LA REGION LYONNAISE
1. JURA. Il ir. UN VAL DANS LE JURA. i| III. MONTS DU LÏONNAIS. || IV. LYON. |1 V. DE- VELOPPEMENT URBAIN. Il VI. RELATIONS FLUVL4.LES. |i VII. RELATIONS AVEC LES ALPES.
AUX approches de Lyon, les traits se concentrent. L'intervalle entre le bord de l'ancien massif et les chaînes du Jura se réduit à 4o, puis à 3o kilomètres. La dyssymétrie et les contrastes, entre la zone plissée, d'un côté, et le massif d'achoppement, de l'autre, s'accusent mieux. Ils cessent d'être atténués par l'écartement des lignes, par l'existence de couches sédimentaires en couverture sur les roches archéennes ou en rideau devant elles. Après le Mont d'Or, dernière et grande vague qui se dresse au nord de Lyon, les coteaux calcaires disparaissent pour longtemps du bord oriental de la vallée. On ne les retrouvera qu'aux abords de Valence, avec la Montagne de Crussol, dont la silhouette signale par sa couleur autant que par sa forme la réapparition des roches calcaires et le commencement du Midi.
Entre le Jura méridional et les monts du Lyonnais, si voisins qu'ils soient, les contrastes abondent, dans le relief comme dans la végétation et les habitants.
Il est impossible de traverser le Jura sans conserver une
j^.^^ image très définie, très nette. Cela tient à la simplicité et à la
fréquente répétition des mêmes formes. Lorsqu'on peut, de
quelque distance, en embrasser une certaine étendue, ses
chaînes semblent se confondre en une série de lignes soutenues, allongées,
qui ne sont ni dentelées comme dans les Alpes, ni arrondies comme dans
les vieux massifs. Lorsqu'on pénètre, il est vrai, dans ce petit monde
jurassien, on perd l'illusion de celle régularité. Les crêls abrupts, les
cluses étroites et courtes, les combes arrondies, les vais allongés, donnent un
Enlrc les Alpes cl l'Océan. livre h, i
ensemble de formes qui n'est pas assurément sans grâce et parfois sans grandeur. Mais les lignes soutenues reviennent sans cesse ; elle obsèdent le regard et l'esprit.
Le regard ne se promène pas sans fatigue sur les blanches rocailles sans eau. C est seulement de loin en loin que, sur les plateaux fissurés et secs, quelque ravinement a été poussé assez bas pour mettre à découvert les trésors cachés d'hydrographie souterraine. Alors des sources magnifiques miroitent entre les parois moussues de.s roches. Des rivières surgissent, formées dès leur naissance'. Brusquement, par des coudes, ces rivières passent d'un val à un autre, elles prêtent leur force à l'industrie, au flottage, mais non à la navigation ; elle ne forment pas une vallée unique, mais elles relient un chapelet de vais successifs.
„ Le tout donne l'impression d'une masse homogène qui
l'.v VAL a conservé en partie sa structure primitive. La simplicité de DANS LE JURA ccttc struclurc se montre sinon intacte, du moins assez clairement encore à découvert. Ces plis longitudinaux qui se déroulent en faisceaux, divergeant ou convergeant tour à tour, enferment entre eux des sillons de forme elliptique. C'est bien le canevas du dessin, celui qui retrace les voies primitives d'écoulement des eaux. Il est arrivé souvent, il est vrai, que le sommet des voûtes, détruit par l'érosion, s'est transformé en combe ; les rivières sont jjarvenues à amincir, puis à détruire les parois interj^osées entre deux sillons limitrophes. Cependant les traits fondamentaux subsistent. Le val, entre les plis qui l'enlacent, reste l'unité principale, autonome dans son cadre. Des traînées de lacs montrent que le drainage est encore inachevé. En se frayant à travers chaînes et plateaux les voies capricieuses qu'elles ont adoptées, les rivières n'ont pas encore entièrement réussi à entraîner les couches de marnes et d'alluvions qui remplissent les parties synclinales des plis.
Ces vais occupent les parties les plus hautes. Ils se répartissent surtout à l'Est et au Sud. 11 faut franchir la zone du vignoble, puis celle des plateaux arides et forestiers qui lui succède au-dessus de /loo mètres. On voit alors, entre l'Ain et la Valserine, entre celle-ci et la Bienne, entre la Bienne et l'Ain, le long du cours supérieur de l'Ain et du Doubs, se dessiner de petites unités cantonales qui ont leur nom spécial. Le Valromey, le val Mijoiix, le i^al de Mièrjes, etplusieurs autres, sont des noms et des entités vivantes. C'est d'après ces divisions que les habitants se connaissent et se distinguent.
Entre les barres ou crêtes de calcaires qui en dessinent l'encadrement, l'e.xistence de ces populations des Vais tient aux qualités du sol marneux, d'âge néocomien, qui en occupe le fond. Assez argileux jjour garder l'humidité, ce sol doit aux débris calcaires qui s'y combinent avec l'argile une abon-
1 . Sources de la Loue, du Dessoubre, du Doubs. Orbe au-dessus de Vallorbe, etc.