COMBAT NAVAL DE LA BELLE POULE
Mais si une armée française ne devait pas mettre le pied sur le sol de rAnglelerre» la guerre n'en était pas moins imminente entre les deux peuples.
D'après un état de la marine anglaise, envoyé de Londres par l'ambassadeur d'Espagne, la Grande- Bretagne disposait, au 15 mars 1778, de deux cent cinquante-huit navires armés de 7,950 bouches à feu. Cent de ces vaisseaux se trouvaient en Europe, cent quarante-neuf en Amérique et le reste était dispersé dans les mers de l'Asie ou de l'Afrique.
L'amiral Byron concentré à Plymoulh, eut Tordre de se réunir à Tamiral Keppel, quand celui-ci, parlant de Portsmouth, passerait en vue de son escadre pour aller combattre la flotte française à sa sortie de Brest. L'embargo fut mis sur tous les bâtiments marchands engagés dans la Tamise, et l'ardeur des officiers pour se procurer des matelots était telle, que le maire de Plymouth en fit mettre en prison pour s'être emparé de force de marins qui étaient sous la protection de la ville. Quoique la guerre ne fut pas officiellement déclarée entre la France et l'Angleterre, il ne se passait pas de jour sans qu'un ' vaisseau anglais ne s'emparât de bâtiments marchands français ou que des corsaires français ne vinssent enlever des Anglais ^ur le sol même de la Grande-Bretagne. Les vaisseaux américains entraient furtivement dans les rades ou les ports de
1845, in-%, tome IV, p. 3G6 el suiv ; tome V, p. 170 et suiv. — Histoire du développement intetleeiuel de VEurope, par J.-V^. Draper, traduit de ranglai». Paris, I8t)9, in-8, tome 111, p. 123 et my,^ Mémorial de Sainte Hélène, par Las-Cases. Pans, 1823, in-8, tome II, p. 83; Vif, p. 147.
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TÂngleterre, et quatre de leurs capitaines de navires, Wickes, Johnson^ Gunningham et Thompson, capturèrent, en peu de temps, plus de cinq cents matelots. Ne pouvant, sur le refus des Anglais les échanger contre des prisonniers de leur nation, ils étaient obligés de les rendre à la liberté dès iear arrivée en France ou de les garder sur leurs na^ vires en jetant l'ancré dans des rades ou des ports extérieurs. Les ministres français conservant jusqu'au dernier moment l'apparence du respect pour les prescriptions du traité d'Utrecht, n'avaient pas voulu sortir des règles d'une mensongère neutralité, quand un sanglant combat, engagé par les Anglais, finit par amener les deux nations voisines et rivales sur le terrain d'une guerre désirée de part et d'autre avec passion.
Combat Sortie de Brest le 15 juin, la frégate la Belle*
la Beiie%ouie, PoUle arméc de vingt-six canons, se trouvait, deux 17JWD1778. j^y^g après, entre le cap Lizard et Plymoulh, vers les dix heures du matin, quand ses matelots montés siir les mâts apperçurent des navires dans le lointain. Averti peu d'instants après ce premier avis qu'il s'agissait de vingt bâtiments de guerre, le capitaine Chadeau de La Clocheterie, prescrivit à deux bâtiments de force inférieure à sa frégate, qui le suivaient à une assez grande distance, de virer de bord et de prendre les mesures nécessaires pour échapper aux Anglais. Vers les six heures, un sloop * portant dix canons, qui précédait la frégale anglaise VAi'éthtise, courant à pleine voile à la ren-
f Bâtiment ù un itul mât.
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