‹ La France sous Louis XVI; (volume 5)Chapitre 44 sur 98 · LOUIS XVI APPROUVE LES ÉDITS, LETTRE A TURGOT · texte numérisé non relu

LOUIS XVI APPROUVE LES ÉDITS, LETTRE A TURGOT

pouvaient qu'impressionner une n^ufe ju^le iQt droite comme celle de Louis XVI. Il s'était .tu en présence des prélats, se refusant d'ouvrir :un nojuyeau martyrologe pour les protestants, et son cœur se sou-* leva, comme son bon sens, à la proclamation cynique de la nécessité de l'esclavage par les hommes chargés de rendre la justice aux citoyens : « J'ai lu avec soin, écrivit-il à Turgot, tous les mémoires que vous m'avez remis au Conseil et les six projets d'édits que j'avais approuvés à l'avance... Le défaut d'unanimité en mon Conseil sur ces opéra^ tiens et les ennemis qu'elles rencontrent au dehors, m!ont donné beaucoup à penser; mais elles me paraissent trop utiles et conformes au bien du peuple pour ne pas les publier et les maintenir de toute mon autorité... Prendre malgré lui le temps du laboureur, même en le payant, serait l'équivalent d* un impôt : à plus forte raison le lui prendre sa,ns le payer. C'est un impôt exorbitant pour un journalier qui vit de son temps. Vous dites bien sagement que l'homme qui travaille par force et sans rémunération travaille mal. Ces considérations sont de toute évidence , et je m'afflige qu'un édit si bien fondé en raison et en équité ait soulevé tapt .d'opposition et de défiance avant même d'être connu ; mais il y a tant d'intérêts particuliers qui sont opposés à Tintérêt général! Plus j'y pense, mon cher Turgot, et plus je me répète qu'il n'y a que vous et moi qui aimions réellement le peuple... Vous pouvez... faire dresser l'édit portant suppression des jurandes... Je pense avec vous que ce droit.de travailler ne peut être un droit royal,

que 4e prince puisse vendre et que les sujets doivent acheter. 3) utdejutice, Il féllut un Ht de justice pour faire enregistrer au m«."*"' Parlement, à la Chambre dçs comptes, à la Cour des aides, les résolntions prises par le roi. Miromesnii, qui les avait combattues, vint, en qualité de garde ëes sceaux, les défendre en affirmant comme Turgot que les propriétaires des fonds ne contribuaient pas à la charge imposée par la confecticHi et Tentretien des routes. Il parla^ à propos des jurandes à supprimer, de la résolution du roi « de rétablir tout dans Tordre naturel et de laisser à chacun la liberté de faire valoir tous les talents dont la Providence l'aura pourvu. ^ 11 prédit qu'en agissant ainsi, « le nombre des indigents diminuera, que les secours que l'on pourra prodiguer aux vieillards et aux infirmes deviendront plus abondants, j^

Le premier président d'Âligre se plaignit, dans sa harangue au roi^ m de l'appareil dont Sa Majesté était environnée, de Tu^ge absolu qu'Elle faisait de son autorité, imprimant à tous ses sujets une profonde terreur et annonçant une fâcheuse contrainte... Pourquoi faut-il qu'aujourd'hui une morne tristesse s'ofTre partout aux regards de Votre Majesté ! Si Elle daigne les jeter sur le peuple, Elle verra le peuple consterné ; si Elle les porte sur la capitale. Elle verra la capitale en alarmes; si Elle les tourne vers la noblesse, Elle verra la noblesse plongée dans l'afflietion... L'éditdes corvées... par Tintroduction d'un «nouveau genre d'imposition perpétuelle et arbitraire survies biens-fonds, porte un préjudice essentiel aux propriétés des pauvres comme des riches... L'édil de

Page 1