eii dispersa d'autres, et lorsque le chef du convoi, de Peynier, arrivé au Cap le 2 août, aborda à Bourbon le 29 octobre, il avait ses vaisseaux chargés de mahdes, la moitié des hommes qu'il amenait périt d'une fièvre épidémique, et Bussy ne put passer dans rinde, au mois de décembre, qu'avec deux
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