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DEIXIÈMF. PARTIE CHAPITRE PREMIER

LES COXEIXS DE LA BRETAGXE

I. BASSIMS D ANGEnS ET DE LAVAL. 1| II. CHAINES DU PLATEAU SEPTENTRIONAL. '| III. BOCAGE NORMAND. || IV. CONTACT DE LA NORMANDIE ET DE LA BRETAGNE.

VERS son extrémité onentalc le Massif de l'Ouest se termine par une zone bordière qui. par Angers, Sablé, Sillé-le-Guillaume, gagne les sources de la Mayenne et de là, par le Bocage normand, se lie au Colenlin. Elle forme la transition entre la Bretagne et les parties limitropbes de la Normandie, du Maine et de lAnjou. La nature du Massif primaire s'y manifeste par une tonalité générale plus sombre, l'abondance des arbres, la profusion de petites sources et de ruisselets coulant sur des lits pierreux. Mais çà et là une agriculture plus nclie et des produits plus variés évoquent le souvenir de contrées différentes. Il a toujours été dans les destinées de celte région de servir, sons une forme ou sous une autre, de marche-frontière. Au reste, cette zone bordière manque d'unité ; des ondulations alternatives de plis longitudinaux s'y succèdent, orientées de l'I'lst à l'Ouest, et circonscrivant plusieurs petits bassins, comme ceux d'Angers et de Laval.

Le plus méridional est celui d'Angers. Ici surtout est

BAss!\s mai'qué nettement le caractère de marche-frontière. Quand les

D-ANCERs Normands poussaient leurs expéditions par la Loire, quand

ET DE LAVAL les Bretous sortaient de leur péninsule, ou que les Aquitains se

révoltaient contre les rois Carolingiens, Angers était le grand

point stratégique. L'importance historique de l'Anjou vint de là. Les ancêtres

des Capétiens ont été marquis d'Anjou : en lutte perpétuelle contre Bretons,

L'Ouest. livre m, i

Normands et Aquitains, ils étaient les vrais chefs militaires du royaume dont Hugues Capet allait devenir le roi.

Le Bassin d'Angers est séparé de celui de Laval par des bandes parallèles de grès que la Mayenne traverse en aval de Château-Gonthier. La jolie et sombre rivière arrose à Laval une terre fertile. Les fours à chaux qui se multiplient annoncent que son sol est pourvu d'éléments qui manquent aux régions voisines.

Le Bassin de Laval, cette marche du Maine, fut, avant la Révolution, la limite entre les pays où se percevait la gabelle, et la Bretagne, pays de francsalé, qui en était exemple . Ces terrains fourrés , entrecoupés de bois et d'étangs , se prêtaient trop bien à la contrebande, pour que celle-ci ne s'enracinât dans la contrée. Entre Laval et Vitré, on peut voir ce qui reste encore, près de Port- Brillet, du fameux bois de Misedon, bien humanisé aujourd'hui, mais jadis de mine suspecte, avec ses taillis de houx et de genêts qui cachent un homme à quelques pas et ce sol tapissé de mousse qui étouffe tout bruit. Ces frontières de faux-sauniers étaient comme un pays d'anarchie, et une terre promise de vagabonds. Trop souvent ils y faisaient la loi. La vie d'aventures profitait des sournoises retraites de ces fourrés, de l'isolement des closeries livrées aux surprises et aux agressions du plus fort. La chouannerie y naquit de la contrebande, qui avait elle-même pour complice la nature du pays, prompte, au moindre relâchement des liens sociaux, à retourner vers la sauvagerie primitive.

Au Nord du Bassin de Laval, les lignes maîtresses du ^ ^, plateau septentrional sursissent brusquement au-dessus des

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DU PLATEAU campagnes ou plames calcan-es de Lonlie, Alençon, béez et SEPTENTRIONAL Argentan. Les forêts de Sillé, de Multonne, d'Ecouves, de Perseigne, premiers avant-coureurs des chaînes ou bandes qui le sillonnent, étonnent par leur rigidité plus encore que par leur hauteur, bien que celle-ci ne soit pas dépassée dans l'Ouest. Échines de grès injectées de roches éruptives, elles conservent des forêts sur leurs flancs ; mais sur l'étroite crête, le sol de grès dénudé ne porte plus guère que des taillis et des pins. Dans les creux ou bas-fonds l'humidité fait éponge; et c'est d'innombrables ruisselets suintant à travers les bruyères que se nourrissent les premières eaux de la Mayenne.

Bientôt les tronçons de chaîne se combinent. Les crêtes de la forêt d'Andaine se relient aux barres moins élevées, mais toujours très nettes en leur rigidité, qui s'allongent entre Domfrontet Mortain, et audelà vers Avranches. Au-dessus du modèle presque amorphe des schistes décomposés, ces barres soutenues de grès marquent le paysage d'un trait vigoureux. Les rivières préexistantes à leur mise en saillie ont réussi à maintenir leur lit à travers robstacle : la Varenne à Domfront, la Cance à Mortain suivent des brèches où la rivière s'avise pour un instant de jouer au torrent. Du haut de ces

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