‹ La France, tableau géographiqueChapitre 146 sur 275 · I. Dkhtung und Wahrheil, S'' partie, liv. II · texte numérisé non relu

I. Dkhtung und Wahrheil, S'' partie, liv. II

La France du Nord. livre premier, m

prolongent la durée. L'apparition des feuilles est de quinze jours en avance sur l'Allemagne; et, en automne, de belles journées chaudes achèvent de faire mûrir les vins capiteux des coteaux sous-vosgiens. De Thann à Mutzig, au bord des Vosges, la vigne marque le paysage d'une empreinte aussi impérieuse et exclusive qu'à Epernai ou qu'à Beaune. On ne voit qu'elle entre les gros villages blancs aux maisons serrées. Un trait de nature méridionale se prolonge par la lisière orientale des Vosges. Le châtaignier y atteint son extrême limite vers le Nord. La faune alsacienne compte même plusieurs animaux d'origine franchement méridionale — genette et lézard vert entre autres, — qui retrouvent leur midi dans la zone calcaire et sèche des collines sous-vosgiennes.

L'homme a prospéré aussi, il a profité de cette clémence accueillante de la nature. La clarté du ciel et la douceur de vivre ont mis en lui de la gaieté. (( Le naturel de ce peuple est la joie », écrivait le premier intendant français qui gouverna l'Alsace. Pour bien des peuples venus de contrées plus ingrates et plus sombres, ce pays a marqué le commencement d'émancipation de la vie besoigneuse, l'éj^anouissement joyeux dans une nature qui invite à la fécondité et en donne l'exemple.

y,i Le secret de cette fécondité tient à cette espèce de sol

LE LŒSS qu'on appelle en Alsace le lœss\ Ce terrain privilégié occupe ALSACIEN le long des montagnes une bande interrompue par les débouchés des rivières. A la surface, c'est un sol brun, limoneux, propre à la fabrication des briques, animé par de nombreuses tuileries ; mais dans les tranchées verticales qui l'entrouvrent, le long des carrières ou des ravins secs qui le coupent, on voit, sous cette épiderme, des couches friables d'un jaune clair oîi le calcaire dissous à la surface se retrouve sous forme de concrétions ou poupées. Les eaux s'infiltrent à travers ces couches. C'est comme un épais manteau qui couvre les pentes allongées des collines, où il s'élève jusqu'à 38o et lioo mètres de hauteur absolue : il a été déblayé au contraire et il manque dans la région basse des Ried et des alluvions récentes. Cette masse terreuse, à y regarder de près, est loin d'être homogène. Elle se compose de couches de transport, différentes par 1 âge du dépôt et par les éléments qui la constituent. Des lits de graviers, argiles, sables fluviatiles existent à la base et reparaissent par intervalles entre des couches épaisses de particules plus fines, ovi rien n'indique l'action des eaux. Quelques-unes de ces couches sont décalcifiées, preuve qu'elles ont été longtemps exposées à l'action de l'air et des pluies. Ainsi la formation de ces dépôts est l'œuvre de longues périodes alternativement sèches ou marquées par des retours offensifs de régime torrentiel. Une masse énorme de débris, depuis les graviers grossiers jusqu'à la poussière impalpable, a été livrée par les grandes destructions vosgiennes, à l'action tour à tour prépondérante des eaux torrentielles et des vents.

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