Arkoses tertiaires
2. Arrondissement d'Yssingeaux : 80 habitants au kilomètre carr<^. ■ — Arrondissement du Puy : 77.
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RErJEF VOLCANIQUE
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LA PLAMCXE est tin plateau basaltique, d'une alti-
tjiii x'rUvc graduellement de Saint- Ftnur au Plomb du (anteit. La (luiditr priiiiitU'e et la pnroasalte l'appa-
XTALLIŒ DE LA i i-.HE^non loin de son origine, fest le V sur les flancs du Cantal, et se distinguent si avantaga micaschites. L'altitude du fond de la vallée dépasse 800 mètres. S tagnes pastorales qui la dominent, concentrent tous les éléments d'un du Puy Griou fî,69'i mètres) se dresse sur le pourtour de l'ancien cra
amples et larges qui rat/nnncu ravins tourmentes du granit et de cultures, ses prairies, avec les mon ie riche. La pyramide phonolithiqu C. Phot.do il. de Jrmtoniie (Fig. 215).
cuAPHUE m Les CoiUrées Volcaniques.
L'activité volcanique commença de bonne heure à se manifester dans le Cantal. Comme dans le Velay, des coulées de basalte, issues d'une multitude d'orifices disséminés, marquèrent le premier acte. Mais une longue période de repos suivit ; et ce fut par un brusque réveil, comparable à la catastrophe du Vésuve en l'an 79, que s'ouvrit une nouvelle ère d'éruptions. Des troncs d'arbres ensevelis, debout sur les entassements de cendres et lapilli venus d'un foyer voisin du col du Lioran, racontent ces scènes grandioses. Désormais les éruptions se concentrèrent, el ce fut sur l'emplacementdu Cantal actuel que, jusqu'à l'époque du pliocène supérieur, c'est-à-dire jusqu'au seuil de la période actuelle, des éruptions de trachytes, andésites, phonolitlies. puis, de nouveau, de basaltes ne cessèrent d'entasser des coulées, des blocs et des projections diverses. Ainsi s'édifia une pyramide colossale, dont nous ne pouvons plus mesurer la cime, car elle a été détruite par les convulsions du volcan lui-même, mais dont nous pouvons encore estimer la périphérie et le diamètre. Si la hauteur de la principale cime (i 858 m.) est inférieure de 3000 mètres à celle du géant sicilien, le diamètre, qui est de 60 kilomètres environ, dépasse d'un tiers celui de l'Etna. Les pentes s'élèvent de tous côtés lentement vers un cône qui n'est plus, et à la place duquel un cirque immense marque la région des cratères. Les parois qui l'entourent sont comme des murs-maîtres subsistant dans un édifice effondré. Un lambeau de basalte, qui, épargné par les dénudations, surmonte une corniche de cette enceinte, forme la rugosité qu'on désigne sous le nom de Plomb {Pom ou Pomme) du Cantal' ; des buttes plus saillantes, parfois pyramidales, de phonolithe ou d'andésite dessinent les autres sommets. Cet Etna découronné nous apparaît aujourd'hui tel que l'ont fait, après les convulsions volcaniques, les démantèlements qui furent l'œuvre des glaciers quaternaires. La destruction n'a pas été cependant poussée assez loin pour lui faire perdre la régularité générale de formes qui distingue ses contemporains et ses pareils. Les vallées qui creusent ses lianes, se déroulent en éventail, et divergent toutes d'un centre commun. A mesure que l'intervalle diminue entre elles, les passages deviennent jjlus faciles et plus courts ; souvent même l'extrémité supérieure de la vallée se relie par un col à celle qui lui correspond sur le versant opposé. Ces cols sont relativement élevés ; plusieurs restaient jadis impraticables en hiver ; mais leur corrélation et leur groupement ont contribué à attirer la circulation dans les paiiies supérieures du Massif.
„ La structure de ces vallées est digne d'attention. On
VALLÉES s'attendrait à retrouver le développement progressif, ordinaire
DU CANTAL cu pays de montagnes, qui change peu à peu une gorge étroite
en une vallée de plus en plus large, animée et populeuse. Les
principales vallées du Cantal débutent, au contraire, et se continuent en
forme à'auges ; elles acquièrent, dès l'origine, une largeur qui atteint
I. h.ni. Ihom^s {Annales de Géographie, t. V, 1895-96, p. ni).
Entre les Alpes et l'Océan. livre u, ii
souvent 3 kilomètres, et gardent cette ampleur, parfois interrompue par un étranglement, tant qu'elles traversent les formations volcaniques. Mais dès qu'au sortir de la « région brûlée » elles entament le soubassement de roches primitives, elles se changent en anfractuosités profondes, sans cultures et presque sans habitants. On avait auparavant le spectacle d une vie ample et joyeuse : entre les lambeaux de bois de hêtres, les prairies coupées de haies vives, les rocs aigus pointant çà et là, les habitations humaines se disséminaient sur les versants et se concentraient à leur pied en gros villages. Une population nombi-euse se groupait sans interruption de 600 à plus de 900 mètres d'altitude. Cette vie disparaît, et la rivière, devenue torrent, s'encaisse en d'âpres escarpements.
