AUTONOMIE DES VALLEES
T.V^ BARRE de Jurassique supcrleur, à Orpit ((■- d'èt.-maj., file •211, Le Buis) forcluse ou due: type fréquent dans nos A Ipes calcaires de Proi'C Il ne reste qu'a clroitc brèche pa la route et pn
fie Céans, affluent de droite du Buech }. Ces ents qui ferment l'accès des
H AL IL-] ALLÏ.E DU {^)C'EyHAS. entre Abriès et Valpcrcyrc. L'érosion s'est fortement exercée sur les schistes lustrés qui constituent le pays. Leur désagrégation fournit un sol pierreux, mais fertile» où les cultures prospèrent entre les bois de mélèzes. Mais le Qneyras est isolé par l'étroite coinbc calcaire du Guil. (Fip. 179.)
cuAriTUE III Les Alpes Françaises.
Mais ces rapports n'ont pas abouti, sinon temporairement, à une forme politique. Seul le Biiançonnais, maître, comme Uri, d'un des principaux passages, s'en est approché. Sur les roches à pic qu'ont isolées les torrents de Moneslier, de Névache, de Cervières, du Mont Oenèvre, Briançon est le carrefour central des « Escartons » ou vallées briançonnaises. Mais entre la vie cantonale des hautes vallées et la vie féodale et ecclésiastique qui se forma le long ou aux débouchés des vallées de passage, il y eut antagonisme et guerre. L'abbaye de Pigncrol fut un centre de persécutions contre les Vaudois, L'évêché de Saint-Jean-de-Maurienne ne fut pas toujours un bon voisinage pour les hautes vallées pastorales. Ce qui l'emporta définitivement, ce fut la forteresse féodale, le château qu'on voit encore, debout ou en ruines, dressé sur son roc et barrant la route. De celui de Charbonnières naquit la force des ducs de Savoie, comme de celui d'Albon celle des Dauphins. Mais avec eux, par le développement de leur puissance, l'axe politique s'écarta de plus en plus des Alpes. Il n'y eut plus, et ce fut dommage, d'Etat véritablement alpestre.
Pourquoi donc ces vallées qu'on dirait perdues dans les Alpes retiennent-elles l'attention ? C'est qu'elles montrent un rapport original des sociétés avec le sol. Si exiguës qu'elles paraissent, elles ajoutent un trait à la physionomie générale de la France. Dans ces repHs des Alpes, c'est une petite France qui s'est conservée. Par la langue, les sympathies, elle s'incorpore à la grande. Elle tient à nous par des souvenirs communs, et surtout par le rôle que ses enfants actifs, industrieux, prompts à se déjilacer, jouent dans notre vie économique. Ils apportent à Lyon, surtout à Marseille leurs habitudes de travail et d'épargne. Ils franchissent môme l'Océan : depuis près d'un siècle, les Barceloniielles se rendent au Mexique, où ils fondent des établissements commerciaux se recrutant entre parents. Et de plus jeunes vont remplacer leurs aînés, quand ceux-ci, fortune faite, rentrent dans leur solitaire vallée.
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