WASHINGTON DÉFENDU PAR LA NATION
à la Terre-Sainte ou au port de TEspérance... Que si ses efforts n'avaient pas répondu à Tespoir de ses concitoyens, personne n*en était plus sincèrement affligé que lui; mais qu'il croyait devoir ajouter qu'il viendrait un jour où un mystère impénétrable ne serait plus nécessaire au salut de l'Amérique. »
La nation et l'armée ne s'associèrent heureuse- co^te proToqnée ment pas à ce ténébreux complot. Un cri de colère etp^iiiSTprins'éleva parmi les soldats et les principaux citoyens ^^m^^ du pays, à la nouvelle de cette intrigue coupable, ^^^i^^ Conway n'osa pas affronter l'indignation des soldats, et Samuel Adams, qui avait cédé à son exaltation patriotique, dut éviter de se présenter devant eux. Le Congrès maintint fermement le commandement dans les mains auxquelles il l'avait confié, et prit des mesures pour la réorganisation de l'armée S Washington la demandait avec d'autant plus d'instance que la nouvelle de renforts envoyés d'Angleterre, lui faisait vivement désirer d'attaquer Howe avant leur venue. L'armée n'était mise en état d'agir que vers la fin de mai, mais la lenteur des Américains fut compensée heureusement par celle de leurs adversaires qui remplacèrent le général. Howe par Clinton, et se trouvèrent fort embarrassés dans le recrutement de leur armée. A peine Clinton était-il
* Archives du ministère de la marine (Carton 77). Lettre de Silas- Dean à M. d'Estaîng, à bord du Languedoc^ 11 mai 1778. — Histoire de la guerre de Vindépendance des États-Unis, par Botta, tome III, p. 149 et suiv., 167 et suiv., 171 et &uiv., 177 et aaiv., 181 et suiv., 188 et suiv., 190 et 8uiv., 195 et sui?., 298 et suiv. — Mémoires, correspondances et manuscrits du général Lafayette, tome 1, p. 37 et suiv., 39 et suiv., 72 et Bttiv.., 131, 135 et suiv., 140 et suiv., 142, 199 et suiv. — ffu^ory ofthe reign of George 111, by Edward Baines. Leeds, 18*20, in-4, tome I, p. ^58 et suiv.
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installé à Philadelphie, que l'Angleterre apprit le départ d'one flotte française pour rAmérique. Lettre dos Jugeant ralUance entre les colonies et la France
délégués anglais a. ^ , i//».. % ••
aa Congrès et prête a se conclure définitivement, les ministres de ducTgrès, la Grande-Bretagne envoyèrent à la hâte Tordre à
^"*" mi"'"^^ leurs représentants dans le nouveau monde, lord Carlisle, William Eden, le gouverneur Johnston et le docteur Fergusson, de faire les derniers eflbrts pour réconcilier la mère-patrie avec ses colonies. Ils proposèrent au Congrès de « cesser toute hostilité sur terre et sur mer, de rétablir la liberté du commerce et de l'étendre » autant que pourrait l'exiger Tintérêt des parties. Il n'y aura, disaient-ils, aucunes forces militaires dans les différents États de l'Amérique, sans le consentement du Congrès... Les mesures les plus efficaces seront prises pour payer les dettes de TAmérique et donner crédit et valeur à la circulation du papier... Les différents États enverront en Angleterre une députation dont les membres siégeront et auront voix au Parlement de la Grande-Bretagne, et ceux envoyés d'Angleterre auront le même privilège dans les assemblées des États... Les assemblées auront le droit de disposer <ies revenus des provinces, de faire leur établissement civil et militaire. y> Us ajoutaient à la suite de ces larges concessions : « Dans notre inquiétude de conserver ces intérêts essentiels et sacrés, nous ne pouvons nous dispenser de faire attention à l'insidieuse interposition d'une puissance qui, dès le premier établissement des colonies, agissait avec inimitié contre elles, mais qui, prévoyant la pacification de ces colonies avec la Grande-Bretagne, est venue •
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LES DÉLÈGUES ANGLAIS Et LE CONGBÉS. 23?
leur offrir alliance, afin d'empêcher cette réunion et et prolonger une guerre destructive. Nous espérons qne les habitants de TAmérique du Nord, liés avec nous par les nœuds du sang, parlant le même langage,... ôteront de leurs idées de devenir une augmentation de force à notre dernier et mutuel ennemi, et préféreront une ferme, libre, et perpétuelle union avec un Etat frère à une infidèle alliance étrangère. j> Ils terminaient en proposant une réunion avec des commissaires délégués par le Congrès, soit à New-York, soit à Philadelphie, soit à York-Town, prenant le ciel et tout le monde à témoin que si les horribles dévastations de la guerre continuaient il ne serait pas possible d'en imputer les malheurs à la Grande-Bretagne.
A ces insinuations contre la France destinées à jeter la défiance entre deux alliés, le Président des députés de l'Amérique répondit immédiatement : a II n'y a que l'ardent désir d'épargner une plus longue effusion de sang qui ait pu nous engager à lire un papier contenant des expressions si irrespectueuses à Sa Majesté très chrétienne^ le bon et le grand allié de ces Etats, et à entendre des propositions si contraires à l'honneur d'une nation indépendante. Les actes du Parlement résidant à Londres, la com* mission de votre souverain et votre lettre traitent ces pays-ci^ comme s'ils étaient sujets de la couronne d'Angleterre ets'appuientsur une idée de dépendance qui est entièrement inadmissible... Le Congrès est disposé à finir toute hostilité malgré les injustes prétentions qui ont amené la guerre et la manière dont elle a été conduite, il sera prêt à entrer en arran-
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gement de paix et de commerce, cpiand le roi aura> montré la sincérité de ses dispositions par une entière reconnaissance de notre indépendance et la retraite de ses flottes et de ses armées. »
Les commissaires anglais poursuivant leur but ne se rebutèrent pas. « Vous nous proposez deux alternatives, écrivirent-ils de nouveau au Congrès,,.. Tune est la reconnaissance formelle de l'indépendance des États de l'Amérique : nous ne disputerons pas avec vous sur les mots, mais en laissant au peuple de l'Amérique du Nord l'entier privilège de disposer de ses propriétés et de se gouverner sans avoir d'autres rapports avec la Grande-Bretagne que ceux nécessaires pour conserver une union qui fait notre sécurité mutuelle, nous pensions que nous avions reconnu autant qu'il peut se faire son indépendance,... l'autre alternative, propose que Sa Majesté retire ses flottes et son armée.
« Nous ne doutons point des dispositions de Sa Majesté, d'éloigner tout sujet de mécontentement des colonies. Cependant, il y a des circonstances de précaution contre notre ancien ennemi, qui, jointes à la protection que nous devons à plusieurs personnes, qui par attachement pour la Grande-Bretagne, se sont exposées dans cette guerre,... ne nous permettent pas de commencer par cette mesure. La première avance à la paix dépendrait donc plutôt des regards favorables que vous apporterez à la réconciliation de vos propres citoyens avec ceux de la Grande-Bretagne,... vous renvoyez aux traités déjà subsistants, nous vous prions de nous informer de leur nature et de leur but, s'ils sont en quelque