‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 73 sur 177 · VICTOIRE NAVALE DES FRANÇAIS · texte numérisé non relu

VICTOIRE NAVALE DES FRANÇAIS

passé celle du roi» les ennemis étaient coupés. Je pense le contraire... ce qui tranche la difficulté c'est que M. Lamothe-Piquet et plusieurs autres vaisseaux pleins d'ardeur et de zèle, n'ont pu virer que deux heures après que j'en ai fait le signal, non pas pour couper mais simplement pour reprendre la ligne ^ x>

* Le comte d'Estaing fait aUusion i un biftme de sa conduite dans une relation de l'affaire de la Grenade non signée {Archives de la marine. Oimpagnes. Carton 78), où il est dit, à propos d'an mouvement de l'escadre au milieu du combat : « Dans cet instant, il suffisait de faire virer notre avant-garde par la contre-marche ; nous nous mettions entre le convoi et les vaisseaux de guerre, et, par cette manœuvre, nous étions les maîtres, on de prendre le convoi, ou de chasser et de prendre qnantité de vaisseaux de guerre anglais dont quatre sur dix-neuf étaient déjà désemparés; nous avons perdu le bon moment Ainsi nous avons vu finir une journée sans aYoir tiré le moindre avantage de notre nombre supérieur,

des positions que nous avions et qui nous permettaient d'écraser l'escadre de Byron.... Jamais, au grand jamais, la France ne trouvera une si belle occasion, n Le mémoire de Parisot (Correspondance générale) cite un extrait d'un rapport de l'amiral Byron qui confirme Tassertion de d'Estaing en montrant qu'il avait rendu cette manœuvre impossible. « Je tins, dit-il, 'e vent pour empêcher l'ennemi de nous doubler et de couper nos trans» ports. »

D'Estaing était voué, du reste, à être calomnié, car nous trouvons dans le tome III, p. 29 du livre de M. Feuillet de Couches (Louis IVI, Marier- Antoinette et Jf"* Elisabeth), le résumé Je plus violent de toutes les colères qui existaient contre lui dans le corps des officiers de la marine. Ce résumé est terminé par une accusation contre d'Estaing d'avoir déposé contre la reine devant le tribunal révolutionnaire. « Lui, ancien marin du père de Louis XVI, ajoute M. Feuillet de Conches, on le vit tout à coup^ transformé en ardent patriote et courtisan de tous les pouvoirs, déposer contre Marie- Antoinette. )> Voici sa déposition telle qu'elle est au ifomleur du 30 du premier mois de l'an II de la République française : Q Charles-Henri d'Estaing, ancien militaire de terre et de mer au service de France, déclare qu'il connaît l'accusée depuis qu'elle est en France, qu'il a même à se plaindre d'elle; mais qu'il n'en dira pas moins la vérité, <iu'ii n'a rien à dire de relatif à l'acte d'accusation. — Le président au témoin. Est-il à votre connaissance qne Louis Capet et sa famille devaient partir de Versailles le 5 octobre? — Le témoin. Non. — Le prési- ^l* Avez-vous connaissance que les chevaux aient été mis et ô!és pluôeurs fois? — Le témoin. Oui. — Le président. Avez*vous été an château «0 jour-là ?*-JU témoin. Oui. — Le président. Y avez- vous vu l'accusée? '^ le témoin. Oui.— Le président. Qu'avez-vous entendu au chftteau?-^

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D'Estaing obligé Lcs Américains délaissés par la flotte française, se

Bïè^7eslliiu' plaignaient vivement dé Tabandon de leurs alliés,

""^ Ms^au?, "° quand d'Estaing revenu à Saint-Domingue le 1 5 avril,

n octobre 1779. gpp3j»gi||g^ p^^p ]gg jjjjgp ^ la rcpriso de la capitale

de la Géorgie. Parti avec vingt-deux vaisseaux, dix frégates et trois mille hommes de troupes de terre il débarqua à l'entrée de la rivière la Savannah, après avoir vainement essayé de la remonter en bateaux jusqu'à la ville quilui donne son nom. Le 22septembre elle était investie et le siège commençait. Préoccupé de sa flotte qui était mouillée sur une côle peu sûre toute Tannée et dangereuse surtout à l'époque où il Tabordait, vivant dans la crainte de voir les navires anglais apparaître au moment où une partie de ses équipages seraient à terre, d'Estaing avait déclaré au général Lincoln qu'il ne pouvait l'aider que durant peu de jours. Il pressait le siège avec passion, quand voyant le temps qu'il s'était fixé s'écouler sans résultat, il résolut un coup de force et ordonna un assaut le 9 octobre. Soldats et officiers s'élancèrent avec intrépidité, mais la résistance fut aussi énergique que l'attaque. Cinq cents hommes tombèrent dans les rangs des Français et des Américains, et d'Estaing, n'ordonna la retraite qu'après avoir été atteint deux fois par une balle. Elle eut lieu dans le plus grand ordre, et le 22 octobre toutes les troupes avaient regagné leurs vaisseaux. Le comte

Le témoin. J'ai entendu des conseillers de cour dire h Taccusée que le peuple de Paris allait arriver pour la massacrer, et qu*il fallait qu'elle partit ; à quoi elle avait répondu avec un grand caractère : Si les Pvi* siens viennent ici pour m'assassiner, c^est aux pieds de mon mari que je serai; mais je ne fuirai pas. — Vaceusée, C'est exact ; on voulait m'engtger à partir seule, parce que, disait-on, il n*y avait que moi qui couriit des dangers; je fis la réponse dont parle le témoin. »

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