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Lk-bas, un autre fou, roi de nouvelle date. Se pavane et s'encense en vainqueur de Croate; Mais» bourgeois gentilhomme, il prétend être intrus Chez ces vieux souverains si fiers et si bourrus.
De tons ses ennemis le scélérat se raille.
Les sots et les pédants se mettent à crier : « C'est un ambitieux, c'est un tracassier; Il respire le trouble, il cbercbe les querelles.»
D'autres disent tout bas : « Il fait, il règle fout, .Mais, pour le voir tomber attendons jusqu'au bout. » Tant ce vieux préjugé s'est gravé dans leur tête. Qu'on ne peut être roi sans qu'on soit une bétc.
Successeur de princes qui, pour fonder un royaume, avaient subi les nécessités imposées, chez les particuliers, aux artisans de la fortune d'une fsH mille, il avait dû compter avec les revenus de ses sujets et renoncer à l'étiquette coûteuse des vieilles maisons souveraines. Formé aux épreuves de la vie par un père aus^i bizarre que cruel ; avant de monter sur le trône, et depuis qu'il y était parvenu, éprouvé par une succession alternative de revers et de victoires, Frédéric avait puisé, dans son existence d'administrateur et de guerrier, des mœurs qui le rapprochaient des foules. Sans délicatesse de sentiment comme elles, sans aucun scrupule sur les moyens qu"il pourrait employer pour atteindre un but, il se trouvait, par suite des événements, à la tête d'une monarchie dont tout le prestige résidait en saper-sonne. La noblesse qui l'entourait, formée d'étrangers recrutés en Saxe, dans le Mecklembourg, dans tous les petits États de l'Allemagne et en France, était en fait, par son manque de fortune, une càsle de fonctionnaires, une sorte d'échelon intermédiaire
entre raristocratîe véritable, vivant d*une manière indépendante^ et la portion instruite du peuple qui
se charge elle-même de fournir à son existence, et
est appelée bourgeoisie. La noblesse prussienne était ce que l'on nomme, en peinture, la dégradation des teintes ; c'était la noblesse de fonctionnaires que Napoléon P*" a voulu établir en France, qui n'a ni le prestige que donne le temps,ni la possibilité, pour éviter l'avilissement qu'entraîne une trop grande extension, de se restreindre dans un petit nombre de familles *.
La royauté française, unie à l'Autriche par le mariage de Louis XVI avec une archiduchesse, par des liens de famille à l'Espagne et aux différents gouvernements de l'Italie , contrastait , ainsi que toutes ces cours, avec celle de Berlin. Elle repriîsentait un passé contre lequel se révoltait l'esprit du Jour, et son union avec le dergé, ses habitudes d'étiquette mêlées aux cérémonies du culte, la livraient aux sarcasmes d'une société que dominaient des pensées anti religieuses.
L'influence de la Prusse n'était pas seulement, dans les relations politiques, une influence due au talent de son souverain, c'était une influence venant de l'accord de ce souverain avec les opinions des classes pensantes de l'Europe, et surtout de celles de la France. Associé à la Russie^ dont la dynastie était regardée comme presqu'aussi nouvelle que la sienne, a cause de la récente apparition de son peuple parmi
* Voir, dans les Papiers et correspondances de la famille impériale^ i'Qprimés à rimprimerie nationale eu 1870, 13* livraison, p. 398, les projets de résurrection d'une noblesse de 4ie genre par N ipoléon III, et Tavis de M Magne, qui conseille de procéder, pour donner des titres, par catégories de fonctionnaires.
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les nations européennes, Frédéric, qui avait écrit, en 1772, à propos de son neveu le roi de Suède, qu'il voulait dépouiller : a La nature parle au cœur des rois tout comme à ceux des pnrticuliers, i> persistait encore dans ce projet en 1774. « Je sens que ma prévoyance peut paraître timide, disait Yergennes à Louis XVI, le 8 décembre, mais elle ne tarderait pas à se justifier, si, comme M. Durand le soupçonne, Tobjet. de la négociation du roi de Prusse avec la Russie porte sur la Poméranie suédoise, dont ce prince veut s'emparer. •• Rien n'est plus précis... que l'engagement. . , contracté. . . par Votre Majesté. . . d'assurer à la Suède la possession de cette province ; c'est au même titre que Votre Majesté tient l'Alsace. »
Voulant, à tout prix, empêcher de bonnes relations entre la cour devienne et celle de Saint-Pétersbourg, Frédéric ne parlait dans ses conversations politiques que de l'ambition démesurée des Autrichiens, des projets de conquête du jeune empereur. En 1774, quand il n'existait plus que quelques difficultés de détail, relativement aux frontières des pays arra-r chés à la Pologne, il parut tout à coup dans, les papiers publics un projet de traité qu'avait arrêté, en 1771, la cour de Vienne avec celle de Constantinople, à l'époque où l'impératrice essayait d'empêcher un démembrement que voulait Frédéric. Quoique ce traité n'eût pas été ratifié, explique le roi de Prusse dans ses mémoires, « cette conduite de la cour de Vienne lui fit perdre le peu de confiance qu'on avait eue en elle... l'on s'apercevait à Pétersbourg que les Russes n'avaient gagné tant de
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batailles... que pour l'avantage de la cour de Vienne. » Pénétrant de suite d'où pouvait venir une semblable indiscrétion, Vergennes Tannonça à Louis XVI en lui faisant remarquer que la cour de Vienne et le prince de Kaunitz ne devaient pas être fort flattés des qualifications que le roi de Prusse donnait à leur politique et de la manière dont il s'exprimait sur le traité de 1771. « Je soupçonne, ajoute-t-il, que c'est ce prince qui vient de rendre public cet acte en le faisant insérer dans la gazette de Hollande. »
Mais une cause bien plus grave de perturbation et de trouble pour les projets de paix que formaient les ministres français, d'accord avec le roi, était les événements qui se passaient en Amérique, dans les colonies de l'Angleterre.
Congrès de New- Lc congrès OU couvcntion qui avait été convoqué
dix ans avant l'époque où nous sommes arrivés, se composait de vingt- deux délégués, envoyés par les assemblées du Massachusetts, de Rhode-Island, du Connecticut, de New-York, de New-Jersey, de la Pensylvanie, de la Delaware, du Maryland, de la Caroline du Sud. Les quatre autres provinces : le New-Hampshire, la Virginie, la Caroline du Nord et la Géorgie, qui n'avaient pu se faire représenter, par suite de circonstances indépendantes de leur volonté, affirmèrent, par des pétitions et des mémoires^ la parfaite entente de toutes les colonies américaines el l'unanimité de leurs sentiments.
La première mesure prise par la Conventron fut une déclaration des droitâ et des griefs des Américains, réclamant pour eux les franchises et les libertés de tout sujet anglais, notamment de se.taxer eux-
York, 7 octobre