OSSATURE DU RELIEF BRETON
LES liARRIiS DE GRE s
CEI TË iniirE DE amis AHMOIIICAIN fait partie de la bande silurienne de Guichen, an sud de tiennes {Carte dét.-mttj. feuille 90, Itedon). L'apparition de cette roche jette, chaque fois, une note d'ilprctc sauvage dans le paysage. La barre semble ici s'abaisser ; mais la maigreur du tapis végétal trahit sa stérilité profonde. Des pins clair.'iemés la signalent au loin. Phot. de M. de Martonne. (Fig. 844).
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plus haut (f}{j;.-r-i3).
i.a roche tombe à pic sur ta l'Haine.
Des Lames de poudingues très durs, redressés verticalement, se plaquent contre les bancs de grès. Entre les pans anguleux une végétation buissonneuse trouve à peine quelques fentes pour se nicher. L'escarpement termine une longue harre rectiligne qui se tient à l'altitude de UO met. et qui domine la vallée de près de 80 mètres.
Phot. âe M. Mnrtonne (Tis. 2451.
cHAPiTnK II Ln Bretagne.
par des rampes contiaucllemcnt répélccs, gravir la barrière multiple qui sépare la mer de rinlérieur.
1,1 Le Plateau septentrional borde la Manche depuis Dol
PLATEAU jusqu'au Pays de Léon. Mais il est moins étendu, plus coupé, SEPTENTRIONAL jalonné en sens divers par des axes anticlinaux, dont la racine mise à nu apparaît sous forme de traînées granitiques. La plus soutenue de ces traînées, la mieux marquée dans le relief est celle qui des Landes du Mené, près de Moncontour, aux monts d'Arrée, sépare par une ligne irrégulière le versant de la Manche de celui de l'Atlantique. Tantôt allongés en sillons, tantôt proéminents en bosses de forme elliptique, les granits, ainsi que les grès armoricains et les quartzites qui les bordent, dressent entre les dépressions de schistes désagrégés ces formes en saillie, parmi lesquelles le vocabulaire breton sait distinguer des mené (monts pierreux), des creach (pointements rocheux), des qiiini (échines), etc. Nulle part ainsi la rude ossature ne se laisse oublier : partout elle se fait jour à travers la végétation épaisse et velue. Par la hauteur ces reliefs, dont les plus élevés natteignent pas 4oo mètres, sembleraient à peine des montagnes. Mais ce sont des échappées de nature stérile et sauvage, des espaces vides où les routes d'aujourd'hui poursuivent pendant des lieues un trajet soUtaire. Les monts d'Arrée se dressent sans vallées, sans contreforts, comme une côte unie et raide dont le faîte est entrecoupé de distance en distance par des buttes sombres et déchiquetées. C'est à peine une montagne, et cependant l'impression est la même que dans les plus sévères solitudes des hauts lieux. C'est en effet une ruine de montagne, une chaîne contemporaine des premiers âges du globe, usée maintenant jusqu'à la racine. A ses pieds, au Sud, vers la chapelle Saint-Michel de Brasparts, s'étend un désert de landes ternes et couleur de rouille, de bruyères naines, d'ajoncs rabougris, encombré de blocs et de marécages. Il y a là, entre les bosses de grès, des tourbières oh l'on enfonce, où le bétail risque de se perdre. Les rafales font rage et imbibent ce sol spongieux d'où suintent les eaux dont une partie va tomber en cascades à travers les granits d Iluelgoat. Ce n'est qu'un coin perdu aux confins de la Cornouaille et du Léon, mais qui évoque, dans une vision subite, une scènerie digne du Connaught et des bogs d'Irlande.
,y Telles sont les formes de terrain qui prennent le dessus
BASSIN en Bretagne. Elles sont en général plus fqires que dans le
DE RENNES rcstc dc l'Oucst. En Bretagne aussi cependant, dès que la
surface est constituée par des sols de conformation plus tendre,
se montrent des réminiscences parfois étendues de nature bocagère. Un
véritable bassin intérieur s'est creusé ainsi dans les schistes de Rennes ;
une dépression qui descend jusqu'à 3o mètres. L'érosion y avait de
longue date accompli son œuvre, car l'invasion marine de l'époque mio-
(3oi )
L'Ouest.