VOLTAIRE DÉFEND TURGOT
raissez éélmxSé, voudriez-vous me faire Thonneur ^ de vous rafraîchir dans ma charrette?... Il ne se fit pas prier. Mes amis, dit-il... quelques-uns de mes confrères et moi, nous conduisons ce cher petiplè. Nous avons reçu de l'argent pour cette bonne œuvre. Nous jetons tout le blé qui nous tombe sous la main de peur de la disette. Nous allons égorger dans Paris tous les boulangers pour le maintien des lois fondamentales du royaume. Voulez-vous être de la partie. Nous le remerciâmes cordialement, et nous prîmes un autre chemin pour aller voir le Roi. »
Les émeutes furent réprimées partout avec un ^'^^^^^^^^^^ mélange de fermeté et de douceur ; il n'y eut que , .i-^^^™ ^e
^ ' «; ^ LQ^jg XVI au roi
deux exécutions à mort, et Louis XVI put écrire, ledesuède,i5juîi-
r ? Iet1775.
15 juillet, en remerciant le roi de Suède Gustave de bateaux de blés qu'il s'était hâté d'envoyer en France: <c J'ai peur qu'on ne vous ait fait le mal plus grand qu'il n'était... Les mauvaises récoltes et le mauvais esprit de quelques personnes dont les manœuvres étaient déconcertées, ont porté quelques scélérats à venir piller quelques marchés. Les paysans, entraînés par la fausse nouvelle delà diminution du pain... s'y sont joints et ont eu Tinsolence de venir piller les marchés de Versailles et de Paris... Après le déplaisir extrême que j'avais eu de ce que le peuple avait fait, j'ai eu la consolation de voir quci d'abord qu'ils ont été détrompés, ils ont rapporté ce qu'ils avaient pris avec une véritable peine de ce qu'ils avaient fait * . »
» Mémoires de VaUé Morellet. Paris, 1821, in-S», 1. 1, p. 231. — Œuvres complètes de Voltaire, t. XLYIIf, p. 102 et suiv.; t. LXIX, p. 237, 280, 284, 287, 296, 320. — Mémoires de Marmontel, t. III, p 292. — Mémoires secrets pour servir à l'histoire des lettres, t. YIII, p. 16, 18 et imy.-- Archives nationales, K 164: Correspondance de Vergennes, n" 20,
236 livre; deuxième.
Inquiétudes de TuTgot, dc plus Cil plus préoccupé de la situation ârdeorao'traTaii; des esprits, des obstacles qui se dressaient devant à^°^to^dlui, du peu de résistance qu'il prévoyait, de la part
ils blâment sa , - . ___- ... . .,. .
précipitation, do Louis XYI, aux mtnguos et aux convoitises qui Tenvironnaient, travaillait avec une fiévreuse énergie à porter remède aux abus. Ses amis, étonnés de son ardeur, lui en parlaient, et un jour, qu'un d'eux blâmait sa précipitation, le ministre s'écria, en dévoilant les inquiétudes qui le rongeaient : a Comment pouvez- vous me faire ce reproche ! Vous connaissez les besoins du peuple, et vous savez que dans ma famille on meurt de la goutte à cinquante ans. 2> Il s'entretenait souvent avec Malesherbes, le président de la Cour des aides, de ses embarras, de ses projets, cherchant tous les moyens d'opposer la vérité aux allégations mensongères qu'il craignait, et les inspirations du cœur de son jeune souverain à une faiblesse de caractère qu'il redoutait.
Représentations Malcshcrbes, passionué pour le bien comme son
de la Gourdes ' *^ *^
aides, ami et décidé à le seconder, rédigea avec soin un
6 mai 1775. ^ ^ ^
mémoire détaillé et critique des charges écrasantes que supportait la nation et des abus dont elle souffrait. Quand ce consciencieux travail, qui exigea plusieurs mois, fut terminé, le 10 avril 1775, il le lut à ses collègues, et fit demander au roi le jour où il pourrait se présenter devant lui. Louis XYI, sous l'inspiration de Maurepas et de Miromesnil, lui prescrivit de venir suivi seulement de deux
copie de la main da ministre ; 0< 120, fol. 130,263; 0« 147, fol. 73 ; 0* 417, fol. 118, 125, 235, 240et8uiv., 245, 248 et suiv., 251, 258,265 etsuiv., 415 et suiv., 452 ; E 1503, 21 juin 1774 ;X 8552, année 1775. — Jf^motm sur la vte et Us ouvrages de Turgot, t. II, p. 46.