CHAPITRE IV Alsace
atteindre, ou bien les endroits resserrés où le passage était momentanément alTranclii <lcs complication d'un large lacis lluvial. Ainsi commencèrent des élal)lisscments dont plusieurs ont subsiste, dont d'autres n'ont eu qu'une existence précaire. De bonne heure toutefois, la terrasse de la Hart olFrit une voie commode, permettant de suivre le fleuve parallèlement à faible distance. La voie romaine de Bàle à Strasbourg se conforma à cette direction, qu'avaient utilisée sans doute de plus anciennes relations commerciales. Les tumulus nombreux de la Hart laissent entrevoir quelle fut l'importance des échanges qui avaient lieu dans ces parages, dès 1 âge du bronze, entre le Nord et le Sud.
Mais autant les routes se déroulent naturellement dans le sens des rivières, autant la circulation transversale rencontre, ou surtout rencontrait d'obstacles. Villages et chemins de toute espèce se concentrent sur les minces langues de terre qui s'allongent entre les lignes fluviales et marécageuses. On voit, à intervalles réguliers, les villages se succéder en fdes sur un seul rang. Ces lignes d'établissements jalonnent les directions suivant lesquelles se meut la vie de la contrée. Plus écartées vers le Sud, elles se rapprochent graduellement, comme les rivières elles-mêmes, vers le Nord, ^'ers Strasbourg, le faisceau se noue. Jusque-là, c'est seulement entre Baie et leDoubs, au seuil de la Porte de Bourgogne, que les rapports sont multiples et aisés en tous sens. On comprend ainsi le lien qui rattacha la Haute-Alsace à la Séquanie celtique, qui plus tard la retint sous la dépendance de la métropole ecclésiastique de Besançon.
Importante comme région de transit, l'Alsace est aussi et surtout une terre qui a attiré et fixé de bonne heure la population, qui a nourri un développement politique original.
Le climat est remarquable. Il frappait par quelque chose CLIMAT ^^ P^"^ clair, de plus lumineux, l'attention de Goethe. Ce Rhénan de Francfort revoyait dans ses souvenirs d'Alsace les nuages qui pendant des semaines restent attachés aux montagnes, sans troubler la pureté du ciel'. La remarque est fine et vraie. C'est au Sud de Strasbourg et surtout sur le bord oriental des Vosges que la nébulosité accuse une décroissance. Au tournant des Vosges méridionales, les vents pluvieux du Sud-Ouest se sont déchargés de leur fardeau de vapeurs ; ils sont descendants, c'est-à-dire plus secs. En fait, il ne tombe à Colmar que la moitié de la hauteur moyenne de pluie qu'on constate à Fribourg-en-Brisgau. Il arrive ainsi que, sur le bord occidental de cette plaine où les eaux regorgent, où l'on a vu dans des inondations restées fameuses l'IU et le Rhin réunir leurs eaux, il y a une zone sèche où l'eau s'infiltre, parfois même fait défaut. Les rayons d'un soleil généreux activent la végétation et en