‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 66 sur 177 · T 4» par Laftyette sur · texte numérisé non relu

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ressèment complet de toute personnalité, Lafayette lui-méme. répondit le jour même : ce Chaque témoignage d'une affection si chère, si précieuse, remplit mon cœur de joie. Plus vous me connaîtrez, plus vous trouverez en moi un tendre et respectueux attachement et une invariable franchise. Mais après ces mérites, je dois vous avouer que les autres sont encore à découvrir. Je n'ai jamais si vivement souhaité d'être doué d'immenses talents, je pourrais alors être un peu utile à votre bonheur, à votre gloire aussi bien qu'à la mienne. Quel honmie ne joint pas la pure ambition de la gloire à cette autre amibition d'avancement de rang et de fortune? Pour moi, dans mon ardent amour pour elle, je ne supporte pas l'idée qu'un si noble sentiment soit mêlé à des sentiments peu élevés. »

Noble élan d'un cœur qui devait toujours rester le même. Affirmation^ chez un jeune homme, d'une grandeur morale qu'aucun événement ne devait affaiblir.

Le Congrès, persévérant dans la voie hostile où il Lecongrèidécide

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S était engage, décida, de concert avec son nouveau contre le canada, conseil de guerre, c'est-à-dire sous l'influence Gates, ^*°^ ^' une expédition contre le Canada, et promut, pour la

diriger, Lafayette au grade de général en chef indépendant. « J'aime mieux que ce soit pour vous que pour tout autre », dit Washington, en passant à son jeune ami sa nomination et Tordre qui lui annonçait la résolution des représentants de l'Amérique, La* fayette surpris, mais non ébloui, courut immédiatement aux commissaires du Congrès, venus dans le camp, pour leur déclarer qu'il n'accepterait jamais un commandement indépendant du général, puis courant à York-Town avant d'aller à Albany, où il avait reçu Tordre de se rendre, il déclara au Congrès « qu'il lui fallait des ordres détaillés, un état des moyens, la sécurité de ne pas tromper les Canadiens... Enfin, dit-il, « la condition première est de n'être pas, comme Gates, indépendant du général Washington. »

Le lendemain même de cette décision du Congrès, Washington toujours calme, toujours ferme, affirmait d6 nouveau, dans une lettre, qu'il n'avait accepté le commandement, « qu'avec cette défiance de soi-même, produite chez tout homme non dépourvu de quelques connaissances, par la crainte de ne pouvoir satisfaire à tout ce qu'on attendait de lui; qu'autant que ses facultés le lui avaient permis il avait rempli son devoir, regardant aussi invariablement le but qu'il devait atteindre, que l'aiguille aimantée regarde le pôle; que dès que la nation n'agrérait plus ses services, ou qu'il se présenterait un homme plus capable que lui de répondre au vœu général, il abandonnerait le timon, et rentrerait dans la condition privée avec le même plaisir que le pèlerin fatigué, après un voyage périlleux, arrive

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