AGITATION DES ESPRITS
de la noblesse dans cette contribution et amener une répartition plus justeentre les citoyensquila payaient, et la noblesse avait exigée avec persistance, que ses charges fussent diminuées. Les États, affirmant leur droit de s'occuper de la magistrature, sollicitèrent avec chaleur le retrait des défenses qui leur avaient été signifiées en 1772, et, malgré la concession que leur fit le roi sur cette prétention,legouvernement se trouva en face d'une résistance inattendue quand il voulut régler les affaires qui concernaient les mendiants et la milice de la province. Un arrêt du Conseil fixant le nombre de couverts que les présidents des ordres et les commissaires royaux pourraient avoir à leur table causa la plus vive rumeur, et amena des discussions violentes dans Tordre de la noblesse et du tiers, pour une affaire qui n'avait pour objet, comme l'écrit le ministre de la maison du roi au marquis d'Aubeterre, « que de ramener une économie nécessaire dont les États eux-mêmes avaient déjà pensé qu'on s'était trop écarté». Lorsqu'il fut question d'un secours extraordinaire à procurer à l'État par un impôt de 4 sous par livre sur les contributions, la noblesse demanda avec acharnement que la diminution de 200,000 livres, consentie par le roi, fût doublée, et sa résistance ne fut vaincue qu'après les plus vives contestations, a Ce qui s'est passé aux États, écrit Amelot à l'intendant Case de la Bove, dans leurs séances des 25 et 36 octobre, prouve que la disposition des esprits est bien changée. » Le gouvernement dut céder aux exigences des États, qui, ne voulant pas confondre les finances de la Bretagne avec celles de la France, demandèrent que le eau-
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tionnement du trésorier de la province ne fût pas versé dans les caisses publiques, mais bien au greffe, a comme propre à la province », et le ministre Amelot félicita révêque de Rennes d'avoir habilement profité d'un moment a favorable pour éviter à M"* la marquise d'Aubeterre et à M!^ la marquise de Seront le désagrément du refus des gratifications d'usage ». Rien n'avait pu affaiblir l'esprit d'opposition, et ce fut en vain que le duc de Penthièvre fit connaître qu'il avait reçu du roi deux lettres d'anoblissement pour exciter, comme l'écrit le ministre, le zèle des membres du tiers, « par l'espérance que chacun d'eux pourra concevoir de voir ces faveurs retomber sur lui en tenant une conduite agréable au gouverneur de la province ».
Ces États si agités se terminèrent par le choix de députés à envoyer à la cour et à la Chambre des comptes, qui n'étaient pas ceux que recommandait le duc de Penthièvre. Sa Majesté, écrit le ministre à rintendant, est dans l'intention ce de ne pas souffrir qu'ils remplissent aucune fonction de leurdéputation, ni qu'il soit employé à leur profit aucune somme dans l'état des fonds ». Il s'ensuivra, dit-il à révêque de Rennes, en blâmant la persistance du tiers et de la noblesse, de n'avoir pas voulu imiter l'exemple de l'Église, que « les États n'auront pas de* députés, car le roi est très décidé à ne pas les recevoir ». Un arrêt du 1*' mars 1777 cassa les déhbérations prises pour la nomination de ces députés ; mais le tiers et la noblesse, fatigués de ces droits mensongers, qui n'étaient concédés qu'à la condition de n'en pas user, répondirent à cette sorte de défi