‹ La France, tableau géographiqueChapitre 194 sur 275 · SITE DE CLI:HMO.\T · texte numérisé non relu

SITE DE CLI:HMO.\T

LElOtOM-FEUnAM) s

au bord d'un hémicycle fag-ncii.r. dont icxtrém.

projette à gauchi

des

fiùm

laniWi

■cupc

vola

l'ut/s.

L's qui subsistent de lu chaîne des seuil de lu Limauc jadis à flcrgovie, dont /'oppi<Ium se dressait à 7 kilo/ni-tres au sud. ces buttes isolées, dont la base repose sur les marnes imperméables déposées par les lacs oligiucnes, ont groupé tes populations.

Phot. eommimîiiiéc pur M. Vù'nin

cH*i>iTRK III Les Contrées Volcaniques.

palpite encore sous l'impression des phénomènes dont il a été le théâtre. De fissures nombreuses sort l'acide carbonique, stimulant la végétation.

Ce qui, dans la ligne des Go volcans qui se succèdent vers le Nord, le long des grandes t'ailles occidentales de la Limagne, est une cause toujours nouvelle d'élonnement et d'admiration, c est la fraîcheur des formes, comme nées d'hier. Le Cantal et le Mont-Dore sont des ruines, les sucs du Velay n'offrent que des formes émaciées : au contraire, cette succession de Puys, soit qu'ils se terminent en dûmes, soit c[u'ils affectent le profd de cônes ébréchés, semble telle encore qu'elle a été modelée par les éruptions de laves diverses, de lajiilli et de cendres. L'étrange assemblée se groupe avec ses silhouettes caractéristiques sur le soubassement de granit. Chaque Puy doit son nom distinct à cette individualité, non amortie par l'usure des âges. Quand autour du Mont-Dore et jusqu'à l'entrée de la plaine de Limagne on a vu quelles traînées d'alluvions et de blocs les glaciers ont arrachées aux flancs des volcans antérieurs, les formes intactes de la chaîne des Puys se montrent par comparaison un indice frappant de jeunesse.

Majestueux entre tous se dresse le Puy de Dôme, celui dont la cime reconnaissable de si loin quand on vient du Nord, est le signalement de l'Auvergne. Il doitles belles lignes unies et régulièrement ascendantes de son profil à la conservation de l'enveloppe de matières meubles qui revêtent la cheminée centrale. Les vieux volcans paraissent auprès de lui des squelettes décharnés. Ce sommet fut un endroit sacré de la vieille Gaule, un de ces points connus et célèbres, dans lesquels l'imagination résume l'idée d'un pays entier. Les émigrants, à leur retour, interrogeaient l'horizon pour l'apercevoir. Sur le piédestal qui le porte jaillissent les sources ; dans l'amphithéâtre qui se creuse à ses pieds, la végétation est celle d'un jardin, auquel manquent peutêtre un peu trop les arbres.

Mais dans ce tableau, dont les chaînes du Forez achèvent

.,„,.„„ le cadre, le regard est invinciblement ramené vers la plaine

o£ spacieuse qui le remplit presque. Tout, de loin, semble dis-

LA LiMACt^E paraître sous un immense rideau de saules, de peupliers et

d'arbres fruitiers. De près, c'est une marquetleric de petits

champs de formes irréguhères, voués à des cultures diverses qui se succèdent

sans interruption, reliés entre eux par de petits sentiers, pistes bien suffisantes

pour la circulation qu'exige le genre de culture. Car tout se fait ici à force

de bras. L'homme a cultivé ce marais, encore incomplètement desséché, non

à la façon des grandes plaines agricoles, mais comme un jardin. La bêche

fourchue, suivie de Varalre primitif, est l'instrument qui a transformé le

marais en terre nourricière. Les maisons tiennent peu de place dans cette

oasis dont aucun lopin n'est perdu. La terre et les bras n'y chôment jamais.

Ce qu'on y cultivait de préférence autrefois, c'étaient les céréales, froment,

orge, avoine, d'autres plantes nourricières comme les fèves ; et enfin, — sou-

Entre les Alpes et l'Océan. livre ii, ii

venir presque effacé, — le chanvre, qui jadis se montrait à peu près partout aux alentours des habitations humaines, et qui de la Limagne était expédié au loin vers la Loire et Nantes, ou même, par roulage, vers les ports de la Méditerranée. Dans ce pays si bien aménagé pour les cultures, on ne rencontre pas de prairies, malgré l'humidité du sol et l'abondance des eaux, qui sembleraient propices à l'élevage. Le paysan de ces plaines est un cultivateur, non un éleveur. L'herbe est pour lui l'ennemie, le parasite qui usurpe la place de cultures nourricières. Il a peu de goût pour l'engraissement du bétail, et s'y entend mal. Mais il a fait de son domaine une de ces merveilles qu'enfante la culture à la bêche, telle qu'on en voit aux abords des grandes villes, ou en Chine.

On a presque toujours lieu d'être étonné lorsqu'on constate les petites dimensions que possèdent en réalité ces pays dont la renommée pourtant s'étendait au loin. La Limagne, dans ses dimensions vraies, qu'on a parfois mal à propos étendues, ne dépasse guère 600 ou 700 kilomètres carrés. Elle correspond aux parties de la plaine sur lesquelles s'est répandue l'influence fertilisante des matériaux volcaniques. Il sulîit de s'écarter de 22 kilomètres vers l'Est et de gagner la vallée de la Dore pour que cessent, dans le pays et les habitants, les caractères typiques. La plaine qui s'étend à l'Est de Lezoux, ainsi que celle qui s'étend au Nord de Gannat, était, il n'y a pas longtemps, soumise au régime d'étangs artificiels, comme la Dombes ou la Brenne. Elle n'avait rien de commun avec la Limagne. La culture est la seule industrie pratiquée sur les pentes qui se déroulent de Clermont à Riom : au contraire, les torrents qui débouchent des anfractuosités porphyriqucs des monts du Forez ont créé des nids d'industrie. La Limagne tire surtout parti des sources : à Thicrs, au contraire, la force et la pureté des eaux courantes sont exploitées dans les coutelleries, de procédés souvent si primitifs, qui s'étagent sur les bords de la DuroUe.

La Limagne s'ouvre vers le Nord. Aucun relief important ne vient plus barrer la vallée de l'Allier : elle s'incline par une pente graduée jusqu'au Bourbonnais et au confluent de la Sioule. Et cependant l'aspect du pays change entièrement. Les forêts de plaine deviennent nombreuses. Au delà de Gannat, la forme des maisons, l'aspect du bétail, la prononciation ou le patois des habitants, avertissent qu'on a changé ce pays.

Cette Limagne plantureuse, synonyme d'abondance pour les contrées plus pauvres entre lesquelles elle est enchâssée, introduit au cœur de la France centrale les influences venues du Bassin parisien. Elle atténue dans une certaine mesure l'isolement du Massif. Entre la Limagne et le Val d'Orléans, autre pays de civilisation précoce, les rapports sont anciens ; on a relevé dans l'architecture des traces déchanges réciproques. Ces anciens groupements de population et de richesse se détachaient plus vivement autrefois sur le fond général ; ils exerçaient une attraction d'autant plus forte qu'ils étaient en petit nombre. La Limagne paya plus d'une fois par des invasions et des ravages sa renommée proverbiale. Elle inspirait à nos Mérovingiens

Page 1