‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 167 sur 177 · DES LETTRES DE CACHET ET DES PRISONS D'ÉTAT · texte numérisé non relu

DES LETTRES DE CACHET ET DES PRISONS D'ÉTAT

Lînguet écrit â la fin de son ouvrage : « Tandis qu'on imprimait ces mémoires, on m'a envoyé un livre intitulé : Des lettres de cachetSy etc. Je suis fâché que cet ouvrage soit anonyme, parce qu'il semble par là en avoir moins d'authenticité. II met au jour les mystères du Donjon de Vincennes. »

Le nom deTauteur ne tarda pas à être connu, et Des lettre» de

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les nouvellistes qui nommèrent Mirabeau fils, donné- pnsons d*État, rent sa biographie, et racontèrent la manière roma- ^"^Mi'rabe^ nesque dont il s'était marié. Le comte de Mirabeau loin d'éviter^ comme Linguet, toute discussion sur la légitimité des prisons d'État et, par conséquent, des lettres de cachet, déclarait a que la prérogative royale par laquelle un citoyen peut être détenu prisonnier en vertu d'une lettre close, sans aucune forme judiciaire, était une violence réprouvée par les lois françaises, que fût-elle fondée sur un titre légal, elle n'en serait pas moins illégitime et odieuse, parce qu'elle répugne au droit naturel, parce que les détentions arbitraires sont destructives de toute liberté et que la liberté est le droit inaliénable de tous les hommes... J'ai médité longtemps mon sujet, dit-il, je crois l'avoir envisagé sous toutes les faces... C'est au milieu de la vie la plus errante et la plus agitée, que j'ai acquis le très petit nombre de connaissance que je possède... Séparé de mes amis, privé de livres, de correspondance, de liberté, de santé... On ne saurait être embarrassé de plus d'entraves; mais libre ou non, je réclamerai jusqu'à mon dernier soupir les droits de l'espèce humaine. Et quel moment plus propre à combattre le despotisme que celui où l'on gémit sous ses liens? » Dans

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un premier chapitre il examinait les lettres de cachet relativement au droit positif et au droit naturel, faisant des digressions sur la cruauté des Valois, sur Louis XI qu'il appelle le Tibère de la France, dans le troisième il parle des prêtres avec une étrange violence de langage. « Si rétablissement d'une religion est nécessaire à l'organisation de la société, dit-il, il faut nécessairement un ordre sacerdotal. M. de Montesquieu, observe que les peuples qui n'ont point de prêtres sont ordinairement barbares. La raison n'est pas difficile à deviner. Chez tous les peuples de la terre les premiers arts ont été ceux de la domination et de la cupidité ; aussi Tune des premières industries que Ton remarque, dans toutes les sociétés naissantes, est celle des jongleurs et des prêtres. . . Ce ne sont pas là des idées systématiques. •• observez, dans les forêts de la Germanie. •• et les peuples épars dans l'Océan pacifique, les différentes périodes de la civilisation des sociétés, vous verrez que la marche uniforme des institutions humaines est telle que nous l'indiquons..., si quelques hordes n'ont point de prêtres, ces peuples ne sont point barbares parce qu'on n'exerce pas chez eux un tel métier, c'est leur barbarie ou leur stupidité qui est si complète que le métier de prêtre n'y est point lucratif; quoiqu'il en soit, où se trouve un culte le sacerdoce s'y trouve aussi... Les prêtres acquièrent... le plus grand ascendant sur les peuples... Avides et usurpateurs... ils sèment sans relâche la superstition... et bientôt ses fureurs pour augmenter leurs prérogatives et leurs richesses... Telle fut l'origine de l'intolérance qui a embrasé le

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