‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 39 sur 177 · FRANKLIN A VERSAILLES · texte numérisé non relu

FRANKLIN A VERSAILLES

et son beau*père, le prince de Condé, paraissant dans sa loge peu après son arrivée, provoquèrent des bravos qui furent loin d'être aussi accentués à l'apparition de la reine et de la comtesse de Provence. f Monsieur, dit un journal, a fait peu de sensation, et le comte d'Artois, arrivé le dernier, n'a recueilli que des battements de mains de décence... M. le duc de Chartres ne s'est pas montré à la Comédie ; il craignait de n'y pas jouer un beau rôle. Le public a été indigné d'apprendre que, depuis faventure de sa sœur, il eût continué à vivre avec le comte d'Artois dans la même intimité. »

L'opinion publique se résuma du reste, suivant l'habitude, dans des vers moins poétiques dans leurs expressions que méprisants pour les personnages engagés dans cette querelle :

Bourbon se tait et se lamente, L'époux menace et se présente; D'Artois se Tante, puis mollit ; De Chartres rit et s'aTillit.

Dans le mois même où la nation jugeait ses prankiiopréneotè princes avec ce dédain, Franklin était présenté au '^^éSÏÏ"' roi à Versailles. « Assurez de mon amitié les États- "^^^^^^ Unis d'Amérique, lui dit Louis XVI en l'accueillant ; ^^ SSfta^nis je suis très satisfait en particulier de la conduite »»r»4778. que vous avez tenue dans mon royaume. » Le premier commis des affaires étrangères était au même moment désigné comme ministre plénipotentiaire de France près des États-Unis *.

* Histoire générale et raisonnée de la diplomatie française^ par Fias> un, tome VI, p. 150 et suiv., 156, 158 et suIt. 1809, in-8. — Correspondance seerête sur Louis XVI et Marie-Antoinette, publiée par Lescure, lome I, p. 148 et suiv., 153.— Histoire de la guerre de Vindépendance des Ètats^Unis^ par Botta, tome 111, p. 243 et suiv., 257. - Cor-

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U2 LWm PREMIER.

Voltaire était depuis un mois à Paris, quaad se passaient ces événements graves et frivoles, qui avaient la double conséquence d'affermir les sérieuses aspirations du pays et d'affaiblir la considération des chefs de la France.

Voltaire Voltairc avait salué avec une espérance à la fois

'fé/rter 4778*' patriotiquc et personnelle Tavénement de Louis XVL Mais le retour des Parlements, le pouvoir donné à Maurepas, jetaient le trouble dans cette âme impressionnable, susceptible des plus grandes audaces et parfois des craintes les plus puériles. < Il m'a dit, écrit M"** Suard, en 1775, que M. Seguier était venu le voir en passant à Ferney, il y a peu de temps ; et là, Madame, à la place que vous occupez (j'étais assise auprès de son lit), ce Seguier m'a menacé de me dénoncer à son corps, qui me ferait brûler s'il me tenait. » M""' Suard lui répondit : « Monsieur, ils n'oseraient. — Et qui les en empêcherait ? — Votre génie, votre âge, le bien que vous avez fait à l'humanité, le cri de l'Europe entière. Croyez que tout ce qui existe d'honnête, tout ce que vous avez rendu humain et tolérant se soulèverait en votre faveur. » Voltaire lui répliqua en riant : <r Eh 1 Madame, on viendrait me voir brûler, et on dirait peut-être le soir : C'est pourtant bien dommage. 3)

respondanet seerètt entre Marie-Thérèse et le comte de Merey^ tome III, p. 174. — Mémoires secrets pour servir à l^ histoire des lettres, tome XI, p. U4, 149, 153 et suiv., 155 et suiv., 164. — Mémoires de Besenvah tome ÎI, p. 50 et suiv. — Archives nationales, K.164. Lettres de Louis XVI au roi d'Espagne, lui annonçant qu'il a fait un traité avee les Ëtats-Unif, 8 janvier 1778. Leitie de Louis XVI annonçant au roi d'Espagne qu'il a communiqué le traité qu'il a fait, 9 mars 1778. Réponse du roi d'Espagne, copiée de a main de Louis XVI, et adressée à Vergennes, du 22 mars 177S.

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