‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 59 sur 177 · LA GUERRE EST DÉCLARÉE · texte numérisé non relu

LA GUERRE EST DÉCLARÉE

contre de la Belle-Poule^ vînt sommer la Clocheteric de se rendre auprès de l'amiral Anglais. Sur son refus, le sloop revint à VAréthuse qui ordonna de nouveau au navire français de se rendre vers le vaisseau amiral, et, sur un second refus lâcha une bordée de ses canons qui commença un combat entre les deux navires distants l'un de l'autre d'une portée de pistolet. Le tir des Français désempara dès les premiers moments le navire Anglais qui reçut plus de cinquante boulets sans pouvoir riposter et aurait été pris si La Clocheterie n'eut couru vers les côtes de Bretagne pour éviter la flotte anglaise, et mettre son navire à l'abri de rochers situés non loin de Plouescat. Deux jours après il rentrait dans Brest.

d Le combat a été sanglant écrivit-il au ministre le lendemain de l'action, j'ai cinquante-sept blessés, je ne sais pas encore au juste le nombre des morts, mais on croit qu'ils passent quarante... Je ne saurais trop louer la valeur intrépide et le sang-froid de mes officiers... M. de La Roche, blessé après une heure et demie de combat est venu me faire voir son bras, a été se faire panser et est venu reprendre son poste... M. Bouvet, blessé assez grièvement n\i jamais voulu descendre... M. de Bastrot et de La Galernerie. . . se sont comportés en gentilshommes français. Je suis tout dégréé, mes mâts ne tiennent à rien, le corps de la frégate, les voiles, tout en un mot, est criblé de coups de canons et je fais eau. » Puis il ajoutait dans une phrase incidente : a Deux contusions : Tune à la tête, l'autre à la cuisse, me font souffrir actuellement, de manière que je n'aî

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Lettr« de Louis 1( VI

au duc de Penthièvre, 10juUletl778.

guère la force d'écrire plus longtemps... Mes blessures ne sont pas dangereuses. »

Le roi s'adressant, à la nouvelle de celte sanglante rencontre, au grand amical de France, sortit de suite de la situation équivoque qui régnait sur les relations de la France avec sa voisine : « L'insulte faite à mon pavillon par une frégate du roi d'Angleterre envers ma frégate la Belle Poule ^ écrivit-il; la saisie faite, par une escadre anglaise, au mépris du droit des gens, de mes frégates la Licorne et la Pallas,.,. la confiscation des navires appartenant à mes sujets... contre la foi des traités,... m'ont forcé de mettre un terme à la modération que je m'étais proposée,... la dignité de ma couronne et la protection que je dois à mes sujets exigent que j'use de représailles, que j'agisse hostilement contre l'Angleterre et que mes vaisseaux attaquent et tâchent de s'emparer ou de détruire tous les vaisseaux, frégates et autres bâtiments appartenant au roi d'Angleterre... Je vous fais cette lettre pour vous dire, qu'ayant ordonné... aux commandants de mes escadres et de mes ports de prescrire aux capitaines de mes vaisseaux de courir sus à ceux du roi d'Angleterre... vous fassiez délivrer des commissions en course à ceux de mes sujets qui en demanderont *. »

« Arekivet du ministère de la marine (Carten 76. Notes anglaises et espagnules. Forces navales anglaises). Pièce secrète envoyée en France par l'ambassadeur d'Espagne à Londres. Lettres secrètes de l'ambassadeur d'Espagne à Londres d'Exavano au comte d*Aranda, ambnssadear à Paris, 22, 28, 29 mai 1778. Traduction d'une lettre autographe des envoyés aniéi-icains en 1773. La réponse communiquée aux envoyés américains est conservée arec celte note : À porter aux matériaux à une nouvelle ordonnance de la marine pour, le commerce (Carton 76, Campagnes). Extrait du journal de bord, lettre autographe de Chadeau de la ClocliCte-

ii mai 1778.

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