CHAPITRE 11 Ln Région Lyonnaise
vers le Sud. Hellénique et romaine, elle regardait jadis vers la Syrie et l'Orient ; ses perspectives aujourd'hui s'étendent jusqu'à l'Exlrùme-Orient et la Cliine.
C'est que, par vocation, par tradition, Lyon est un grand marché, un centre de négoce et de capitaux. Son importance a commencé par ses foires. Comme port (luvial, son rôle a été dépassé, il l'est aujourd'hui de heaucoup par Paris, Berlin, Mannheim. Mais l'originalité de Lyon est dans les multiples attaches qui lient son développement à celui des contrées Aoisines. Les racines de sa prospérité sont complexes ; elles tiennent avec d'autant plus de solidité. C'est une cité régionale qui, pour la contrée qui gravite autour d'elle, est la ville par excellence; mais c'est aussi une cité européenne. La Méditerranée eut sa part dans la précoce fortune de cet einporiuni, mais la principale part en revint aux Alpes.
Il est bien rare que du haut des coteaux, souvent embrumés, de Lyon, les Alpes se laissent apercevoir. Elles ne sont
AVEC P'is loin pourtant. Elles sont même présentes, peut-on dire, LES ALPES sous la formc de graviers, de blocs, de débris de tout calibre que leurs glaciers d'autrefois ont laissés. Si le Massif central pénètre dans Lyon même, Lyon n'en est pas moins une ville de lavant-pays alpin. Sur la périphérie extérieure des Alpes, des bords de la Saône à ceux du Danube, s'étend une bande de contrées vers laquelle affluent les routes de l'Europe. A distance encore, mais à portée des passages, combinant les avantages de la plaine avec la surveillance des cols internationaux, une brillante ceinture de villes a grandi : villes de commerce, de relations lointaines, d'entreprises, sur lesquelles l'art a souvent jeté son auréole. Augsbourg, Zurich, Bûle, Lyon, entre autres cités de même type, font partie de la même constellation urbaine. Avec toutes les différences qui d'ailleurs les séparent, elles gardent des traits communs, qu'elles doivent au mouvement de relations internationales qui se nouent autour des Alpes. Lyon, comme Bâle, est nourricier d'industries dans tout le rayon de contrées qui l'entoure.
C'est un lieu de rencontre de peuples, une de ces villes que la Chrétienté du Moyen âge aimait à choisir pour des assises œcuméniques. Soit qu'on gagnât le Petit Saint-Bernard ou le Mont Cenis, soit même qu'on s'acheminât vers le Mont Gencvre, il était sur la route. Par Aoste, Bourgoin, ou Crémieu, par Yizille, Grenoble et Moirans, par Die et Valence, les voies romaines, si longtemps suivies, convergeaient vers Lyon ou Vienne. Trop enfermée dans son cirque de montagnes, Vienne a dû céder devant son ancienne rivale. C'est à Lyon que les voies alpestres se sont nouées au faisceau des routes gagnant la Loire ou remontant la Saône.
Lorsqu'on a traversé la grande plaine de graviers qui s'étend à l'Est, et qu'envahit graduellement la banlieue industrielle, on trouve une série de collines, s'allongeant en mince écharpe, étranges pai' l'isolement de leur
Entre les Alpes et l'Océan.