Entre ces vallées, le sol, formé par les lits de cendre et PLANÈZE ^^^ coulées éruptives, se découpe en sections de plateau uniformes de structure, mais non de climats. La différence de versants se traduit par une grande inégalité dans la quantité de pluie. Celui de l'Est ne reçoit pas directement l'assaut des vents pluvieux ; la hauteur annuelle des précipitations n'y dépasse guère 600 millimètres : c'est la haute plaine, très peu découpée, frangée d'escarpements basaltiques, qu on nomme la Planèze. Les bois s'y font rares ; l'élevage est peu pratiqué, mais le sol rocailleux qu'ont formé d'immenses coulées basaltiques n'est point ingrat, il porte d abondantes moissons de seigle. A une altitude qui reste presque partout supérieure à 900 mètres, une jDopulation rurale, dont la densité dépasse 3o habitants par kilomètre carré, s'est créé des conditions d'existence. Pour le Lozerol des régions granitiques, la Planèze est une terre de bénédiction où il va chercher le travail et l'aisance. U y a peu d'agrément pour l'œil dans ces paysages où l'habitation humaine, en harmonie avec la tristesse des lieux, se ramasse et se contracte. Un même toit, parfois une même porte, donne asile au bétail et aux hommes. Cependant ce terroir nourricier, venteux et sec, est peut-être dans la Haute-Auvergne celui qui a attiré les plus précoces établissements. Des dolmens, des tumulus, des restes de constructions en pierre attestent une très ancienne occupation.
,y Un autre climat a façonné de longue date le versant de
VIE la chaîne volcanique qui, du Cantal au Mont-Dore, sur plus
PASTORALE de 100 kilomètres de longueur, est frappé par les vents d'Ouest. On peut ici comme dans les Vosges observer, à travers la variété des effets et la succession des âges, la persistance atténuée des mêmes causes météorologiques. Car le versant qui, d'après les mesures actuelles, reçoit la plus grande quantité de pluie', est aussi celui
I. Les pluies y allcignent uue inteiisilc qui varie de 85o à i 200 millimètres par an.
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VOLCANS ALIGNES PAfi GROUPES
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T E PUY-DE-DOME (i.^iGS mitres) doit . ij Le Pny de l'ariou, à droite (Î/HO n
a forme de cloche à la nature pâte
tsc de la lave appelée domite.
êtres) se termine en cône tronqué
laissant deviner un cratère.
qui existe, en effet, profond de ÎOO mètres
Le Puy-de-Dôme appartient à un
série plus ancienne que celle
des volcans à cratère.
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miiiiiquéGimrM. VOIiiin (I-'ip. 21S.)''
^VY-DE-LA-VACHE ri, 110 mèt.i et Piii/-de-Lassolas (Î,195 met.}, au sud du Puy-de-Dôme: type de volcans à cratère éhréché. en avant desquels on distingue les coulées de laves hérissées de blocs de scories, s formes ont conservé leur fraîcheur, et la végétation n'a pu encore prendre entièrement possession des
cuAPiTui; m Les Conlrées Volcaniques .
que l'action glaciaire a marque de l'empreinte la plus forte. 11 y a dans l'hémicycle formé par le Cantal, le Gézallier et le Mont-Dore, une des rares contrées de France qui, en dehors des Pyrénées et des Alpes, conservent une topographie en partie glaciaire. Des moraines, des blocs erratiques, des nappes de matériaux détritiques, jonchent la surface. Çà et là se dressent des buttes rocheuses, arrondies sur la face qu'elles présentaient aux glaciers, abruptes sur 1 autre. Des marais ou dépressions tourbeuses subsistent entre les barrages qui ont gêné l'écoulement des eaux.
