PENSIONS ET GRACES ACCORDÉES
pour des fonctions purement domestiques, avait dépassé 206,000 livres (plus d'un million de nos jours). Les demandes étaient ainsi formulées : « On propose de donner un aide à M. de Laferté, commissaire général des menus plaisirs, et de nommer à cette place le sieur Denzelles, neveu de M. de Laferté, en lui donnant 10,000 livres d'appointements. — Le comte de Vintimille, chevalier d'honneur de la comtesse d'Artois, demande une pension de 4,000 livres pour le chevalier de Vintimille, son frère, réversible à la demoiselle de La Live, fille de l'ancien introduc* teur des ambassadeurs, qu'il est sur le point d'épouser et pour lui servir de dot. — Le comte de Tavanne^ chevalier d'honneur de la reine, demande la continuation de la gratification annuelle de 12,000 livres dont il jouissait comme survivancier de cette charge. — Le maréchal de Noailles demande, pour le duc d'Ayen, la continuation de la gratification de 8,000 livres dont le duc d'Ayen jouissait comme survivancier dans la charge de capitaine des gardes. — La comtesse Jules de Polignac demande une pension de 1,000 écuspour la demoiselle de Norville, en considération de son mariage avec le sieur Faure, capitaine au régiment du roi Cavalerie. :» Le mot bouj mis à la sufte de ces demandes, les accordait comme celle de la marquise de RoncheroUes, qui, pour être certaine de ne pas être privée, pendant quatre ans, à l'instar du comte de Saulx, chevalier d'honneur de la reine, du paiement de sa pension, sollicita par son frère, le ministre Amelot, le privilège des chaises portatives dans l'enceinte des maisons royales. Le marchand de farine Heurte vin, s'assura, comme la
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prudente marquise, d'un bénéfice certain en se fan sant débarrasser de l'impôt du logement des gens de guerre parce que le roi s'était reposé chez lui en allant à Reims.
Les brevets d'assurance pour perpétuer des fonctions dans les mêmes familles ou pour faire donner de l'argent à des protégés, par le trésor public, s'étaient élevés, du mois de juillet 1778 au mois de décembre 1780, à plus de 2,600,000 livres (treize millions de notre époque). Le chiffre de ces brevets variait depuis 30,000 livres accordées à Brongniard, un des quatre premiers apothicaires du roi, à 80,000 concédées au sieur Tourteau, son premier valet de chambre, à 150,000 pour le grand fauconnier de France, le comte de Vandreuil, l'ami de M"* de Polignac, à 200,000 pour M. d'Haussonville, grand louvetier de France, jusqu'à 500,000 assurés au marquis de Ségur lorsqu'il remplaça le prince de Montbarrey, dans le ministère de la guerre.
Les réformes faites de temps à autre par le roi sont dérisoires ; ainsi, à la mort du grand fauconnier, le duc de Lavallière, nous lisons : a Bon pour la suppression des gardes des ayres et M. le comte de Vaudreuil pour la charge » c'est-à-dire renvoi de quelques serviteurs secondaires et maintien de la fonction coûteuse et inutile de leur chef. La demande du curé de Saint- Germain pour le rétablissement de l'ancien usage de rendre le pain béni à la paroisse est re^oussée. a Le roi, répond le ministre, ne veut pas se prêter à aucune dépense nouvelle. y>
La charge de secrétaire d'État et des commandements des finances est supprimée, mais son titulaire,
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