L'INTÉRIEUR
A la hauteur du 4" degré de longitude Ouest, vers Dol, Rennes et Nantes, la Bretagne se détache du Massif primaire. Elle semble alors s'élancer au large. Elle s'enfonce, comme un coin, sur un développement de 25o kilomètres, entre la Manche et l'Atlantique, s'écartant ainsi de plus en plus des grandes voies intérieures et de l'ensemble du sol français. Elle va accentuant son autonomie dans le réseau fluvial, dans le climat, le système de routes. Lorsque finalement elle expire sur l'Atlantique, elle est assez écartée du corps continental pour prendre rang au nombre des contrées de l'Ouest, des Hespéries, eussent dit les anciens, qui se projettent à l'extrémité de l'Europe. Ses dimensions, qui atteignent près de 3o ooo kilomètres carrés, conviennent bien au développement d'une individualité régionale.
A y regarder de près toutefois, cette individualité est assez complexe. Au moment où le caractère péninsulaire commence à s'affirmer, la largeur de la Bretagne, du Nord au Sud, est de 1 70 kilomètres ; cette lai-geur est encore de 100 kilomètres, deux degrés de longitude plus loin vers l'Ouest, sur la ligne où se détachent les derniers promontoires occidentaux. Il en résulte que la péninsule bretonne n'est pas autant que d'autres articulations moindres, telles que Jersey ou le Cotentin, soumise à l'influence dominante de la mer. Par l'étendue d'un littoral que le morcellement multiplie encore, la Bretagne aspire les influences du dehors ; mais en même temps, par sa struc-
L Ouest. LIVRE m, I
ture intérieure, elle les repousse. De là deux zones juxtaposées en ce pays : une zone maritime, VArinor, ouverte sur le dehors ; une zone intérieure, reculée et comme repliée sur elle-même. Ce contraste n'est pas une des moindres oris-inalités de la Bretaene.
Cette structure est visiblement le prolongement de la ^■,n„^T„„c- partie continentale du Massif de l'Ouest : mais le faisceau de o£ plis dont 1 éventail très ouvert s épanouit a 1 Lst, entre le
LA BRETAGNE Poitou et la Normandie, se resserre et se contracte en Bretagne. Comparée au reste de l'Ouest, elle se distingue par une structure plus ramassée, une ossature où il y a moins de chair que de nerfs et de muscles. Les deux plateaux, celui du Nord et celui du Sud, convergent; et dans l'intérieur de chacun d'eux les plis se pressent en bandes de plus en plus serrées.
ij De Nantes à l'extrémité de la Cornouallle, parallèlement
PLATEAU à l'Atlantique, le bord du Plateau méridional est formé par McRiDioNAL une baudc très régulière de roches micaschisteuses injectées de bancs granitiques. Des sources et des sillons temporairement suivis par les rivières jalonnent le contact des deux roches. Les croupes granitiques s'étalent surtout entre la Vilaine et le Blavet; et le pays alors devient plus grand, plus découvert, plus nu : ce sont les landes qui ferment régulièrement au Nord l'horizon du pays de Vannes, landes arides, mais plus ou moins fleuries, et dont l'àpreté n'exclut pas une certaine douceur. Derrière se déroulent des arêtes parallèles de grès alternant avec des schistes plus tendres, mais laissant encore à ces différents faisceaux assez de largeur pour que la ^'llaine, qui les traverse entre Rennes et Redon, trouve entre les défilés du grès d assez spacieux bassins pour s'épanouir. La topographie ne traduit pas moins nettement le resserrement des plis vers l'Ouest. Une mince vallée recliligne s'allonge entre Rosporden et Quimper ; sources, étangs et prairies s'y pressent entre des croupes largement convexes. Les hauteurs dites Montagnes Noires sont couronnées par une double crête amincie de grès et de quartzites, entre lesquels un étroit sillon moule en creux le banc moins consistant des schistes.
La Vilaine, le Blavet et bien d'autres rivières traversent par une pente lente vers le Sud les bandes successives de roches : aucune n'a eu la force de combiner le réseau de ce Plateau méridional en un système hydrographique commun. Seule, l'Aune ou Rivière de Châteaulin, sinueuse dans son ancienne cavité lacustre, trouve sa voie vers l'Ouest en suivant un cours tracé en partie dans la dépression centrale.
Des plis allongés d'un vert sombre dessinent à l'horizon cette structure monotone. Les creux verdoyants alternent avec les croupes sèches ; et il faut,
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FOI! M i;s T()l>()(; 15 Vril lOlES EN CREUX
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MOHL.l/.Wfudii viaduc du chemin de fer : La ville s'est formée à l'endroit de la rivière Jusqu'où monte la marée ; l'estuaire a été aménaj^é en hassin à flot. Us maisons s'alignent le long des escarpements d'une vallée encaissée, tes villes bretonnes ont de ta difficulté à s'étager à cause de la raideur des pentes; la plupart préfèrent se développer soit dans les vallées, soit sur tes lignes de faite Fhot. de M. Mnrtomic CFig. 242).
A l7f.At.\E à Saint-Malo-dc-I'hilyy sur le front Sud de la bande ^ encaissée de la Vilaine, qui va déboucher dans un nouveau bussin si liée, i? mètres. (Carte d'ét.-maj., feuille 90, ftedon}.
V grès siluriens : fin de la vallée
steux. Crète rocheuse, 83 mètres;
Phot. <1e M. dp Mai-tonne (Figr. 243).