‹ La France sous Louis XVI (volume 4)Chapitre 78 sur 177 · FAVEUR ACCORDÉE AU DUC DE CHARTRES · texte numérisé non relu

FAVEUR ACCORDÉE AU DUC DE CHARTRES

une des qualités les plus nécessaires du gentilhomme, ^^l^^^^"^ chercha dans une faveur royale une réponse à une coiond-générai outrageuse imputation. <e Le duc de Chartres, écrit troupe» lôgèrc»,

xr «l'i** • \i i« 1 oOTembre 1778.

Mercy, mculped avoir nui au succès du combat naval d'Ouessant, et qui, par cette raison, se trouvait engagé dans de fâcheuses tracasseries avec les chefs de la marine française, eut recours à M. le comte d'Artois qui, détermina la reine à appuyer le duc de Chartres de toute sa protection. Il y fut question des moyens de retirer honorablement ce prince du sang du service de la marine et de lui procurer à titre de récompense, quelque grâce signalée. On imagina à cet effet de faire créer la charge nouvelle de colonelgénéral des houssards et troupes légères. Le roi répugnait beaucoup à de semblables projets et il fallut tout le crédit de la reine pour les faire réussir. Cette auguste princesse y mit toute la suite et la chaleur possible ; cela ne produisit pas un bon effet dans le public, tandis qu'il en résulta un très mau* vais en ce que la reine, uniquement occupée de Tobjet dont il s'agit, parut oublier pour le moment, ou au moins négliger les grandes affaires qui inté* ressent essentiellement son auguste maison s> * .

* Bataille de terre et de mer, par le contre-amiral Bouet Willaumez ; il cite les documents du ministère de la marine, comme les lettres autographes de d'Orviiliers, le résumé du Journal de bord de la Bretagne^ le bulletin publié à Brest le lendemain de la bataille, un rapport envoyé de Londres à Sartines, le résumé d'un article de la Gazette de France dans lequel est publié un article de la Gazette de Londres^ du 3 août 1778. Lettre du comte de Genlis à Lamothe-Piquet, du 28 septembre 1778, et réponse de Lamolhe-Piquet, du 27 septembre.— Correspondance secrète inédite sur Louis IV 1 et Marie-Antoinette^ publiée par Lescure, tome I, p. 186, 198, 201 et suif,, 204, 205, 273, 276, 277. — Mémoires secrets pour servir à V histoire de la république des lettres, tome XII, p. 60, 62, 66, 69. — Correspondance secrète entre Mariê'Thérêsê et le cotntê

u dae d» Char. . Si la Fcine prit une si grande peine pour satisfaire 1 ambition du duc de Chartres, c est qu elle avait oublié ou pardonné le refus des princes du sang, trois années avant, de faire une visite à rarchiduc Maximilien lors de sa venue à Versailles. Si le duc de Chartres cherchait à se retirer avec honneur de la marine c'est qu'il avait renoncé, au moins momentanément, à succéder à la charge de grand amiral exercée par son beau-père le duc de Penthièvre. La brouille qui se produisit plus tard entre la reine et lui ne vient nullement de discussions suscitées par l'étiquette ni de l'ambition déçue du prince pour une haute fonction dont l'éloignait les dissentions intestines des officiers delà marine. Les historiens qui invoquent de pareilles origines se trompent à la fois et sur elles et sur le caractère de personnages qu'ils abaissent à plaisir en donnant de pareilles causes à leur inimitié ou réhaussent sans raison en leur attribuant des haines implacables que repoussent leurs caractères frivoles. La lettre de Mercy ne nous apprend rien de neuf en nous montrant les finances obérées de l'État chargées de consoler les déboires de l'amour propre d'un prince ; mais sa plainte sur l'oubli momentané de plus graves intérêts, nous initie à la façon dont se traitent les affaires d'une nation quand elles sont subordonnées à des affections de famille.

L'empereur Joseph, dans ses rêves de conquêtes

de Mercy, tome IH, p. 264, 271, Zbb,-^ Archives nationales. K, 164, 1778. Création de la charge de eolonel^général des hussards et troupes légères en faveur du duc de Chartres. Mémoire du duc de Chartres au roi, ot il expose ses titres à une pareille faveur, sans date (1778).

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