‹ La France, tableau géographiqueChapitre 154 sur 275 · LIVRE II. I · texte numérisé non relu

LIVRE II. I

plus sec et plus ensoleillé du versant oriental, ou s'explique comment la Gôte-d'Or est devenue comme le point lumineux, où s'est manifesté le génie bourguignon. Là se trouvait mieux qu'une aisance moyenne : quelque chose de ce superflu qui est nécessaire pour l'épanouissement d'un génie local.

C'est dans ces contrées calcaires plutôt qu'aux bords de LA SAÔNE ^^ Saône que s'est fixée la physionomie de la Bourgogne. Mais la belle et indolente rivière s'est toujours associée étroitement aux destinées des populations qui, de la Côte-d'Or ou du Jura, la regardent.

Qu'une goutte d'eau, déposée par les vents d'Ouest sur les hêtraies de la Vôge, prenne la route du Sud et parvienne, après tant d'obstacles qui sembleraient lui barrer la route, jusqu'à la Méditerranée : c'est là un fait assez anormal en apparence pour mériter explication. L'existence de la Saône a été précédée et préparée par une dépression contemporaine du soulèvement du Jura. C'est là qu'a pris place, aux temps pliocèncs, un lac dans le lit duquel se sont déposées les marnes qui forment le sous-sol et le principal niveau de sources de la Bresse et de la Côtière de Dombcs. Ce lac se perdait vers le Nord en plages basses où s'est déposé en grains abondants le minerai de fer. Mais au Sud il s'écoulait par la future vallée du Rhône ; de sorte que le fait essentiel de la géographie actuelle, l'association de la Saône avec le Rhône, s'annonce déjà dans la période antérieure où la Saône se laisse deviner sous forme de lac et le Rhône sous celle de fiord. Ce lac de la Saône future a de toutes parts sollicité les cours d'eau. L'existence d'une dépression relativement profonde entre le Jura et les massifs qui lui font face, en abaissant le niveau de base, a attiré de loin les rivières. Le domaine hydrographique de la rivière future s'est ainsi agrandi vers le Nord, aux dépens de celui de la Meuse et de la Moselle. Tout le faisceau de rivières qui forme jusqu'à Portsur-Saône la partie supérieure du bassin, et dont le profil se raccorde mal avec celui de la section suivante', n'est peut-être que le résultat d'une annexion au domaine méditerranéen.

D'énormes quantités d'alluvions siliceuses décelant une origine vosgienne se sont ainsi répandues dans la vallée de la Saône. Elles ont déposé les sables et galets qui, relevés en talus comme dans la Foret de Chaux, ou étalés en nappes, supportent les grandes étendues de forêts plates. Celles-ci bordent latéralement la Saône, que l'on devine de loin à son rideau de j^eupliers. Parfois, lorsque des pluies abondantes ont gonflé le lit de la Saône au confluent du Doubs, elle s'avise de ressusciter en partie l'ancien lac. Une immense nappe d'inondation s'étale sur la plaine, en cet endroit, presque dépourvue de pente. Malheur aux pauvres maisons en pisé construites à portée de la rivière 1 Elles sont d'ailleurs isolées et rares. C'est sur les terrasses

I. Pente de la Saône : de la source à Port-sur-Saône, o™,25 par kilomètre; de Port-sur-Saônc à Chalon, o"',o.'|.

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