La vie pastorale du Cantal est en rapport avec ces conditions de climat. C'est sur le versant >iord-Ouest, le plus découpé, le plus boisé dans la région supérieure, que s'étalent autour de Salers, entre 85o et i 200 mètres d'altitude, les pâturages «gras et mous», dont les troupeaux envahissent chaque élé la solitude. Le sol de basalte, profondément désagrégé, forme une couche végétale et profonde que l'humidité imbibe. Il semble qu'une zone privilégiée de fraîcheur, sous l'action sans cesse renouvelée des pluies, des nuées, brouillards ou rosées, commence au-dessus de 800 mètres. Là, parmi les sources d'eaux vives, sont « les montagnes » où les propriétaires des vallées envoient, de mai à octobre, de 10 ou 20 kilomètres de distance, parfois davantage, les troupeaux de bœufs à pelage marron. De petites constructions en pierre, appelées barons, abritent le pâtre occupé à la fabrication des fromages. Les bctcs vivent en plein air, sans autre abri que des claies en planches derrière lesquelles elles se garantissent de l'orage et passent la nuit. Puis en octobre, quand il faut retrancher du troupeau le contingent que les foins engrangés ne suffiraient pas à nourrir jjendant les six mois d'hiver, c'est le moment des grandes foires de bétail, des principales transactions de l'année. On reconnaît les traits essentiels de la vie pastorale, telle qu'elle se pratique en Savoie et en Suisse. Qu'elle remonte, dans cette parlie du Cantal, à une date fort ancienne, c'est ce que prouvent l'existence du vocabulaire spécial qui s'y rattache, le caractère primitif des procédés d industrie laitière, la formation enfm d'une race de bétail très caractérisée. Cependant elle reste étroitement associée à la petite culture. La plupart des fermiers de grandes propriétés « à montagnes » sont eux-mêmes de petits propriétaires de domaines qu'ds cultivent. Quoique, aujourd'hui, l'étezidue des domaines pastoraux tende à s'accroître, c'est toujours la petite propriété, sous forme d'exploitation directe, qui reste par excellence le mode d'existence auvergnate.
Elle tient sans doute à de vieilles habitudes enracinées ; mais surtout, essentiellement, à cette structure du pays qui rapproche et met en contact plus intime que dans les Alpes les hautes vallées fertiles et les plateaux d'élevage. Les cultures et lexploitation pastorale s'y combinent plus aisément que dans les Alpes. A l'origine même des hautes vallées sont des bourgs populeux, Mandailles, Le Falgoux, Saint-Jacques-des-Blats, qui ne s'élèvent guère moins haut que les régions de pâture, et qui s'y relient par des files de mai-
Entre les Alpes et l'Océan. livre ii, n
sons, hameaux, barons. Cette population de cultivateurs et vendeurs de bétail est si bien groupée en harmonie avec les conditions naturelles, que son cantonnement dans une zone d'altitude relativement considérable n"a rien qui surprenne. On peut évaluer à une centaine de mille le nombre d'habitants qui vivent dans le Cantal au-dessus de 800 mètres : beaucoup plus qu'à pareille altitude on ne trouverait dans les Alpes françaises. Rien ne suggère et ne justifierait l'idée qu'ils aient été refoulés vers ces hauteurs et chassés de régions plus basses.
Ce qui ne s'est développé que lentement et péniblement ^,,„,^„^ dans ce pays, c'est la vie urbaine. Des marchés, des lieux
FAIBLESSE , ■ t i i • iia r
DE LA VIE périodiques de rencontre et de transactions, des châteaux torts URBAINE comme Cariât, ou même, comme Salers, de petites cités murées sur un promontoire entre deux vallées, ne suffisaient pas à la constituer. Il manque les rivières navigables, la convergence de voies naturelles. Les flancs mêmes du Cantal se sectionnent en compartiments entre lesquels les rapports sont difficiles. Les Romains, ces grands créateurs de vie urbaine, ne parvinrent à fonder, dans toute cette haute région qui comprend le Velay, le Gévaudan et la Haute-Auvergne, que des villes éphémères, peu robustes, qu'emporja la première tourmente des invasions. Ce qui reconstitua la ville, ce fut l'Eglise, qui, pendant longtemps, resta en ces contrés le seul agent de vie générale. De l'effort même qu'elle dut faire pour convertir ces régions peu accessibles, échappant par la dissémination des habitants aux influences générales, naquirent des abbayes et des villes. Ces églises romanes, noires et basses, qu'on y voit en grand nombre, accrochées aux flancs des rochers, racontent avec une insistance significative quel travail persévérant et tenace il fallut, dans ces pays de Haute-Auvergne, pour atteindre l'habitant chez lui, pour s'implanter en ces contrés de paysans, longtemps synonymes de païens. Aurillac, Saint-Flour, comme Mende et le Puy furent des créations ecclésiastiques. Saint-Flour, évêché démembré au xin" siècle de celui de Clermont, domina les anciens passages du Velay et du Gévaudan ; ses tours noires se dressent aux abords des Causses, et des vastes solitudes où fut fondé au xn" siècle l'hospice d'Aubrac pour les pèlerins se rendant à Conques, à Rocamadour ou à Saint-Jacques-de-Compostelle. Uzerche, Tulle, Conques, Brioudc, Saint-Yrieix et tant d'autres villes du Massif, naquirent d'une abbaye. A Aurillac, le confluent de deux riches vallées, aux débouchés du Lioran et du col de Cabre, passages vers la vallée de l'Allier, fit la fortune d'une petite bourgeoisie commerçante.
Cependant ce n'est pas par ces hauts passages , barrés souvent parles neiges, que « les Montagnes d'Auvergne » entrèrent en communication avec le Nord. Vers l'extrémité occidentale du Cantal, au point oîi les coulées basaltiques viennent mourir, sans atteindre pourtant le cours de la Dordogne, Mauriac est un petit centre très ancien, dont les abords présentent de nombreux restes