LIVRE II, I
silliouelte. D'anciens bourgs forliliés, des châteaux en ruines les couronnent, anciennes sentinelles en vedette aux abords des roules de l'Italie. Au delà, et séparée par une dépression de prairies et de marécages, la ville de Crémieu occupe avec sa vieille enceinte l'entrée des défilés d'un petit massif calcaire, dernier lambeau du Jura s'avançant jusqu'à huit lieues de Lyon.
Tout le cadre de la topographie lyonnaise se ramasse sous les yeux. Tandis qu'à l'Ouest le regard s'arrête à la barre des côtes de Fourvière. on voit au Nord se dérouler, sans accidents, la monotone ligne boisée de la Dombes. C'est par cette plaine, ouverte au passage des armées, aujourd'hui aux envahissements de l'industrie, que les Alpes, poussant leurs glaciers, atteignirent le front du Massif central. Lorsqu'ils commencèrent à se retirer, de grandes moraines furent abandonnées par eux. Les coUines qui se dressent étrangement d'IIeyrieux à Anthon sont d'anciennes moraines, et la plaine de graviers qui s'incline en avant par une pente rapide, quoique à peine sensible, jusqu'au fleuve, n'est autre chose qu'un talus de débris étalé par les torrents qui s'en échappaient'.
Nous venons de voir quel concours remarquable de causes géographiques se résume en Lyon. Il y a quelque chose de plus. Le développement de cette ville montre une suite logique, un cfibrt sans cesse renouvelé. L'esprit urbain y est fondé sur des traditions très anciennes ; et il est vivace, avec pleine conscience de lui-même. Ses manifestations sont diverses; l'originalité qui se marque dans l'industrie et les affaires respire aussi dans l'art, la pensée, la charité lyonnaises. Dans cet esprit urbain si fort est le principal gage de l'avenir que peut encore se promettre la grande cité. Lyon a-t-il réalisé toutes ses possibilités géographiques ? A-t-il tiré parti de toutes les ressources que la nature a réunies en ce lieu ? La question se justifie pour une ville qui a donné tant de preuves d'initiative. Il sera temps d'y répondre affirmativement lorsque Lyon sera devenu un port fluvial vraiment moderne, et quand il aura plié au service de son travail la force que lui offre la pente du Rhône, principe d'inépuisable énergie.
I. Voir la feuille de la carte dYtat-major au 1/80 000= (n° 168, Lyon).