‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 75 sur 177 · d'Ouessant · texte numérisé non relu

d'Ouessant

voyant Keppel sur le point de s engager avec son S7jaiiieti778. arrière-garde, l'escadre bleue, il donna le signal à ses navires de virer de bord de manière à faire de son arrière-garde son avant-garde et de son avant-garde son arrière-garde. Forcé par cette manœuvre de défiler devant la flotte française, Keppel reçut successi* vement la bordée de tous les bâtiments français et la leur rendit. D'Orvilliers trouvant la position des vaisseaux anglais plus favorable que la sienne au point de vue du pointage des- canons, ordonna une manœavre qui, d'après son journal de bord a mal comprise ou mal exécutée, n'obtint pas tout le succès qu'il espérait d mais elle força Keppel de rétrograder et les Français suivant les Anglais depuis deux heures de l'après-midi jusqu'au lendemain offrirent le combat sans pouvoir le faire accepter.

La nouvelle d'une bataille avait été reçue, au premier moment, comme celle d'une victoire par le peuple de Londres, quand les dépêches embarrassées de l'amiral Keppel vinrent refroidir l'enthousiasme du premier moment et le changer subite^

Ion 78. Lettre, de d'EsUiog, du 29 juin 1779. Supplément à la GaxeHe de (a Martinique du 24 juin 1779. Traduction d'une lettre de lord Macartney, gouverneur de la Grenade, à milord Germaine, 5 juillet 1779. Autre lettre du même an même, 7 juillet 1779. Le.ttre de d'Estaing 8ur ïord Mactrtney, 14 juillet 1779. Lettre de d'Estaing au ministre de la manne, 12 juillet 1779. Carton 79. Relation officielle du combat de la Grcnode. Correspondance générale. Lettre autographe du chevalier de Mastac au ministre sur l'expédition du comte d'Estaing, 9 décembre 1779. Précis . de la campagne de M. le comte d'Estaing, depuis son départ de la Martinique (une page imprimée à Nantes chez Malassis, imprimeur de la ville ei palicc, place du Pilori, 14 décembre 1779). -- Correspondance secrète iiiédite sur Louis XVI et Marie- Atoinette, publiée par Lescure, tome I, p.275. • . >

ment en un accès de colère. L'amiral passa devant un Conseil de guerre et Brereton, un de ses capitaines dont le vaisseau n'avait pas combattu, étant déclaré incapable de commander désormais et in* digne de servir, fut insulté par la populace qui attacha à sa chaise de poste l'inscription infamante Byng le Poltron^ en souvenir du malheureux amiral condamné à la suite de la perte de Minorque. Le duc de Char. L'émotiou dcs frauçais fut des plus vives quand

1res à Paris. , r r T

Enthousiasme, ils surcut quc Ics Âuglais avaient eu quatre cents désappointement, scpt morts ct scpt ccut quatre-vingt-neuf blcsscs, que dix-sept de leurs vaisseaux étaient hors de combat, que le chef de Tescadre blanche et bleue Duchaffaut avait eu l'épaule brisée, que son fils était griève* ment blessé, et qu'un prince du sang se trouvait sur un des navires les plus engagés dans la mêlée. Chacun se félicita en apprenant que trois navires français seulement avaient été désemparés et le roi écrivit au comte d'Orvilliers : « Vous avez dignement justifié le choix que j'ai fait de vous pour votre bonne conduite et vos habiles manœuvres, i» Lorsque le duc de Chartres, porteur de cette heureuse nouvelle arriva à Versailles, l'abbé de Launay lui présenta une pièce de vers à sa descente de carrosse et les courtisans, pressés dans les escaliers et les salons du palais, le félicitèrent à l'envi des uns des autres. Accueilli à merveille par le roi qui lui donna le grade de lieutenant-général de terre et le chargea de porter la grande croix de Saint-Louis à d'Orvilliers, le duc trouva en accourant dans la capitale pour re* cueillir l'approbation des Parisiens à l'Opéra, que son hôtel était cerné par la foule. Il dut paraître à un

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