‹ La France sous Louis XVI; (volume 5)Chapitre 10 sur 98 · T.1J1» X 'i * ' contrôleur · texte numérisé non relu

T.1J1» X 'i * ' contrôleur

par un homme mcapable de le juger, se trouvait porte générai, par une intrigue à laquelle il était totalement étran- ** ^^^ *'"^** ger dans le ministère principal , celui auquel forcément r essor tissaient tous les autres.

Le peuple, dans la joie qu'il montra du renvoi de Terraf, ne fit pas de distinction entre ce ministre, qui ne voulait aucune des améliorations réclamées par le public, et le chancelier qui avait résolument exécuté une des plus grandes réformes que l'on avait faites depuis longtemps. Dans les mannequins promenés à Paris,, l'un, portant une simarre et un cordon bleu, représentait le chancelier; l'autre, avec un masque couperosé et une perruque d'abbé, culotte et manteau, figurait l'abbé Terrai. La popu-

lace s*amusa de voir les bras et les jambes de ces poupées se tordant comme auraient fait les membres brisés d'un criminel qui aurait péri sur la roue. Elle aurait bien voulu, dans ses colères, changer en un véritable supplice celui qu'elle infligeait en effigie. L'abbé Terrai put s'en convaincre quand, au passage du bac à Choisy, des voix parties de la foule amassée sur les bords, crièrent aux bateliers de le jeter à l'eau '.

Contraste fnp- Il y avait un contraste frappant entre le contrôleur d^coottJiOTre général renvoyé et celui appelé à lui succéder. Emolîordu'poi Louis XVI, habitué à la figure refrognée, le parler ^d^iuM* bï*^f d^ Terrai, dont les raisonnements empruntaient ^^w^nw" aux mathématiques toute leur sécheresse, se trouva run de i-autro. en préseucc d'un homme d'une haute taille, qui portait dans ses yeux un mélange de douceur et de fermeté. Une abondante chevehire brune tombait sur les épaules de Turgot avec une sorte de grâce naturelle et négligée. Ses traits fortement accentués, son front élevé et son teint blanc, que colorait chaque émotion de son âme, se complétaient par une bouche vermeille d'où s'échappait un sourire. Que se passa-t-il dans cet entretien entre un jeune homme au cœur ouvert à toutes les pensées généreuses, mais d'une intelligence tardive, et ce nouveau ministre dont l'existence entière n'avait été, dans le règne de

* Mémoires de Vahbé Georgel, tome I, p. 412 et suiv., 414.— Joumai hUtoriqw de la révolution opérée par Maupeou, tome VI, p. 77, '80} 152, 158, 161, 163, 168, 169, 175, 198. — Correspondance secrète entre Marie-Thérèse et le comte de Mercy, tome 11, p. 227, 229. — Mémoires secrets d'Àugeard, pages 43, 53, 65, 84. -^Archives nationales , F^, 1056- 1057. — Annales politiques^ civiles et littéraires de Linguet, Londres, 1779, in.8% tome VU, p. 262 et suivantes.

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