LIT DE JUSTICE, MARS
suppression >des jurandes. •. laisse sans règle et. sans frein une jeunesse turbulente etlieencieuse... En cet instant, à peine sommes-nous assez maîtres de nousmêmes pour exprimer une faible partie de notre douleur. •• Quand vous aurez vu se développer les pernicieux effets de tant d'innovations contraires à 1 ordre public et à la constitution de TÉtat, Votre Majesté saura gré... à son Parlement de sa persévérance à n'y prendre aucune part, x» Aux protestations du premier président succédèrent celles de l'avocat du roi Séguier, qui parla de la nouvelle charge que le roi croyait devoir imposer à ses sujets, de l'anéantis* sèment prochain de la propriété par la multiplicité des taxes : a La nouvelle imposition, disait-il, détruit toutes les franchises de la noblesse... Elle confondra la noblesse, qui est le plus ferme appui du trône, et le clergé, ministre sacré des autels, avee le reste du peuple. > A propos des jurandes, il affirmait que la loi les avait créées et avait établi des règlements, oc parce que rindépendance est un vice dans la constitution politique, parce que l'homme est toujours tenté d'abuser de la liberté. 7>
Voilà, s'écria Voltaire, le roi bien*payé d'avoir ré- Lettre de voiuira tabli les juges, a II est bien clair que toutes ces mai- justiM^modon trises et toutes ces jurandes n'ont été inventées que **° ^"**^*®' pour tirer de l'argent des pauvres ouvriers, pour enrichir des traitants et pour écraser la nation. Voilà la première fois qu'on a vu un roi prendre le parti de son peuple contre Messieurs... J'attends les remontrances et le détail de tout ce qui s'est passé au lit de bienfaisance, le premier lit dans lequel on a fait coucher le peuple depuis la fondation de la ,mo*
340 LIVHE TROISIÈME.
narchîe. t) Les Parisiens donnaient raison à Voltaire, car le Jour où d'Àligre affirmait que le peuple était consterné, les guinguettes regorgeaient d'ouvriers qui avaient quitté leurs maîtres, pris des carrosses de remise, et donnaient le spectacle d'une joie .poussée au délire. Dans cette nation impressionnable , prête à "relever l'outrage et à résister à qui prétend la braver, se répandaient les écrits de polémique les plus ardents. De Vaines, le premier commis des finances, était outragé dans un pamphlet, Turgot était insulté dans un infâme libelle^ et un mémoire fait en faveur des six corps de métiers de PariJs, essayait de détruire ce qu'il appelait a les idées fausses et déshonorantes que des écrivains..... éblouis par la chimère d'une liberté illimitée ont répandues. »
Turgot faisait nommer de Vaines lecteur de la Chambre du roi, lui disant, dans une lettre répandue à profusion : « J'ai cru devoir proposer à Sa Majesté de vous donner une marque publique de satisfaction... Vous n'avez pas besoin de justification... Je me devais à moi-même de montrer authentiquement mon mépris pour des calomnies atroces. Il est dans l'ordre que vous y soyez exposé, vous et tous ceux qui ont part à ma confiance*. • Trop de gens sont intéressés au maintien des abus de tout genre pour que tous ne fassent pas cause commune contre quiconque s'annonce vouloir les réformer... Si les honnêtes gens se laissaient décourager par de telles horreurs, il faudrait que les méchants et les fripons fussent irrévocablement maîtres d'opprimer et piller le genre humain. »