TOPOGRAPHIE DU JURA
VAJ.LEE m: DOUBS
LE DOL'BS à Pontdc-Roide. — La rivière, se dirigeant \ du S. an -V., sort par 350 mètres d'altitude.de l'étroit canon qu'elle s'est creusé à travers la voûte du Lomont, haute ici de i plus de SOO mètres. Le \ creusement ne s'est ; arrêté qu'aux assises marneuses que surmontent les puissantes masses calcaires.
La richesse de la végétation sur les rives.
l'abondance et ta limpidité des eaux com-
tahleau de fraîcheur.
l'aridité des sommets. Pliot. Jackson (Tig. 153.)
DICSS/y représentant le panorama de bosau^'uii. — L'ccartement des plis, dans cette zone burdiire du Jura. laisse à la rivière plus de liberté pour régulariser sa pente, le Doubs décrit à cet effet de grands méandres. En voici un dont le travail de ciselure est particulièrement avancé. Entre les bras déployés en éventail, l'érosion à force de ronger la concavité des rives, n'a lais.sé subsister qu'un isthme rocheux. Cette position offrait de tels avantages pour la sécurité et la défense qu'elle a dû tenter un établissement humain, t'est ainsi que le Doubs à Besançon, comme le Lot à Cakors, l'.Aar à Berne, ont donné naissance à des villes. La basse plaine alluviale a permis à Besançon de s'épanouir. L'isthme est resté /'oppidum nu la citadelle. Vers le sud-est le sévère cadre des plateaux jurassiens borne l'horizon. Ils s'étagcnt brusquement de làOO à 100 mètres. Phot. Robarârt (Fig. I5J).
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voit, au-dessus de Dijon, éclielonner en plans successifs leurs crûtes boisées au profil gt'omélrique. Parmi eu\ le Mont Affrique se distingue pur son cône régulier terminé par un léger ensellement. A travers ce rideau de hauteurs on soupçonne plus qu'on ne voit le passage. L'œil le saisit pourtant à travers les lacunes qui individualisent chacun de ces pans détachés. On sent qu'une force puissante a séparé ici les tranches du plateau, en a morcelé les lambeaux, et que, comme d habitude, l'action mécanique des eaux a frayé la voie aux hommes.
Dans l'intervalle de ces cchancrures, le bord oriental du CARACTÈRE<i pl^*^^" ^6 déroulc rectiliguc ; pendant 5o kilomètres, de Dijon DU PAYSAGE à Chagny, les mêmes croupes roussâti'es ou grises, vignobles BOVRGViCNON jusqu'à mi-côte, taillis ou bois sur les crêtes, bornent la vue. xMais à leur pied une succession de bourgs, villages et petites villes, où d'un clocher à l'autre il n'y a jamais plus d'une demi-lieue, se déroule en bande non moins régulière que celle des bois qui la dominent, des vignes qui l'entourent et des champs qui la bordent jusqu'à 4 ou 5 kilomètres du pied de la Côte. A cette distance, en elTet, commence encore un autre pays ; ce sont maintenant les prairies sur l'alluvion et les forêts sur les sables qui prennent le dessus. Entre cette zone contiguë à la Saône et la Côte d'Or s'allongent parallèlement la voie romaine, la route, le chemin de fer. Un groupe d'une quarantaine de mille habitants se ramasse comme une sorte de bourg continu que relierait une rue principale.
Arrêtons-nous sur ces traits ; ils nous fournissent des éléments caractéristiques. Nulle part ne se concentre mieux l'aspect net et réglé de ce qu'on peut appeler le paysage bourguignon. 11 se compose de bandes minces, mais distinctes, communiquant aux habitants des vallées, des coteaux, des plateaux des caractères bien reconnaissables et bien connus des uns et des autres. Entre les vallées, entre les versants et les plateaux, les bois font de vastes taches d'isolement, de sorte que lensemble se compose de groupes séparés les uns des autres, mais étroitement agglomérés entre eux. Tout concourt à favoriser ce mode de groupement: l'hydrographie très concentrée en doaix ou fontaines, les cultures de la vigne et d'arbres fruitiers. C'est comme l'avantcourcur de conditions que nous trouverons, exagérées par le climat, aux bords de la Méditerranée, dans le Bas-Languedoc. A l'exception des parties trop arides pour que des populations puissent s'y établir, l'homme trouve en abondance, presque sous la main, la pierre et le bois. Il a ainsi facilement pour ses constructions et ses routes les matériaux nécessaires. La pierre, blanche et tendre, signale au loin les villages ; elle forme les gradins sur lesquels la terre est artificiellement retenue. Les routes, faciles à établir sur ce sol sec et presque naturellement empierré, percent les masses de forêts. Une vie concentrée sur des espaces restreints, mais entre lesquels la liaison est facile, résulte de ces dispositions du sol. Si à ces avantages s'ajoutent ceux du climat
Enire les Alpes et VOeâan.